Ce convoi, dit des "45000", composé d'un millier de communistes et de 50 juifs, faisait partie des mesures de terreur (exécutions et déportations d'otages) ordonnées par Hitler pour tenter de dissuader les résistants communistes de poursuivre leurs actions armées contre des officiers et des soldats allemands. Sur les 1170 déportés immatriculés à Auschwitz le 8 juillet 1942, 119 seulement sont revenus. Le dernier rescapé est décédé le 30 mai 2018.

L’histoire de ce convoi singulier dont les premières recherches furent initiées en 1970 par Roger Arnould, déporté à Buchenwald et auteur de plusieurs ouvrages édités par la FNDIRP, a fait l'objet d'une thèse de doctorat d’Histoire soutenue par Claudine Cardon-Hamet en 1995 et de deux livres parus en 1997 et 2005.



GRANDEMANGE Georges, Gustave


Georges Grandemange est né le 24 novembre 1903 à Saint-Nicolas de Port (Meurthe-et-Moselle) où il habite au 5 rue du Haut du Mont, au moment de son arrestation.
Il est marié 
avec Augustine Claude, née le 29 septembre 1905 à Saint-Nicolas-de-Port.
Le couple a deux garçons, Jacques, né le 8 juin 1926 et Bernard, né après 1936. Georges Grandemange est chaudronnier. En 1936, il travaille comme chauffeur aux mines de sel et saline de St Nicolas-Varangeville de la Société Daguin (Marcheville-Varangeville).
Militant communiste, il vend "l'Humanité".
Fin juin 1940, La Meurthe-et-Moselle est occupée : elle est avec la Meuse et les Vosges dans la zone réservée allant des Ardennes à la Franche-Comté.
La résistance communiste est particulièrement active dans le « Pays-Haut » (in Magrinelli, Op. cité pages 229 à 251). Le Préfet de Meurthe-et-Moselle collabore avec les autorités allemandes, il « ne voit aucun inconvénient à donner à la police allemande tous les renseignements sur les communistes, surtout s’ils sont étrangers » (Serge Bonnet in L’homme de fer p.174)
Georges Grandemange est arrêté le 21 juin 1941, en même temps que Marcel Stéphan qui sera déporté à Oranienbourg (libéré le 5 mai 1945) : Augustine Grandemange, son épouse, témoigne qu'on lui a demandé de se présenter à la gendarmerie à 21 heures (le 22 juin 1941, jour de l’attaque hitlérienne contre l’Union soviétique, sous le nom de code "Aktion Theoderich", les Allemands arrêtent dans la zone occupée et avec l’aide de la police française plus de mille communistes. D’abord placés dans des lieux d’incarcération contrôlés par le régime de Vichy, ils sont envoyés, à partir du 27 juin 1941, au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), administré par la Wehrmacht et qui ce jour là devient un camp de détention des “ennemis actifs du Reich”.
Georges Grandemange est conduit à la prison Charles III de Nancy. Il y est remis aux autorités allemandes à leur demande. 
Celles-ci l’internent au camp allemand de Royallieu à Compiègne (le Frontstalag 122) en vue de sa déportation comme otage.
Depuis le camp de Compiègne, il va être déporté à destination d’Auschwitz. Celles-ci l’internent au camp de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122) le 27 juin 1941. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, lire dans le blog «une déportation d’otages».
Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Georges Grandemange est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941. Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6-8 juillet 1942.

Son numéro d’immatriculation à Auschwitz n’est pas connu. Lire dans le blog le récit de leur premier jour à Auschwitz : L'arrivée au camp principal, 8 juillet 1942. et 8 juillet 1942 : Tonte, désinfection, paquetage, "visite médicale"
Après l’enregistrement, il passe la nuit au Block 13 (les 1170 déportés du convoi y sont entassés dans deux pièces). Le 9 juillet tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau, situé à 4 km du camp principal. Le 13 juillet il est interrogé sur sa profession. Les spécialistes dont les SS ont besoin pour leurs ateliers sont sélectionnés et vont retourner à Auschwitz I (approximativement la moitié du convoi. Les autres, restent à Birkenau, employés au terrassement et à la construction des Blocks.
Aucun document des archives SS préservées de la destruction ne permet de connaître la date de son décès à Auschwitz. A la Libération, le ministère des Anciens combattants a fixé fictivement celle-ci au 15 octobre 1942 sur la base du témoignage de ses compagnons de déportation.
Le titre de «Déporté politique» lui a été attribué (N° 1119.091166). Le titre de "Déporté Résistant" lui a été refusé. La mention «Mort en déportation» est apposée sur son acte de décès (Journal Officiel du 18 février 1994).
Son nom est inscrit sur le monument aux morts de St Nicolas de Port.

Sources

  •  (45402) de Neuves-Maisons, a témoigné se souvenir de lui.
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets – de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • Fichier national du Bureau de la Division des archives des victimes des conflits contemporains (DAVCC), Ministère de la Défense, Caen.
  • Site ministériel Légifrance
  • Recensement de la population de St Nicolas de Port, 1936
Notice biographique  rédigée en 1997 (modifiée en  2001, 2016 et 2018),  pour la conférence organisée par la CGT et le PCF de la vallée de l’Orne, à Homécourt le 5 juillet 1997 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteure des ouvrages  : "Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942" Editions Autrement, 2005 Paris et de «Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000. Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com

Affiche de la conférence du 5 juillet 1997
salle Pablo Picasso à Homécourt

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