Ce convoi, dit des "45000", composé d'un millier de communistes et de 50 juifs, faisait partie des mesures de terreur (exécutions et déportations d'otages) ordonnées par Hitler pour tenter de dissuader les résistants communistes de poursuivre leurs actions armées contre des officiers et des soldats allemands. Sur les 1170 déportés immatriculés à Auschwitz le 8 juillet 1942, 119 seulement sont revenus. Le dernier rescapé est décédé le 30 mai 2018.

L’histoire de ce convoi singulier dont les premières recherches furent initiées en 1970 par Roger Arnould, déporté à Buchenwald et auteur de plusieurs ouvrages édités par la FNDIRP, a fait l'objet d'une thèse de doctorat d’Histoire soutenue par Claudine Cardon-Hamet en 1995 et de deux livres parus en 1997 et 2005.



KILLIAN Louis

Dessin © Jérôme Beunier
 in “Reims souviens-toi”, p. 35

Matricule "45 705" à Auschwitz

Louis Killian est né le 24 novembre 1920 à Châlons-sur-Marne.
Maçon, il est domicilié 60 rue du Faubourg Saint-Antoine à Sainte Memmie, faubourg de Châlons-sur-Marne, au moment de son arrestation (en novembre 1941). Il a une sœur, madame Suzanne Chadenat, qui âgée de plus de 80 ans en 2002 dit de son frère "c'était un gamin tellement plein de vie, tellement fort" et un frère, Jean. Louis Killian exerce la profession de maçon, il est marié et père de plusieurs enfants.
Dès septembre 1940, le Préfet René Bousquet fait établir par commune, des listes de “communistes notoires” et effectue des enquêtes dans les entreprises. Ainsi, en décembre 1940, 200 militants sont identifiés et photographiés dans une trentaine de communes du département. Lire dans le blog : Le rôle de René Bousquet dans la déportation des "45000" de la Marne.
Louis Killian est arrêté en novembre 1941 à 6 heures du matin, à la suite d'une dénonciation par lettre anonyme alors "qu'il n'exerçait aucune activité susceptible de justifier son arrestation" selon les services municipaux de Châlons, consultés en 1992.
Remis aux autorités allemandes à leur demande, celles-ci l’internent au camp de Royallieu à Compiègne, en avril 1942, en vue de sa déportation comme otage. Depuis le camp de Compiègne, il va être déporté à destination d’Auschwitz. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à sa déportation, voir les deux articles du blog : La politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942)  et «une déportation d’otages».
Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation

Il est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941. Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6-8 juillet 1942.

Le 8 juillet 1942, il est immatriculé sous le numéro matricule "45 705". 
Sa photo d’immatriculation à Auschwitz n’a été pas retrouvée parmi les 522 photos que des membres de la Résistance intérieure du camp avaient camouflées pour les sauver de la destruction, ordonnée par les SS peu de temps avant l’évacuation d’Auschwitz.  
Dessin de Franz Reisz, 1946
Après l’enregistrement, il passe la nuit au Block 13 (les 1170 déportés du convoi y sont entassés dans deux pièces). Le 9 juillet tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau, situé à 4 km du camp principal. Le 13 juillet il est interrogé sur sa profession. Les spécialistes dont les SS ont besoin pour leurs ateliers sont sélectionnés et vont retourner à Auschwitz I (approximativement la moitié du convoi. Les autres, restent à Birkenau, employés au terrassement et à la construction des Blocks.
Louis Killian meurt à Auschwitz le 26 avril 1943 d’après le registre de la morgue relevé par la Résistance du camp. 

La plaque municipale commémorative, installée sur sa maison d'habitation sur laquelle a été construit un cente commercial, serait détenue par un membre de sa famille.

Sources

  • Mairie de Châlons (2 avril 1992) citant l'ouvrage de l'Abbé Gillet "Châlons sous la botte" qui mentionne le nom de Louis Killian.
  • Listes - incomplètes - du convoi établies par la FNDIRP après la guerre (archives de la F.N.D.I.R.P).
  • Bureau de la Division (ou Pôle) des archives des victimes des conflits contemporains (DAVCC), Ministère de la Défense, Caen 
  • Fichier national des déplacés de la Seconde guerre mondiale (archives des ACVG).
  • Liste - incomplète – par matricule du convoi du 6 juillet 1942 établie en 1974 par les historiens du Musée d'Etat d'Auschwitz-Birkenau (Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (Ministère de la Défense, Caen) indiquant généralement la date de décès au camp.
  • © Dessin de Franz Reisz, in « Témoignages sur Auschwitz », ouvrage édité par l’Amicale des déportés d’Auschwitz (1946). 
  • Dessin © Jérôme Beunier, in "Reims souviens-toi". Plaquette réalisée dans le cadre d'un PAE par 27 élèves des classes de troisièmes B et C (année scolaire 1984-1985) du Collège St Rémi de Reims.
Biographie (mise à jour en 2010 et 2018) réalisée à l'occasion de la conférence donnée au CRDP de Reims sous l'égide de l'AFMD de la Marne en décembre 2002, par Claudine Cardon-Hamet en 2002, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 et de Triangles rouges à Auschwitz, le convoi politique du 6 juillet 1942, éditions Autrement, Paris 2005. Prière de mentionner les références (auteur et coordonnées du blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographiePour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Merci pour cette information interessante