Ce convoi, dit des "45000", composé d'un millier de communistes et de 50 juifs, faisait partie des mesures de terreur (exécutions et déportations d'otages) ordonnées par Hitler pour tenter de dissuader les résistants communistes de poursuivre leurs actions armées contre des officiers et des soldats allemands. Sur les 1170 déportés immatriculés à Auschwitz le 8 juillet 1942, 119 seulement sont revenus. Le dernier rescapé est décédé le 30 mai 2018.

L’histoire de ce convoi singulier dont les premières recherches furent initiées en 1970 par Roger Arnould, déporté à Buchenwald et auteur de plusieurs ouvrages édités par la FNDIRP, a fait l'objet d'une thèse de doctorat d’Histoire soutenue par Claudine Cardon-Hamet en 1995 et de deux livres parus en 1997 et 2005.



MAHILLON Augustin, Célestin

Augustin Mahillon pendant son service militaire

Augustin Mahillon est né le 9 décembre 1902 à Audun-le-Tiche (Moselle). Il habite Bréhain-la-Ville (Meurthe et Moselle) au moment de son arrestation.
Au 13e Régiment de dragons
Conscrit de la classe 1922, il fait son service militaire dans la cavalerie au 13e Régiment de dragons.Augustin Mahillon a épousé Gilberte, née en 1909 à Thil. Le couple aura quatre enfants (dont Christian, né en 1928 à Audun-le-Tiche, Marceau né en 1932, Claude né le 4 août 1940). La famille habite à Audun-le-Tiche jusqu’en 1932. En 1936, ils ont déménagé à Brehain-la-ville.
Le Républicain Lorrain 9/05/1938
Augustin Mahillon est féru d’automobile. Il adhère à l’Automobile club Lorrain en avril 1938. 
Il exerce la profession d’électricien dans l'usine SAV de cette ville.
On ignore ses activités politiques ou syndicales antérieures à 1939, mais on sait qu'il appartint au Front National de Libération de la France (15 mars 1941), et qu'il "fut dénoncé pour cette raison" (selon M. Pilarczyk).
Augustin Mahillon est arrêté le 10 août 1941 à Bréhain par des gendarmes français de Villerupt. Il est remis aux autorités allemandes à leur demande. Celles-ci l’internent au camp de Royallieu à Compiègne, sous le matricule N° 1530, dans le bâtiment A 4.
Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Depuis ce camp, il va être déporté à destination d’Auschwitz. 
Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à sa déportation, voir les deux articles du blog : La politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942) et «une déportation d’otages».
Augustin Mahillon est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941. Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6-8 juillet 1942.
Son numéro d’immatriculation à Auschwitz n’est pas connu.
Après l’enregistrement, il passe la nuit au Block 13 (les 1170 déportés du convoi y sont entassés dans deux pièces). Le 9 juillet tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau, situé à 4 km du camp principal. Le 13 juillet il est interrogé sur sa profession. Les spécialistes dont les SS ont besoin pour leurs ateliers sont sélectionnés et vont retourner à Auschwitz I (approximativement la moitié du convoi. Les autres, restent à Birkenau, employés au terrassement et à la construction des Blocks.
Aucun document des archives SS préservées de la destruction ne permet de connaître la date de son décès à Auschwitz. Les services du Ministère des Anciens Combattants ont néanmoins porté la date fictive du 15 septembre 1942, afin que les familles puissent ainsi avoir des pièces administratives.
Une plaque commémorative porte son nom au Four crématoire de Thill, monument du souvenir.
Augustin Mahihon a été homologué "Déporté politique".

Sources

  • Questionnaire rempli par son fils Claude, le 3 juillet 1989.
  • Archives de Behain-la-Ville (1989).
  • ACVG juillet 1992.
  • Témoignage de M. Pilarczyk, président de la section FNDIRP de Villerupt, juin 1989.
  • Photographie communiquée en août 2010 par sa petite fille, Claudine Réaux, née Mahillon.
  • Archives de Meurthe et Moselle, recensement de 1936.
Notice biographique  rédigée en 1997 (modifiée en  2001, 2016 et 2018),  pour la conférence organisée par la CGT et le PCF de la vallée de l’Orne, à Homécourt le 5 juillet 1997 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteure des ouvrages  "Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942" Editions Autrement, 2005 Paris et de «Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000. Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com



Affiche de la conférence du 5 juillet 1997
salle Pablo Picasso à Homécourt

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