L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


BASTIAN, Robert, Fernand


La présence de Robert Bastian dans le convoi du 6 juillet 1942 n’est pas attestée. Néanmoins on sait que ce jeune homme est transféré le 22 mai 1942 du camp de Rouillé au camp allemand de Compiègne au sein d’un groupe d'otages voués à la déportation. A Auschwitz, son nom s'intègre alphabétiquement à l’une des quatre listes reconstituées du convoi, et la photo d’immatriculation qui lui est corrélée est celle d’un très jeune déporté, ce qui correspond à son très jeune âge (il a 20 ans à Compiègne). Son acte de naissance porte la mention "décédé à Compiègne en juillet 1942", comme ce fut le cas pour plusieurs déportés du convoi du 6 juillet 1942, le ministère des anciens combattants n'ayant pas eu d'autres précisions.

Robert Bastian est né le 21 décembre 1921 à Paris 8ème à la maternité de l'hôpital Beaujon, au 208 rue du Faubourg Saint Honoré. Il habite au 17 rue Daniel à Asnières au moment de son arrestation.
Il est le fils de Françoise Boucharel, 22 ans, ménagère et de François Bastian, 34 ans, manœuvre, son époux. Ses parents habitent au 3 rue d'Asnières.
On ignore les causes et la date de son arrestation, mais il est avéré que Robert Bastian a été inculpé d’infraction au décret du 26 septembre 1939 (donc suspecté de "menées communistes") et qu’il est interné administrativement, donc sans jugement, au camp de Rouillé (1) en 1942.
On trouve en effet trace de son internement dans les documents que le CDJC a récupérés à la Libération (XLI 42) : Les archives du camp de Rouillé, à partir de listes nominatives, nous donnent  des dates précises d’arrivée depuis le Dépôt de la Préfecture de Paris jusqu’au 3 janvier 1942. On peut en déduire qu’il est interné à Rouillé à partir de cette date.
Liste de départ de Rouillé  (montage photo).
Début mai 1942, les autorités allemandes adressent au commandant du camp de Rouillé une liste de 187 internés qui doivent être transférés au camp allemand de Compiègne (Frontstallag 122). "Robert Bastien" (n° 16 de la liste) y figure avec ses prénoms et adresse exacts. 
Le 22 mai 1942 c’est  donc au sein d’un groupe de 168 internés qu’il est transféré au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122). La plupart d’entre eux seront déportés à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942. 
Dans l’état actuel des recherches, on ne peut pas affirmer que Robert Bastien ait été déporté dans ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les Judéo-bolcheviks responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941. Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6, 7, 8 juillet 1942.
Toutefois, à partir de mon travail de reconstitution des listes du convoi, il est tout à fait plausible que Robert Bastian soit immatriculé à Auschwitz sous le numéro matricule « 45202 », matricule correspondant tout à fait à l’ordre alphabétique d’une des quatre listes. De plus l’extrême jeunesse du visage du déporté portant ce numéro correspond bien à son âge : le 8 juillet 1942, date d’immatriculation et photographie des déportés du convoi, il a 20 ans.
Comme pour de nombreux autres « 45000 », on ignore la date de décès du déporté n° « 45202 ». Il est indiqué sur son acte de naissance comme étant décédé à Compiègne en juillet 1942. Les actes de naissance et de décès de plusieurs autres "45000" ont eu la mention : « mort le 6 juillet 1942  à Compiègne" ou "mort à Compiègne en juillet 1942.
  • Note 1 : Le CIAR, camp d’internement administratif de Rouillé (Vienne) est ouvert le 6 septembre 1941, sous la dénomination de «centre de séjour surveillé», pour recevoir 150 internés politiques venant de la région parisienne, c’est-à-dire membres du Parti Communiste dissous et maintenus au camp d’Aincourt depuis le 5 octobre 1940. D’autres venant de prisons diverses et du camp des Tourelles. In site de l’Amicale de Châteaubriant-Voves-Rouillé.
Sources
  • Camp de Séjour Surveillé de Rouillé : archives départementales de la Vienne.
  • Liste du 22 mai 1942 des détenus transférés du camp de Rouillé vers celui de Compiègne (Centre de Documentation Juive Contemporaine XLI-42).
  • Photo d'immatriculation à Auschwitz : Musée d'état Auschwitz-Birkenau / © collection André Montagne.
  • Etat civil de Paris 8° (août 2015).
Biographie installée en août 2015 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : «Triangles rouges à Auschwitz, le convoi politique du 6 juillet 1942 » Editions Autrement, 2005 Paris et de Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000», éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées du  blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie. Pour la compléter ou la corriger, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie. 

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