L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


BENOIT Alphonse


Matricule « 45225 » à Auschwitz

Alphonse Benoit habite au 20 avenue Fournier à Gagny (Seine-et-Oise / Seine-Saint-Denis) au moment de son arrestation.
Il est né le 30 novembre 1888 à Tourcoing (Nord). Il est le fils de Célina Acker, 26 ans, sans profession, native de Wattrelos, et d’Henri Benoit, 27 ans, fileur, natif de Tourcoing, son époux. Il a un frère, Jules.
Domicilié au 106 rue Alphonse Tertelin à Tourcoing, Alphonse Benoit travaille comme ouvrier rattacheur (1) au moment de son appel sous les drapeaux, le 8 octobre 1909.
On sait par sa fiche matricule militaire qu’il mesure 1m 67, qu’il a les yeux marrons, le nez moyen, la bouche ronde, les cheveux châtain foncé. Il a un niveau d’instruction de niveau 3 (sait lire, écrire, compter). Il est affecté au 43ème Régiment d’Infanterie au  9ème bataillon de Chasseurs à pied. Il est démobilisé comme soldat de deuxième classe le 24 septembre 1911.
Il est « rappelé à l’activité » le 1er avril 1914, à la mobilisation générale. Affecté à nouveau au 43ème RI, 9ème bataillon de chasseurs à pied. Il arrive au corps à Lille le 3 août 1914. Il fait la compagne de France en service armé (campagne double) du 3 août 1914 au 12 novembre 1918, et en campagne simple du 12 novembre 1918 au 27 janvier 1919.
Il est nommé 1ère classe le 30 janvier 1915. Alphonse Benoit est agent de liaison. Un jour, il escorte « seul, Monsieur Clémenceau, de Verdun au Fort de Douaumont ».  Sa conduite courageuse au feu est plusieurs fois citée. A l’ordre du jour du Bataillon, le 15 juin 1915 : « d’une conscience et d’un courage éprouvés, s’est dépensé sans compter dans l’exécution de ses missions, malgré les bombardements et sous le feu des mitrailleuses ». A l’ordre du jour de la Brigade le 30 novembre 1916 : « a donné à ses camarades l’exemple de la bravoure et du courage en assurant des liaisons particulièrement dangereuses. Il s’est offert pour aller à la recherche d’un sous- officier blessé, étranger au corps, dans un terrain extrêmement difficile et sous un bombardement des plus violent ». A l’ordre du jour de la Division n° 157 du 3 juin 1917 : « Chasseur merveilleux de courage et d’énergie. A fait du 8 au 17 mai les liaisons les plus dangereuses. Le 16 mai en particulier s’est porté en avant des premières lignes et en a rapporté des renseignements très précieux ». A l’ordre du jour du 10° groupe n° 26, du 6 avril 1918 : «Agent de liaison des plus braves, modèle de courage et de dévouement ; a toujours brillamment rempli les missions les plus périlleuses »… A l’ordre du jour de la Division le 25 août 1918 : « D’un courage à toute épreuve, a assuré à plusieurs reprises au cours de l’attaque, la liaison avec un corps voisin en franchissant une passerelle constamment battue par l’artillerie et un feu nourri de mitrailleuse ».
Alphonse Benoit sera titulaire de la Croix de guerre et de la médaille militaire. Il est démobilisé le 27 janvier 1919.
Le 28 janvier 1919, il obtient un emploi de garçon de bureau à la Société des Chemins de fer du Nord, à La Chapelle.
Il épouse Marie Acker le 11 septembre 1919 à Gagny. Le couple aura deux filles, Henriette qui nait le 13 septembre 1927 et Colette, le 6 mars 1934.
Le 27 juillet 1927, il passe d’office dans la Réserve militaire à la subdivision du bureau central de la Seine.

