Ce convoi, dit des "45000", composé d'un millier de communistes et de 50 juifs, faisait partie des mesures de terreur (exécutions et déportations d'otages) ordonnées par Hitler pour tenter de dissuader les résistants communistes de poursuivre leurs actions armées contre des officiers et des soldats allemands. Sur les 1170 déportés immatriculés à Auschwitz le 8 juillet 1942, 119 seulement sont revenus. Le dernier rescapé est décédé le 30 mai 2018.

L’histoire de ce convoi singulier dont les premières recherches furent initiées en 1970 par Roger Arnould, déporté à Buchenwald et auteur de plusieurs ouvrages édités par la FNDIRP, a fait l'objet d'une thèse de doctorat d’Histoire soutenue par Claudine Cardon-Hamet en 1995 et de deux livres parus en 1997 et 2005.



Avis de recherche des évadés du 22 juin 1942 par le tunnel du camp de Compiègne.


Les rescapés du convoi du convoi du 6 juillet 1942 se souviennent tous de l’évasion du mardi 22 juin 1942 : 19 militants et responsables communistes du camp allemand de Royallieu à Compiègne s’évadent par un souterrain de quarante mètres.
On trouvera dans l’article publié dans ce blog le récit de cette évasion : 22 juin 1942 : évasion de 19 internés.
Pour ne pas alourdir cet article déjà très long, nous publions ci-dessous 12 avis de recherche en date du 4 juillet 1942, adressés par le directeur général des RG à tous services (police municipale, police judiciaire et police nationale). 

Adrien Bermand et Georges Cogniot
Prière d'afficher. "A la demande des Services de Police Allemande, il y a lieu de rechercher très activement les individus ci-après désignés, tous militants communistes actifs et dangereux, qui se sont évadés dans la nuit du 21 au 22 juin 1942, du Stalag 122 à Compiègne".

Les évadés 

Georges Cogniot, ex «Lagerältester» (doyen) du camp de Compiègne. Agrégé de lettres, député, représentant du PCF auprès du Komintern, il est rédacteur en chef de l’Humanité de 1937 à 1939 ; André Tollet (tapissier, secrétaire de l’Union régionale parisienne CGT en 1939, il sera président du Comité Parisien de Libération, secrétaire de la CGT) ; 
Charles Désirat (dessinateur, communiste, dirigeant national du Secours populaire en 1939, il sera secrétaire général du Secours populaire de 1948 à 1950) ; 
Louis Thorez (peintre en bâtiment, communiste, frère cadet de Maurice Thorez) ;
Adrien Bermand (mineur de fer, syndicaliste, membre du bureau régional du Parti communiste de Meurthe-et-Moselle) ; 
Roger Bonnand ; 
Jules Crapier, Charles Désirat, Edouard Gaire
Jules Crapier (secrétaire général de la fédération CGT des cheminots) ; 
Robert Gangné (Fort des Halles, « chef des travaux » du camp) ; 
René Guerre (souvenirs d’André Tollet) ou plus vraisemblablement Edouard Gaire (fiche  de recherche des RG pour les évadés du 22 juin) ; 
Henri Kesteman (journaliste à l’Avant-garde, membre de la direction nationale de la JC en 1939, rédacteur en chef de l'Avant-garde en 1945) ; 
Maurice Lauriguet (de Côte d’Or. Il y sera un des responsable des FTPF en 1943) ; 
Robert Gangne, Henri Kesterman, Maurice Lecointe

Maurice Lecointe (secrétaire de la section du PCF de Sceaux en 1939) ; 
Henri Le Gall (militant communiste de Gennevilliers, ouvrier à la Compagnie du gaz à Clichy, délégué CGT); 
Maurice Léonard (ancien conseiller général de La Courneuve) ; 
Lucien Plu (conseiller municipal d’Ivry) ; 
René Renard (militant communiste né à Saint-Quentin en 1886. Tourneur sur métaux, puis électricien aux Compteurs de Montrouge) ; 
Rossignol (ancien lieutenant de la 4ème Brigade internationale en Espagne) ; 
Etienne Sacco, Edmond Savenaud, Louis Thorez
Étienne Sacco (de Clichy,  commissaire politique du bataillon Franco-Belge de la 15ème Brigade internationale en Espagne) ; 
Edmond Savenaud (maçon, communiste à Argenteuil, ancien des Brigades internationales : commissaire de compagnie, et commissaire adjoint de bataillon en Espagne) ; 
Camille Thouvenin et André Tollet

Camille Thouvenin (mineur, secrétaire du syndicat CGT des mineurs de Chaligny (Meurthe-et-Moselle), membre du comité régional du PCF. Arrêté en avril 1940, il s’évade en juin 1940. Repris à Auboué en juillet 1941. Evadé de Compiègne, il sera résistant en Normandie, à Grenoble, puis dans l’Ariège. Il participe en 1944 à l’organisation de l’insurrection dans ce département et devient vice-président du comité départemental de Libération).
André Tollet (tapissier, secrétaire de l’Union régionale parisienne CGT en 1939, il sera président du Comité Parisien de Libération, secrétaire de la CGT) ;

Sources : Archives de la Préfecture de police de Paris. Brigades spéciales (BS1) et toutes sources citées dans l’article : 22 juin 1942 : évasion de 19 internés.

Claudine Cardon-Hamet et Pierre Cardon

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