Le convoi des "45 000"

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PELLETIER Lucien


Matricule "45961" à Auschwitz

Lucien Pelletier est né le 19 septembre 1904 à Yvetot (Seine-Inférieure / Seine-Maritime). Il habite au 16 rue du général Sarrail à Barentin (76) au moment de son arrestation.
Il est le fils de Marie, Marthe Darnanville, 20 ans, tisserande et de Georges, Lucien Pelletier, 23 ans, domestique, son époux. Ils se sont mariés en novembre 1903 à Rocquefort (76). Ils habitent rue Rétimare à Yvetot.
Lucien Pelletier est ouvrier du textile, il est adhérent du Parti communiste dans les années précédant la guerre et membre de la CGT. 
Son père décède le 16 mai 1914 à Rocquefort.
Le 6 novembre 1926 à Yvetot, Lucien Pelletier épouse Alice, Georgette Délu.
L'Humanité du 20 juillet 1937
Il est le candidat du Parti communiste pour les élections cantonales d'octobre 1937 dans le canton de Pavilly. Sur la liste des candidats de Seine-inférieure publiée par l'Humanité, figure également le nom d'André Pican, qui sera fusillé le 30 mai 1942 au Mont Valérien.
Les troupes allemandes entrent dans Rouen le dimanche 9 juin 1940. Après la capitulation et l’armistice du 22 juin, La Feldkommandantur 517 est installée à l’hôtel de ville de Rouen et des Kreiskommandanturen à Dieppe, Forges-les-Eaux, Le Havre et Rouen. A partir de 1941, les distributions de tracts et opérations de sabotage par la Résistance se multipliant, la répression s’intensifie à l’encontre des communistes et syndicalistes. Le 4 août 1941, le commissaire principal de police spéciale de Rouen transmet une liste de 159 militants et militantes communistes au préfet de Seine-Inférieure, René Bouffet (préfet de Seine inférieure et préfet régional depuis le 30 juin) en réponse à la demande de celui-ci en date du 22 juillet. Il  propose l’internement administratif dans un camp de séjour surveillé, « tous anciens dirigeants ou militants convaincus ayant fait une propagande active et soupçonnés de poursuivre leur activité clandestinement et par tous les moyens ».
Selon les recherches de Claude-Paul Couture, Lucien Pelletier n’appartient à aucun mouvement de Résistance.
Lucien Pelletier est arrêté le 21 octobre 1941 à son domicile, par des gendarmes français, sur commission rogatoire du Préfet comme « membre du Parti communiste ». Son arrestation est ordonnée par les autorités allemandes en représailles au sabotage (le 19 octobre) de la voie ferrée entre Rouen et Le Havre (tunnel de Pavilly) Lire dans le blog Le "brûlot" de Rouen. Une centaine de militants communistes ou présumés tels de Seine-Inférieure sont ainsi raflés les 21 et 22 octobre. Ecroué vraisemblablement à la prison Bonne Nouvelle de Rouen, Lucien Pelletier est remis aux autorités allemandes à leur demande, qui le transfèrent au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122) entre le 19 et le 30 octobre 1941. Trente neuf des militants raflés ces deux jours seront déportés à Auschwitz. Depuis le camp de Compiègne, il va être déporté à destination d’Auschwitz. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à sa déportation, voir les deux articles du blog : La politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942)  et «une déportation d’otages».
Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Lucien Pelletier est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941. Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6-8 juillet 1942.
Il est enregistré sous le nom de Bolletier (même date et lieu de naissance) à son arrivée à Auschwitz, le 8 juillet 1942 avec le numéro matricule "45961", selon la liste par matricule du convoi établie en 1974 par les historiens du Musée d'Etat d'Auschwitz-Birkenau. Sa photo d’immatriculation à Auschwitz n’a été pas retrouvée parmi les 522 photos que des membres de la Résistance intérieure du camp avaient camouflées pour les sauver de la destruction, ordonnée par les SS peu de temps avant l’évacuation d’Auschwitz. 
Après l’enregistrement, il passe la nuit au Block 13 (les 1170 déportés du convoi y sont entassés dans deux pièces). Le 9 juillet tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau, situé à 4 km du camp principal. Le 13 juillet il est interrogé sur sa profession. Les spécialistes dont les SS ont besoin pour leurs ateliers sont sélectionnés et vont retourner à Auschwitz I (approximativement la moitié du convoi. Les autres, restent à Birkenau, employés au terrassement et à la construction des Blocks.
Lucien Pelletier meurt à Birkenau le 10 août 1942 d’après le registre d’état civil d’Auschwitz (in Death Books from Auschwitz Tome 3 page 1439) et le Livre des déportés ayant reçu des médicaments à l'infirmerie de Birkenau, kommando d'Auschwitz. Registre des décédés».
Il a été homologué comme «Déporté Politique». La mention «Mort en déportation» a été apposée sur son acte de décès (J.O. du 27 août 1996). Son nom figure sur le monument aux Morts des deux guerres, et sur le Mémorial dans l'église de Barentin.

Sources
  • Claude-Paul Couture, auteur de «En Seine Maritime de 1939 à 1945» CRDP Rouen, 1986, ancien correspondant départemental du Comité d'Histoire de la 2ème Guerre mondiale (lettre du 8 avril 1992).
  • Listes - incomplètes - du convoi établies par la FNDIRP après la guerre (archives de la F.N.D.I.R.P).
  • Fichier national du Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BAVCC), Ministère de la Défense, Caen. Fiche individuelle consultée en octobre 1993.
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets - de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • Liste (incomplète) par matricule du convoi du 6 juillet 1942 établie en 1974 par les historiens du Musée d'Etat d'Auschwitz-Birkenau (Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (Ministère de la Défense, Caen) indiquant généralement la date de décès au camp.
  • Etat civil en ligne d'Yvetot.
Notice biographique rédigée par Claudine Cardon-Hamet en 2000 pour l’exposition de Rouen de l’association « Mémoire vive » sur les “45000” et les “31000” de Seine-Maritime, complétée en 2006, 2011, et 2018. Docteur en Histoire, auteur des ouvrages : « Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 », Editions Autrement, 2005 Paris et de «Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000. Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette notice. Pour la compléter ou corriger, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com 

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