Premier adjoint au Maire
Alphonse Benoit devient agent technique SNCF sur le réseau Nord, à Paris Gare du Nord. Il est membre du Parti communiste.
« Il était en 1923 secrétaire du sous-rayon communiste de Gagny et fut candidat aux élections municipales de 1925 et 1929 à Gagny. Il obtint chaque fois 25 % des suffrages exprimés. En 1935, il fut élu premier adjoint du maire communiste Émile Cossonneau, la liste communiste l’ayant emporté au deuxième tour après fusion avec celle des socialistes et radicaux » (Le Maitron).
Militant communiste il est élu premier adjoint au Maire de Gagny le 17 mai 1935 sur la liste d’Emile Cossonneau (2). Il habite alors un petit pavillon au 18 bis avenue Fournier (mitoyen du n° 20).
Alphonse Benoit a demandé et obtenu un congé de mise en disponibilité à la SNCF pour exercer pleinement son mandat après l’élection du maire Emile Cossonneau au Conseil général puis à la députation. « Mon père a en fait exercé les fonctions de Maire aux lieux et place de M. Emile Cossonneau, élu député (2) » (témoignage de sa fille Henriette).
Lorsque le 5 octobre 1939 le Conseil municipal de Gagny est dissous en application d’un arrêté du ministre de l’Intérieur qui vise tous les conseils municipaux communistes de la Seine et de la Seine-et-Oise, Alphonse Benoit doit alors solliciter sa réintégration dans son emploi à la SNCF. Celle-ci lui est accordée… Mais comme simple agent d’entretien des voies, alors qu’il avait un emploi qualifié et qu’il est âgé de 51 ans.
L’Assemblée nationale vote la déchéance des élus communistes le 21 janvier 1940 et il est donc déchu de son mandat électoral dans les jours qui suivent.
« Il se montra au début de l’Occupation le militant le plus actif et populaire de Gagny » (Le Maitron).
Alphonse Benoît reste sur son lieu de travail jusqu’à l’arrivée des Allemands, le 14 juin, à la demande de son chef de service, afin d’assurer la surveillance des ateliers et magasins des services électriques du dépôt de Saint-Ouen les Docks.
Le 13 juin 1940, la « Délégation spéciale » - désignée par le conseil de préfecture en remplacement du Conseil Municipal élu - « s'évacue » à l'arrivée des Allemands « laissant dans les caisses de la ville une somme dérisoire de 6 francs, et abandonne la population restée sur place - en majorité des gens âgés » (témoignage de sa fille Henriette). Dans cette période et compte tenu de la proximité du réseau ferré, on craint les bombardements : Alphonse Benoît prend contact avec M. Mussat, propriétaire des Plâtrières de Gagny, et appelle les Gabiniens à se réfugier dans ses carrières. Le conseil de préfecture nomme un administrateur, M. Ernest Dole.

