Ce convoi, dit des "45000", composé d'un millier de communistes et de 50 juifs, faisait partie des mesures de terreur (exécutions et déportations d'otages) ordonnées par Hitler pour tenter de dissuader les résistants communistes de poursuivre leurs actions armées contre des officiers et des soldats allemands. Sur les 1170 déportés immatriculés à Auschwitz le 8 juillet 1942, 119 seulement sont revenus. Le dernier rescapé est décédé le 30 mai 2018.

L’histoire de ce convoi singulier dont les premières recherches furent initiées en 1970 par Roger Arnould, déporté à Buchenwald et auteur de plusieurs ouvrages édités par la FNDIRP, a fait l'objet d'une thèse de doctorat d’Histoire soutenue par Claudine Cardon-Hamet en 1995 et de deux livres parus en 1997 et 2005.



GALLOT GEORGES


Georges Gallot, années 1950
 Georges Gallot @ Robert Gallot
Matricule "45568" à Auschwitz

Rescapé

Georges Gallot est né le 28 février 1912 à Paris (11°).
Il habite au 41 ter rue de l’Hermitage à Montreuil-sous-Bois (Seine, aujourd’hui Seine-St-Denis) au moment de son arrestation. 
Il est le fils d’Henriette Coconnier, 22 ans et de Georges Gallot, 33 ans son époux. 
Il a quatre frères et soeurs (Suzanne née en 1913, Raymond, né en 1919, Marie, née en 1923 et Lucien, né en 1929.
Il est marié avec Renée Oger (née en 1913, décédée en 1961). Le couple a deux enfants (Huguette, née en 1934 et Guy, né en 1939).
Roger Gallot est électricien à la STCRP depuis 1937 (Société des Transports en commun de la Région parisienne)
Il est membre du Parti communiste. 
Roger Gallot fait son service militaire en 1932 à Argentan. 
Réserviste, il est mobilisé en 1939, au 104ème régiment d’infanterie. Il est décoré de la Croix de guerre avec étoile de bronze "pour avoir ramené son chef de section grièvement blessé".
Il est arrêté le 28 octobre 1940 par le commissaire Doty, de Montreuil, lors d'une rafle et trouvé en possession de tracts anti-allemands. Il affirme que les tracts trouvés dans sa poche lui ont été glissés à son insu. Gardé à vue, il ne subira aucune condamnation, et sera relâché au bout de deux jours. 
Les informations recueillies par les RG ne sont en effet pas accablantes : " Auparavant, n'a jamais attiré l'attention du point de vue politique. Il parait animé de bons sentiments nationaux et on n'a pas connaissance qu'il ait manifesté de sentiments hostiles à l'égard de nos institutions. Au privé il jouit dans le voisinage de l'estime générale et on ne lui connait aucune relation suspecte. Il n'est pas noté aux sommiers".
Mais figurant désormais sur les tablettes des RG, il est arrêté à nouveau le 28 avril 1942, à Vitry, à 5 heures 30 du matin, cette fois par les polices française et allemande.
Il s’agit d’une rafle de "plus de 500 hommes" organisée par l’occupant dans tout le département de la Seine, en répression de l’attentat de Paris du 20 avril 1942 : des coups de feu ont été tirés sur des soldats allemands à la station de métro Molitor. Cette rafle touche notamment un grand nombre de militants arrêtés une première fois par la police française pour activité communiste depuis l’armistice et libérés à l’expirations de leur peine. Parmi les militants arrêtés, 61 d’entre eux seront déportés à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942.
De la Mairie du 20°, ils sont conduits à l'Ecole Militaire puis, en autobus, des Invalides à la Gare du Nord. Le soir même, il sont remis aux autorités allemandes à leur demande. Celles-ci les internent au camp de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122) en vue de leur déportation comme otages.
Musée d'Auschwitz
Georges Gallot le 8 juillet 1942
Georges Gallot est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les «judéo-bolcheviks» responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.
Il est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro 45568.
Georges Gallot décrit le premier tué du convoi dès le lendemain de leur arrivée à Auschwitz. 
Le Kapo du Block 19 leur dit : "Vous allez voir comment on tue un homme". 
Roger Arnould recueille un jour de 1973 son témoignage sur sa déportation à Auschwitz. Les larmes aux yeux, Gallot m'a dit : "Un jour, un camarade qui avait aussi faim que moi m'a donné la moitié de son pain. J'étais devenu un "musulman" complet. A peu près fou, j'ai voulu me jeter dans les barbelés. Ce même camarade m'en a empêché, il m'a retenu... Je ne l'oublierai jamais.  Son nom : Roger Pélissou".
Comme la quasi-totalité des français survivants, Georges Gallot est affecté au Block 11 du 14 août 1943 au 12 décembre 1943 (Lire l'article du blog "les 45000 au block 11).
En janvier 1945, il est transféré à Gross-Rosen avec 12 autres « 45000 ».
En février 1945, avec quinze "45 000" il est transféré de Gross-Rosen à Dora-Mittelbau. Georges Gallot est affecté avec Robert Daune à Dora-Harzungen. 
Le 11 avril 1945, Dora est évacué. Il quitte ce camp "avec un groupe de 300 à 400" où il est le seul « 45000 », et, les SS ayant fui, se retrouve "en un lieu inconnu".Lire dans le blog , "les itinéraires suivis par les survivants".
Libéré par l'armée américaine, il regagne la France par Maubeuge, le 9 mai 1945.
La carte de rapatrié de Roger Gallot a été prêtée
pour l'exposition de l'été 2012 à Compiègne 
Il est à Paris le 11 mai 1945.
Georges Gallot a été homologué « Déporté politique ».
Son épouse avait écrit puis au maréchal Pétain (27 avril 1943) puis à De Brinon (9 juin 1943) pour obtenir de ses nouvelles.
Georges Gallot meurt le 12 janvier 1981 à Moncourt-Fromonville (Seine-et-Marne).

Sources
  • Témoignages d’Auguste Monjauvis, Jean Marti, Roger Pélissou.
  • Souvenirs confiés à Roger Arnould (1972-1973).
  • Lettre et documents de sa veuve (juillet 1989).
  • Mairie de Paris (XI°), 14 mars 1994.
  • Courriel avec photo couleur de son cousin germain, Robert Gallot.
Biographie rédigée en février 2011 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : "Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942" Editions Autrement, 2005 Paris et de "Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 »", éditions Graphein, Paris 1997 et 2000. Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie.
Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com 

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