Ce convoi, dit des "45000", composé d'un millier de communistes et de 50 juifs, faisait partie des mesures de terreur (exécutions et déportations d'otages) ordonnées par Hitler pour tenter de dissuader les résistants communistes de poursuivre leurs actions armées contre des officiers et des soldats allemands. Sur les 1170 déportés immatriculés à Auschwitz le 8 juillet 1942, 119 seulement sont revenus. Le dernier rescapé est décédé le 30 mai 2018.

L’histoire de ce convoi singulier dont les premières recherches furent initiées en 1970 par Roger Arnould, déporté à Buchenwald et auteur de plusieurs ouvrages édités par la FNDIRP, a fait l'objet d'une thèse de doctorat d’Histoire soutenue par Claudine Cardon-Hamet en 1995 et de deux livres parus en 1997 et 2005.



LEBOUTEILLER, Ferdinand, Jean, Christian


Evadé

Jean Lebouteiller est né le 11 décembre 1911 à Dives-sur-Mer (Calvados). Il habite rue Calmette à Mondeville (Calvados) au moment de son arrestation. 

Il est le fils de Marie, Sidonie Brisset, 35 ans et de Ferdinand Jules, Joseph Lebouteiller, 38 ans, ouvrier d'usine, son époux. ses parents habitent rue de l'Avenir à Dives.
Il est monteur en fer. 
En 1930, il habite à l'hôtel restaurant Bazin. Sportif, il est membre de l'Union sportive ouvrière divaise. Il fait des courses cyclistes. 
Le 30 avril 1932, il épouse Simone, Julienne Bazin à Dives. 
En 1936, il est au chômage.
Son mariage est rompu par jugement de divorce en juin 1937.
Après l'Occupation allemande, le 1er juillet 1941, son domicile est perquisitionné par des gendarmes de la 3ème légion de gendarmerie du Calvados qui sont à la recherche de tracts communistes. Il fait en effet partie d’une liste de 61 hommes et femmes du Calvados, anciens militants syndicalistes ou communistes visés par une opération de « répression de la propagande communiste ». 16 d’entre eux sont arrêtés. La même opération a visé 57 femmes et hommes de nationalité Russe. « Résultat néant ». Il s’agit manifestement d’une vaste opération déclenchée dans le cadre «d’Aktion Theoderich» (dès le 22 juin 1941, jour de l’attaque hitlérienne contre l’Union soviétique, sous les Allemands arrêtent plus de mille communistes dans la zone occupée, avec l’aide de la police française). Aucun tract n'est découvert à son domicile. Il n'est pas arrêté.
Mais Jean Lebouteiller est arrêté le 1er mai 1942 : Il figure en effet sur la liste de 120 otages « communistes et Juifs » établie par les autorités allemandes. Son arrestation a lieu en représailles au déraillement de deux trains de permissionnaires allemands à Moult-Argences (38 morts et 41 blessés parmi les permissionnaires de la Marine allemande à la suite des sabotages par la Résistance, les 16 et 30 avril 1942, de la voie ferrée Maastricht-Cherbourg où circulaient deux trains militaires allemands. Des dizaines d’arrestations sont effectuées à la demande des occupants. Lire dans le blog Le double déraillement de Moult-Argences et les otages du Calvados (avril-mai 1942).
Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Il est remis aux autorités allemandes à leur demande. Celles-ci l’internent au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122), le 4 mai, en vue de sa déportation comme otage.
Jean Lebouteiller est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.
Jean Lebouteiller s’évade du train peu avant Metz, avec Félix Bouillon : ils sont repris par les gardes-frontière allemands. Jean Lebouteiller est ramené sur Paris, interné à Romainville puis à Compiègne.
Il est libéré le 11 février 1943.


Sources

  • Listes - incomplètes - du convoi établies par la FNDIRP après la guerre (archives de la F.N.D.I.R.P).
Biographie rédigée en janvier 2001, complétée en 2017, par Claudine Cardon-Hamet (docteur en Histoire, auteur des ouvrages : Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé) et de Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Autrement, Paris 2005) à l’occasion de l’exposition organisée par des enseignants et élèves du collège Paul Verlaine d’Evrecy, le lycée Malherbe de Caen et l’association Mémoire Vive,
Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie.
Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com

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