Ce convoi, dit des "45000", composé d'un millier de communistes et de 50 juifs, faisait partie des mesures de terreur (exécutions et déportations d'otages) ordonnées par Hitler pour tenter de dissuader les résistants communistes de poursuivre leurs actions armées contre des officiers et des soldats allemands. Sur les 1170 déportés immatriculés à Auschwitz le 8 juillet 1942, 119 seulement sont revenus. Le dernier rescapé est décédé le 30 mai 2018.

L’histoire de ce convoi singulier dont les premières recherches furent initiées en 1970 par Roger Arnould, déporté à Buchenwald et auteur de plusieurs ouvrages édités par la FNDIRP, a fait l'objet d'une thèse de doctorat d’Histoire soutenue par Claudine Cardon-Hamet en 1995 et de deux livres parus en 1997 et 2005.



CAVALLI Amedeo


Amadeo Cavalli (DR famille)

Hommage PCF Homécourt
Matricule "46227" à Auschwitz

Amadéo Cavalli est né le 25 juin 1899 à Valstagna (Italie). Il habite au 227 rue Léon Molinos à Homécourt (Meurthe-et-Moselle) au moment de son arrestation. En 1
923 il est manœuvre à l’usine De Wendel à Jœuf (Meurthe-et-Moselle). 
Le 25 avril 1925 à Homécourt, Amadeo Cavalli épouse Maria Chiesa, née à Turin en 1906. Le couple aura cinq enfants : Narcisse (Narciso), né en 1926 ; Jeannette, née en 1932 ; Inès, née en 1934 ; Guy (Gui), né en 1935 et Danielle, née en 1939. Tous les enfants sont nés à Homécourt.
Puits du Fond de la Noue / (carte postale Punti, 
éditeur, Homécourt; Collection : industrie.lu)
En 1926, Amadeo Cavalli est embauché comme mineur pour le compte des Forges et Aciéries de la Marine à Homécourt. En 1931 travaille au Puits du Fond de la Noue pour les Mines d'Homécourt.
Militant du Parti communiste, il organise (ou participe à) des collectes pour les Brigades Internationales en Espagne. Selon Charles Dallavalle, il avait rejoint les Brigades Internationales. Mais après vérifications, il s'agirait de son frère Giovani.
Fin juin 1940, La Meurthe-et-Moselle est occupée : elles est avec la Meuse et les Vosges dans la zone réservée allant des Ardennes à la Franche-Comté.
La résistance communiste est particulièrement active dans le « Pays-Haut » (in Magrinelli, Op. cité pages 229 à 251). A Homécourt la Préfecture recense 1 sabotage de voie ferrée et 3 sabotages de freins de wagons, à Auboué commune voisine de deux kilomètres : 2 sabotages de lignes téléphoniques, 2 sabotages d’installations industrielles, 3 sabotages de voies ferrées.
Pendant l'occupation, Amadeo Cavalli participe "à la Résistance organisée par le Parti communiste"(Ib).

Le sabotage du transformateur d’Auboué, entraîne une très lourde répression en Meurthe-et-Moselle. Lire dans le blog : Meurthe et Moselle Le sabotage du transformateur électrique d'Auboué (février 1942). Speidel à l’Etat major du MBF annonce qu’il y aura 20 otages fusillés et 50 déportations. 
Le 7 février 1942, il est arrêté par des policiers français et allemands, à la suite du sabotage du transformateur d'Auboué (lire le récit du sabotage du transformateur d’Auboué, dans la nuit du 4 au 5 février 1942). Sa fille Danièle mentionne les noms d'autres hommes arrêtes en même temps que lui : Antooine Corgiatti, Joseph Zerlia, Giobbé Pasini, Dino Tamani, et Paul Perot.
Il est incarcéré à la prison de Briey, puis à la prison Charles III de Nancy. Il est remis aux autorités allemandes à leur demande. Celles-ci l’internent au camp allemand de Royallieu à Compiègne (le Frontstalag 122) en vue de sa déportation comme otage. 
Depuis ce camp, il va être déporté à destination d’Auschwitz. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à sa déportation, voir les deux articles du blog : La politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942) et «une déportation d’otages».
Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Amadéo Cavalli est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le Parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941. 
Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6-8 juillet 1942.
Amadéo Cavalli est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro "46227".
Sa photo d’immatriculation à Auschwitz n’a été pas retrouvée parmi les 522 photos que des membres de la Résistance intérieure du camp avaient camouflées pour les sauver de la destruction, ordonnée par les SS peu de temps avant l’évacuation d’Auschwitz. 
Après l’enregistrement, il passe la nuit au Block 13 (les 1170 déportés du convoi y sont entassés dans deux pièces). Le 9 juillet tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau, situé à 4 km du camp principal. Le 13 juillet il est interrogé sur sa profession. Les spécialistes dont les SS ont besoin pour leurs ateliers sont sélectionnés et vont retourner à Auschwitz I (approximativement la moitié du convoi. Les autres, restent à Birkenau, employés au terrassement et à la construction des Blocks.
Aucun document des archives SS préservées de la destruction ne permet de connaître la date du décès Amadéo Cavalli à Auschwitz. Dans les années d’après-guerre, l'état civil français a fixé la date de son décès entre le 6 juillet 1942 et le 4 juillet 1943.
Le titre de « Déporté politique » lui a été attribué (N° 111 902 875) le 8 novembre 1952.

Son nom est honoré sur le monument aux morts d’Homécourt et sur le monument de la déportation à Jarny. Une cellule du PCF a porté son nom.

Sources

  • Questionnaire biographique (contribution à l’histoire de la déportation du convoi du 6 juillet 1942), envoyé aux mairies, associations et familles au début de mes recherches, en 1987, rempli par Danièle, fille d’Amadéo Cavalli, (25 janvier 1989). Agée de 3 ans au moment de l'arrestation, elle a rassemblé les témoignages qu'elle a pu retrouver pour aider à reconstituer l'itinéraire de son père.
  • M. Jean Pierre Minella, maire d'Homécourt (9 mars 1989).
  • Charles Dallavalle, ancien résistant (témoignages de 1972).
  • Le sabotage du transformateur d'Auboué, dossier dans les Archives allemandes Avak , page 175.
  • Liste (incomplète) par matricule du convoi du 6 juillet 1942 établie en 1974 par les historiens du Musée d'Etat d'Auschwitz-Birkenau (Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (Ministère de la Défense, Caen) indiquant généralement la date de décès au camp.
  • Photo de famille d'Amadéo Cavalli in "Mémoire vive" bulletin N° 40.
  • Recensements de 1931 et 1936 à Homécourt.
Notice biographique rédigée en 1997 (modifiée en  2001, 2016 et 2018),  pour la conférence organisée par la CGT et le PCF de la vallée de l’Orne, à Homécourt le 5 juillet 1997 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteure des ouvrages  "Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942" Editions Autrement, 2005 Paris et de «Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000. Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com 

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