L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


SCHALL Henri


Matricule « 46115 » à Auschwitz

Henri Schall est né le 4 mars 1902 à Epernay (Marne). Il est le fils de Marthe, Albertine Drocourt et d’Henri Schall, ajusteur mécanicien, son époux.
Il habite dans les HBM du 34 square des Moulineaux, escalier 63, à Boulogne-Billancourt (Seine / Hauts de Seine) au moment de son arrestation.
Le 1er mai 1922, il est appelé au service militaire (recrutement du bureau de Chalon-sur-Saône, matricule 277). Il est incorporé au 6ème bataillon (ouvriers d’artillerie) et en est réformé le 16 juin 1922.
Le 26 août 1922 Henri Schall épouse à Autrêches (Oise) Marguerite, Lydie Lesueur, manouvrière, née le 26 aout 1922 dans ce village. Le couple aura 3 garçons : Joseph, né le 1er juillet 1921 à Autrêches, Henri, né le 21 septembre 1923 à Oeuilly (Marne) et Albert, né le 26 février 1926 à Vauciennes (Marne).
En 1924, il est embauché comme employé communal au service de l’enlèvement des ordures ménagères (éboueur, plus précisément cantonnier-chargeur titulaire) de Boulogne Billancourt.
Henri Schall milite à la Section du Parti communiste de Boulogne, 39 rue Carnot. Il est adhérent de la CGT, délégué syndical « à son travail » selon son fils Henri.
34/36 Square des Moulineaux à Boulogne
En 1941, il habite au 34 square des Moulineaux avec son épouse, ses fils, sa nièce et son frère Julien (né en 1905) qui est charpentier chez Soulat à Boulogne-Billancourt.
Attestation du PCF de Boulogne en 1946
Pendant l’Occupation, il appartient à un groupe de résistants (attestation de la section du PCF de Boulogne - 3/12/1948).
Extrait de la liste des RG du 26 juin 1941, montage à partir du début de la liste
Henri Schall est arrêté à son domicile à 6 heures du matin le 26 juin 1941, par le commissaire de police de Boulogne, pour "raisons politiques", et "interné administratif pour raisons politiques". 
La liste des Renseignements généraux répertoriant les communistes internés administrativement le 26 juin 1941, mentionne pour Henri Schall : « Meneur particulièrement actif ».
Cette arrestation a lieu dans le cadre de la grande rafle commencée le 22 juin, jour de l’attaque hitlérienne contre l’Union soviétique. Sous le nom «d’Aktion Theoderich», les Allemands arrêtent plus de mille communistes dans la zone occupée, avec l’aide de la police française en application du décret-loi du 18 novembre 1939 : « individus dangereux pour la défense nationale et pour la sécurité publique ». D’abord placés dans des lieux d’incarcération contrôlés par le régime de Vichy (ici l’Hôtel Matignon), ils sont envoyés, à partir du 27 juin 1941, au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), administré par la Wehrmacht et qui ce jour là devient un camp de détention des ennemis actifs du Reich. Royallieu est alors le seul camp en France sous contrôle direct de l’armée allemande. 
Le Frontstalag 122
Deux autres militants communistes de Boulogne sont arrêtés à la même période : Alexis Martin et Fernand La Fenêtre.
A la date du 26 juin 1942, Henri Schall figure sur une liste d'agents communaux "privés de leur emploi pendant l'occupation allemande". Il est indiqué que son épouse reçoit une délégation de traitement.
Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, voir les deux articles du blog : La politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942)  et «une déportation d’otages».
Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Henri Schall est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les Judéo-bolcheviks responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941. Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6, 7, 8 juillet 1942.
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Henri Schall est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro «45420» selon la liste par matricules du convoi établie en 1974 par les historiens polonais du Musée d'Etat d'Auschwitz. Lire dans le blog le récit de leur premier jour à Auschwitz : L'arrivée au camp principal, 8 juillet 1942.
Lors de son immatriculation à Auschwitz il donne comme adresse Berny par Vic-sur-Aisne, qui est sans doute le village de Berny-Rivière à moins de deux kilomètres de Vic-sur-Aisne (entre Compiègne et Soissons) où son épouse et ses fils ont dû se réfugier après son arrestation.
Henri Schall meurt à Auschwitz le 23 septembre 1942 d’après le certificat de décès établi au camp d’Auschwitz (in Death Books from Auschwitz Tome 3 page 1072), et le site internet © Mémorial et Musée d’Etat d’Auschwitz-Birkenau) où il est mentionné avec son adresse, ses dates, lieux de naissance et de décès, et l’indication « Katolisch » (catholique).
Son décès est enregistré à l'infirmerie d'Auschwitz, le 23 septembre 1942 (à 9 h 15, précise l'acte de décès daté du 5 décembre 1946). Voir l’article : Les dates de décès des "45000" à Auschwitz. La mention «Mort en déportation» est apposée sur son acte de décès (arrêté du 1er avril 1998, paru au Journal Officiel du 14 juillet 1998). 
Il a été déclaré « Mort pour la France». Il est homologué "Déporté politique".
En septembre 1946, Marguerite Schall qui habite alors 14 rue St Paul à Paris IVème sollicite du maire de Boulogne l'attribution d'un logement HLM. La réponse d'Alphonse Le Gallo (SFIO) est négative, faute de logements vacants. 

Sources 
  • Lettre du 4 octobre 1988.et documents communiqués par son fils Henri, qui fut lui aussi éboueur à Boulogne-Billancourt (du 20 novembre 1944 au 21 septembre 1972). 
  • Archives communales de Boulogne-Billancourt, recherches de Mme Edith Bauer, archiviste (juillet 1988) : liste des employés communaux privés d'emploi, extraits de naissance, de mariage, de décès.
  • Death Books from Auschwitz (registres des morts d'Auschwitz), Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres (incomplets) des certificats de décès établis au camp d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • © Site Internet Légifrance.gouv.fr
  • © Site Internet www. Mortsdanslescamps.com
  • © Square des Moulineaux, Street-wiew.
  • Montage photo du camp de Compiègne à partir des documents du Mémorial  © Pierre Cardon
  • © Dessin de Franz Reisz, in « Témoignages sur Auschwitz », ouvrage édité par l’Amicale des déportés d’Auschwitz (1946)
  • © Photo du wagon utilisé pour le transport des déportés, © Mémorial de Langeais.
  • Archives de la Préfecture de police de Paris. Renseignements généraux, Liste des militants communistes internés le 26 juin 1941.
Biographie mise à jour en 2016, installée en octobre 2014 à partir de la notice rédigée en 2002 pour l’exposition de Paris de l’association « Mémoire vive », par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : «Triangles rouges à Auschwitz, le convoi politique du 6 juillet 1942 » Editions Autrement, 2005 Paris et de Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000», éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie. Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel deportes.politiques.auschwitz@gmail.com Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie. 

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