Ce convoi, dit des "45000", composé d'un millier de communistes et de 50 juifs, faisait partie des mesures de terreur (exécutions et déportations d'otages) ordonnées par Hitler pour tenter de dissuader les résistants communistes de poursuivre leurs actions armées contre des officiers et des soldats allemands. Sur les 1170 déportés immatriculés à Auschwitz le 8 juillet 1942, 119 seulement sont revenus. Le dernier rescapé est décédé le 30 mai 2018.

L’histoire de ce convoi singulier dont les premières recherches furent initiées en 1970 par Roger Arnould, déporté à Buchenwald et auteur de plusieurs ouvrages édités par la FNDIRP, a fait l'objet d'une thèse de doctorat d’Histoire soutenue par Claudine Cardon-Hamet en 1995 et de deux livres parus en 1997 et 2005.



COUILLON Marcel, Eugène, Pierre, Marie


Marcel Couillon est né le 14 mai 1905 à Orléans (Loiret). 
Il habite au 179 Faubourg Saint-Vincent à Orléans au moment de son arrestation.
Il est le fils de Jeanne, Aline Magloire, 28 ans et d'Albert, Ernest Couillon, 32 ans, typographe, son époux. 
Il devient pupille de la Nation en 1920.
D'abord tourneur sur métaux, Marcel Couillon devient conducteur de poids-lourds, employé aux PTT à Orléans. 
Mariage le 6 août 1927
Il épouse Marie Lerouge le 6 août 1927, à Orléans. Elle est  née le 26 novembre 1904 à Saint-Léonard de Noblat (87). 
Elle travaille comme employée de bureau
Mobilisé en 1939, Marcel Couillon est fait prisonnier. II est libéré le 23 août 1941.
Témoignage de Marie Couillon 
(dossier d'homologation)
Selon son épouse, Marcel Couillon reprend contact avec le Parti communiste clandestin dès son retour de captivité : « il fut affecté à la distribution de la littérature patriotique entre les groupes illégaux d’Orléans. C’est au cours de cette activité qu’il fut repéré et finalement arrêté ».
Militant communiste connu des services de police avant guerre, il est arrêté à son domicile le 18 octobre 1941, par la police française, en raison de ses activités clandestines, en même temps que 8 communistes orléanais (7 d'entre eux seront déportés  à Auschwitz : Marcel BoubouCyprien DepardieuRobert DuboisHenri FerchaudRaymond GaudryJoseph LhorensAndré Lioret ).
Marcel Couillon est conduit à la prison de la rue Eugène Vignat, à Orléans. II est remis aux autorités allemandes à leur demande. Celles-ci l’internent au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122)
A Compiègne, il reçoit le matricule n° matricule "1956".
Depuis ce camp, il va être déporté à destination d’Auschwitz. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à sa déportation, voir les deux articles du blog : La politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942) et «une déportation d’otages».  
Raymond Gaudry signale sa présence dans le convoi du 6 juillet 1942, dans sa lettre lancée du wagon.
Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Marcel Couillon est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941. Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6-8 juillet 1942.
Le numéro "46231" figurant dans mes deux premiers ouvrages sur le convoi du 6 juillet 1942 (éditions de 1997 et 2000) et signalé comme incertain correspond à une tentative de reconstitution de la liste du convoi par matricules. Ce numéro, quoique plausible, ne saurait être considéré comme sûr en raison de l’existence de quatre listes alphabétiques successives, de la persistance de lacunes pour plus d’une dizaine de noms et d’incertitudes sur plusieurs centaines de numéros matricules. Seule la reconnaissance, par un membre de sa famille ou ami de la photo d’immatriculation publiée au début de cette biographie pourrait désormais en fournir la preuve.
Antoine Vannin, de Valleroy, a témoigné avoir été avec lui à Birkenau, jusqu'au 13 juillet 1942. Il n'apprend son décès qu'en décembre.
Marcel Couillon meurt le premier septembre 1942 d’après son certificat de décès établi au camp pour le registre d’état civil de la municipalité d’Auschwitz (in Death Books from Auschwitz Tome 2 page 286).
Sa fiche d'état civil établie en France après la Libération porte toujours la mention «décédé le 15 octobre 1942 à Auschwitz (Pologne)». Il serait souhaitable que le ministère corrige ces dates fictives qui furent apposées dans les années d'après guerre sur les état civils, afin de donner accès aux titres et pensions aux familles des déportés. Cette démarche est rendue possible depuis la parution de l'ouvrage "Death Books from Auschwitz" publié par les historiens polonais du Musée d'Auschwitz en 1995. Lire dans le blog Les dates de décès à Auschwitz.
Marcel Couillon est déclaré "Mort pour la France" en 1948 et homologué comme "Déporté politique".
Il est homologué comme soldat de deuxième classe au titre de la Résistance Intérieure Française, en tant que membre du «Front national pour la liberté et l’indépendance de la France» (décret du 9 septembre 1947).
Une plaque a son nom et celui de Marcel Lerouge (dont on lira la biographie sur le site de l'AERI et dans le Maitron) été apposée au 179 bis rue du Faubourg saint-Vincent à Orléans (le nom de Marcel Couillon a été mal orthographié). Marcel Lerouge rejoint le groupe Chanzy d’Orléans, rattaché aux FTP. En décembre 1943, il est nommé adjudant FTP. Il participe à de nombreuses liaisons, à des diffusions de tracts ainsi qu’à plusieurs opérations de sabotage. La fille de Marcel Couillon rendra visite en prison avant son exécution à Marcel Lerouge, en compagnie du frère de Marcel Lerouge.

Sources
  • "Ceux du groupe Chanzy". André Chène (Librairie Nouvelle, Orléans 1964, brochure éditée par la Fédération du Loiret du Parti communiste.
  • Bureau des archives des conflits contemporains (BAVCC), Ministère de la Défense, Caen (dossier individuel). Avril 1992.
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets - de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • Archives en ligne d'Orléans.
  • Remerciements à l'Association pour des Etudes sur la Résistance intérieure. © Département AERI de la Fondation de la Résistance, ma notice de 2012 complétée par Fabrice Bourrée à partir du dossier d'homologation de Marcel Couillon, service historique de la Défense, 16 P 146 147. 
  • Photo de la plaque © Fabrice Bourrée.
Biographie rédigée en novembre 2007, modifiée en 2012, 2015 et 2018 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : "Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942" Editions Autrement, 2005 Paris et de «Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000. Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie.
Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com. 

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