Ce convoi, dit des "45000", composé d'un millier de communistes et de 50 juifs, faisait partie des mesures de terreur (exécutions et déportations d'otages) ordonnées par Hitler pour tenter de dissuader les résistants communistes de poursuivre leurs actions armées contre des officiers et des soldats allemands. Sur les 1170 déportés immatriculés à Auschwitz le 8 juillet 1942, 119 seulement sont revenus. Le dernier rescapé est décédé le 30 mai 2018.

L’histoire de ce convoi singulier dont les premières recherches furent initiées en 1970 par Roger Arnould, déporté à Buchenwald et auteur de plusieurs ouvrages édités par la FNDIRP, a fait l'objet d'une thèse de doctorat d’Histoire soutenue par Claudine Cardon-Hamet en 1995 et de deux livres parus en 1997 et 2005.



BOISSY René



45264

René Boissy est né le 21 février 1895 et non le 19 comme indiqué sur les registres d’Auschwitz. Il habite au 28 bis rue Maurice Berteaux à Garges-lès-Gonesse (Seine et Oise, Val d'Oise) au moment de son arrestation.
Il est né rue Ambroise Paré à Paris Xème. Sa mère, Hélène Desouliers, est couturière et son père Aimé Boissy est menuisier.
René Boissy épouse Georgette Lizerand le 7 janvier 1928 à Paris XVIIIème.
René Boissy est arrêté en janvier 1941 à Garges lès Gonesses. Il est envoyé au camp d'Aincourt puis remis aux autorités allemandes à leur demande. Celles-ci l’internent le 27 juin 1941 au camp de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122), le jour de l'ouverture du camp comme camp d'internement administratif allemand.

Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
René Boissy est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les «Judéo-bolcheviks» responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.

Il est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro 45264. Ce numéro matricule que j’ai reconstitué en absence de référence aux registres du camp, correspond à une photo d’immatriculation à Auschwitz.
René Boissy meurt à Auschwitz le 18 septembre 1942 d’après le registre d’état civil de la municipalité d’Auschwitz (in Death Books from Auschwitz Tome 2 page 133). Cent quarante huit «45000» ont été déclarés comme lui décédés à l’état civil d’Auschwitz les 18 et 19 septembre, ainsi qu’un nombre important de détenus d’autres nationalités : il est probable qu’ils sont tous morts gazés à la suite d’une vaste «sélection» interne des «inaptes au travail», opérée sans doute dans les blocks d’infirmerie, et non, comme indiqué sur le registre d’Auschwitz, mort de «pneumonie» à 16 h 40. Les SS indiquaient des causes naturelles fictives sur ces certificats pour masquer ces meurtres collectifs.
L’arrêté ministériel du 25 août 1987 a porté apposition de la mention «Mort en déportation» sur son acte de décès (Journal Officiel du 2 octobre 1987).
Son nom est inscrit sur le monument aux morts, au cimetière de Garges lès Gonesses.

Sources
  • © Archives de France, état civil en ligne, Paris Xème.
  • Mairie de Garges, 19 juin 1992.
  • Fichier national du Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BAVCC), Ministère de la Défense, Caen. Fiche individuelle consultée en juin et juillet 1992.
  • Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (Archives de Caen du ministère de la Défense). "Liste communiquée par M. Van de Laar, mission néerlandaise de Recherche à Paris le 29.6.1948", établie à partir des déclarations de décès du camp d'Auschwitz. Liste V (n°31518), Liste S (n°40).
  • © Site Internet Mémorial-GenWeb
  • © The Central Database of Shoah Victims' Names
Biographie rédigée en août 2011 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : «Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942», Editions Autrement, 2005 Paris et de «Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000», éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie.
*Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie. 

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