Ce convoi, dit des "45000", composé d'un millier de communistes et de 50 juifs, faisait partie des mesures de terreur (exécutions et déportations d'otages) ordonnées par Hitler pour tenter de dissuader les résistants communistes de poursuivre leurs actions armées contre des officiers et des soldats allemands. Sur les 1170 déportés immatriculés à Auschwitz le 8 juillet 1942, 119 seulement sont revenus. Le dernier rescapé est décédé le 30 mai 2018.

L’histoire de ce convoi singulier dont les premières recherches furent initiées en 1970 par Roger Arnould, déporté à Buchenwald et auteur de plusieurs ouvrages édités par la FNDIRP, a fait l'objet d'une thèse de doctorat d’Histoire soutenue par Claudine Cardon-Hamet en 1995 et de deux livres parus en 1997 et 2005.



OSTORERO Maurice


Biographie mise à jour en 2017

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Matricule "45941" à Auschwitz^

Rescapé

Maurice Ostoréro est né le 3 février 1910 à Thil (Meurthe-et-Moselle), il y habite, au 8 cité Sors, au moment de son arrestation.
Il est marié, père d'un enfant.
Fils de mineur, il a été mineur de fer, puis cheminot (machiniste de locomotive).
Délégué mineur, syndicaliste CGT, Maurice Ostorero est militant actif du Parti communiste et du Comité de soutien à l'Espagne républicaine.
Avec l'Occupation, il est arrêté une première fois le 26 juillet 1941, après une distribution de tracts "de propagande anti-allemande".
Placé en liberté surveillée, Maurice Ostoréro est repris comme otage, le 21 février 1942, à son domicile, par des Feldgendarmen, au cours de l'arrestation de masse qui fait suite au sabotage du transformateur d'Auboué (dans le dossier du tribunal allemand on peut noter, de deux écritures différentes, les mention "déportation" et "communiste" entouré de rouge). Lire le récit du sabotage du transformateur d’Auboué, dans la nuit du 4 au 5 février 1942.

Maurice Ostorero est écroué à la prison de Longwy, puis interné le 29 février 1942 au camp d'Ecrouves, près de Toul. Le 4 mars, il est remis aux autorités allemandes (Feldkommandantur 591) à leur demande. Celles-ci l’internent le 5 mars 1942 au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122) en vue de sa déportation comme otage.
Depuis ce camp, il va être déporté à destination d’Auschwitz. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à sa déportation, voir les deux articles du blog : La politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942) et «une déportation d’otages».
Maurice Ostorero est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941. Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6-8 juillet 1942.
Maurice Ostorero est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro 45941.
Sa photo d’immatriculation à Auschwitz n’a été pas retrouvée parmi les 522 photos que des membres de la Résistance intérieure du camp avaient camouflées pour les sauver de la destruction, ordonnée par les SS peu de temps avant l’évacuation d’Auschwitz. 
Après l’enregistrement, il passe la nuit au Block 13 (les 1170 déportés du convoi y sont entassés dans deux pièces). Le 9 juillet tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau, situé à 4 km du camp principal. Le 13 juillet il est interrogé sur sa profession. Les spécialistes dont les SS ont besoin pour leurs ateliers sont sélectionnés et vont retourner à Auschwitz I (approximativement la moitié du convoi. Les autres, restent à Birkenau, employés au terrassement et à la construction des Blocks.
Le 28 août 1944 il est transféré à Sachsenhausen (Kommando des routes).
Il est libéré à Oranienbourg le 25 mai 1955.
Maurice Ostorero est homologué déporté politique. Le titre de "déporté résistant" lui est refusé au motif : "otage arrêté au cours d'une rafle".
Après la Libération, il est élu au Conseil municipal de Thil (comme maire ou maire-adjoint d'après Giobbé Pasini).
Maurice Ostorero meurt à Villerupt le 25 avril 1959.

Sources

  • Correspondance avec Madame Colette Speziale, sa fille
  • Témoignage de Giobbé Pasini (22 juin 1973).
  • R. Piva (adjoint au Maire : 24 mai 1989)
  • M. Gilbert Schwartz, président départemental de la FNDIRP (1989).
  • Mairies de Thil et de Villerupt .
  • Fichier national de la Division des archives des victimes des conflits contemporains (DAVCC), Ministère de la Défense, Val de Fontenay novembre 1993.
Biographie rédigée en juin 1997 par Claudine Cardon-Hamet (docteur en Histoire, auteur des ouvrages : Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé) et de Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Autrement, Paris 2005), à l’occasion de la conférence donnée le 5 juillet 1997 à Homécourt, initiée par la CGT d’Homécourt et le PCF de la vallée de l’Orne. Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie.
Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie.

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