Ce convoi, dit des "45000", composé d'un millier de communistes et de 50 juifs, faisait partie des mesures de terreur (exécutions et déportations d'otages) ordonnées par Hitler pour tenter de dissuader les résistants communistes de poursuivre leurs actions armées contre des officiers et des soldats allemands. Sur les 1170 déportés immatriculés à Auschwitz le 8 juillet 1942, 119 seulement sont revenus. Le dernier rescapé est décédé le 30 mai 2018.

L’histoire de ce convoi singulier dont les premières recherches furent initiées en 1970 par Roger Arnould, déporté à Buchenwald et auteur de plusieurs ouvrages édités par la FNDIRP, a fait l'objet d'une thèse de doctorat d’Histoire soutenue par Claudine Cardon-Hamet en 1995 et de deux livres parus en 1997 et 2005.



PESSON Daniel

Daniel Pesson @ DR famille

Matricule "45972" à Auschwitz

Daniel Pesson est né le 25 février 1903 à Gièvres (Loir et Cher). 
Il habite à La Roche à Romorantin (Loir-et-Cher).
Il est le fils de Séraphine, Julia Cholet, 29 ans vigneronne et de Louis Pesson, 32 ans, cultivateur, son époux. Il a 6 sœurs : Marie Louise, née en 1897, Fernande, née en 1900, Raymonde, née en 1906, Marguerite, née en 1908,  Madeleine, née en 1914 et Paulette, née en 1912, et un frère, Robert, né en 1910.
Il a épousé Silvine, Angeline Legilles. Le couple aura deux enfants, Pierrette et Pierre (trois selon la Mairie de Romorantin). 
Damiel Pesson est charretier et vidangeur à l'entreprise de vidanges Benoist-Bourgeois, située à La Haute Roche, à Romorantin.
Daniel Pesson est arrêté le 18 avril 1941 lorsque les Allemands arrêtent son patron (1) et l'ensemble du personnel (dont Moïse Bodin, qui sera comme lui déporté à Auschwitz). Il est relâché.
Présumé communiste, Daniel Pesson est arrêté une seconde fois comme otage le 1er mai 1942, à son domicile, par des gendarmes allemands accompagnés de gendarmes français. Cette arrestation s’inscrit dans la rafle des 1er et 2 mai 1942 qui concerne 140 communistes ou présumés tels (dont certains avaient déjà été arrêtés en 1940 ou 1941) dans 3 départements (Loir-et-Cher, Loiret, Cher). 
Cette rafle est opérée en représailles à la mort d'un Feldgendarme à Romorantin la nuit du 30 avril 1942. Lire dans le blog l'article : Romorantin le 1er mai 1942 : un Feldgendarme est tué, un autre blessé. Arrestations, exécutions et déportations
13 romorantinais sont arrêtés. Six d’entre eux seront déportés à Auschwitz : Moise BodinVictor Budin, Gustave CrochetOctave Hervaux,  Edouard Roguet,  Daniel Pesson.
Daniel Pesson est conduit au camp de détention de Compiègne administré par la Wehrmacht (Fronstalag 122) avec plusieurs autres communistes (ou supposés tels) du département en vue de leur déportation.
Depuis ce camp, il va être déporté à destination d’Auschwitz. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à sa déportation, voir les deux articles du blog : La politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942) et «une déportation d’otages».
Dessin de Franz Reisz 1946
Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Il est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941. Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6-8 juillet 1942.
Il est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro 45972. Le 13 juillet, après cinq jours passés par l'ensemble des "45000" à Birkenau, il fait partie de ceux qui restent dans ce camp dont le régime est encore plus meurtrier que celui du camp principal où fut affectée l'autre moitié des membres du convoi.
Registre des morts d’Auschwitz, liste du 17 août 1942. Six "45000" y figurent, dont Daniel Pesson 


Daniel Pesson meurt le 16 août 1942 (date inscrite dans les registres du camp et transcrite à l’état civil de la municipalité d’Auschwitz ; in Death Books from Auschwitz, Tome 3, page 920). Sa fiche d'état civil établie en France à la Libération porte toujours la mention «décédé le 15 septembre 1942 à Auschwitz (Pologne)». Il est regrettable que le ministère n'ait pas corrigé cette date, à l'occasion de l'inscription de la mention "mort en déportation" sur son acte de décès (Journal officiel du 14 décembre 1997), ceci étant rendu possible depuis la parution de l'ouvrage publié par les historiens polonais du Musée d'Auschwitz en 1995. Lire dans le blog Les dates de décès à Auschwitz.
© Mémorial Gen-web
Daniel Pesson a été déclaré "Mort pour la France" le 4 février 1947. Son nom est inscrit sur les monuments aux morts de Romorantin, dans le vieux cimetière et quai de l’île Marin.
  • Note 1 : Selon les souvenirs de l'épouse de Daniel Pesson, rapportés par sa fille, née en 1938, il y aurait eu une dénonciation par une romorantinaise qui espérait ainsi obtenir la libération de son mari, déjà arrêté. Elle aurait été  tondue à la Libération,  et interdite de séjour à Romorantin.
Sources
  • Listes - incomplètes - du convoi établies par la FNDIRP après la guerre (archives de la F.N.D.I.R.P).
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets - de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • Reproduction de la page 93 du livre des morts T 1.
  • Liste (incomplète) par matricule du convoi du 6 juillet 1942 établie en 1974 par les historiens du Musée d'Etat d'Auschwitz-Birkenau indiquant généralement la date de décès au camp.
  • Recherches de la Mairie de Romorantin (Mme Valin) 1989 et 1990.
  • Lettre de Henri Peiffer à sa fille Pierrette.
  • Correspondance avec son petit fils, Raphaël Michoux (octobre 2006).
  • Photo © famille.
  • © Site Site Internet Mémorial-GenWeb
  • © Site www.mortsdanslescamps.com
Biographie Complétée en 2006 et 2017, rédigée en janvier 2011 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : "Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942" Editions Autrement, 2005 Paris et de "Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 »", éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie. Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com 

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