Un « Comité de Salut public » est constitué : il faut assurer l'approvisionnement de la population) « et l’on vint chercher mon père pour en faire partie, étant donné sa grande popularité et son excellente réputation auprès de tous. Mon père refusa d'exercer des fonctions dans ce Comité, il accepta seulement d'aider à assurer le ravitaillement en regroupant tous les jeunes pour récolter les pommes de terre, en assurant la distribution gratuite de tout ce qui put être récupéré dans les champs abandonnés, aida l'unique boulanger resté sur place à se procurer de quoi faire son pain. ll fut fortement assisté par un industriel, propriétaire des Plâtrières de Gagny, M. Mussat, lequel ne partageait évidemment pas les opinions de mon père, mais avait pour lui la plus grande estime en raison de son dévouement pour les autres. J'ajouterai qu'il nous a témoigné cette estime après l'arrestation de mon père et nous a aidées, ma mère, ma sœur et moi, à subsister alors que nous étions sans ressources, la SNCF ayant cessé de verser le salaire de mon père, et ma mère n'exerçant aucune activité professionnelle.
Le Président de ce Comité de Salut Public fut nommé parmi l'assistance présente.
Or, il s'agissait en fait d'un collaborateur décidé à s'infiltrer pour assurer ensuite des fonctions à la tête de la commune. ll a réussi à devenir Maire, mais a dû rendre des comptes à la Libération sur sa collaboration. Seul son mauvais état de santé - il était atteint d'un grave cancer - l'a empêché de purger la peine qu'il avait vraiment méritée. Peu de temps après son entrée en fonction, ce sinistre individu fournissait aux Allemands une liste de 90 otages que ceux-ci exigeaient, en octobre l940, parce que des fils téléphoniques avaient été coupés et d'autres sabotages effectués sur le territoire de la commune. ll va sans dire que mon père y figurait en bonne place, ainsi d'ailleurs que nombre de ses amis politiques » (témoignage d’Henriette George).
Parmi cette liste de 90 otages figurent outre Alphonse Benoit, Emile Fontaine, 4ème adjoint (interné à Pithiviers, il sera maire de Gagny à la Libération), M et Mme Fustec, internés à Pithiviers. Leur fils André est déporté à 19 ans en 1943 et meurt à Sachsenhausen. Sur cette liste, mais arrêtés plus tard, figurent aussi les noms d’Henri Maillard (fusillé le 10 août 1942) et de sa femme Suzanne Maillard (déportée à Auschwitz par le convoi du 24 janvier 1943 dit des « 31.000 »).
Le 25 octobre 1940 Alphonse Benoit est arrêté en gare de Gagny à sa descente du train, à son retour du travail par le commissaire « Mo… » et l'inspecteur « Ma… ». « Ils sont allés le « cueillir » à la gare comme s’il s’agissait d’un repris de justice, alors qu’ils le connaissaient très bien l’un et l’autre » (Henriette Georges).
Le 26 octobre, le Préfet de police de Seine-et-Oise, Marc Chevalier, signe un arrêté l’astreignant à un internement administratif (3). Le jour-même, il est conduit avec 37 autres militants communistes au « Centre de séjour surveillé » (CSS) d’Aincourt (Val-d’Oise), créé le 5 octobre 1940 par le gouvernement de Vichy pour y enfermer les communistes, dans les bâtiments réquisitionnés d’un sanatorium isolé en forêt. Lire dans le blog Le camp d’Aincourt. 
Alphonse Benoit est affecté à la chambrée 4 puis 33 et travaille aux cuisines du camp.

Le camp d'Aincourt à l'hiver 1940
Le 5 décembre, il écrit au préfet de Seine-et-Oise, rappelant son implication pour aider la population Gabinienne lors de la débâcle « Je suis donc très étonné, Monsieur le Préfet, d’être considéré comme un individu dangereux ». « Je me permets […] non de solliciter une faveur, mais de vous demander de vouloir revenir sur une décision que je crois injuste ».
Le 4 janvier 1941, le commissaire Andrey, directeur du camp d’Aincourt dont le zèle anticommuniste a été mesuré par les internés et relevé par tous les chercheurs, interrogé par les services de la Préfecture de Seine-et-Oise à propos de cette demande, émet un avis défavorable à sa libération : « a toujours eu une attitude très correcte » mais « a conservé intactes ses opinions communistes et son internement n’a modifié en rien ses convictions ».
« Mo... », le commissaire de police de Gagny également questionné par la préfecture, répond au Préfet de Seine-et-Oise que « depuis son internement et les arrestations que nous avons opérées en flagrant délit, la propagande de l’ex-parti communiste s’est pratiquement arrêtée à Gagny ». Le commissaire « Mo... » ajoute : « Au point de vue conduite, moralité, honorabilité et vie privée, Benoit est irréprochable. Néanmoins, en raison de son passé politique et l’influence de sa personnalité au point de vue local, nous estimons qu’il serait inopportun d’accueillir favorablement sa demande de libération ». En marge de la lettre dactylographiée on lit, écrit au crayon rouge : « Type du communiste intelligent, convaincu et influent. Dangereux. Refuser libération. En aviser le demandeur. 6-1-41 ».
Le 19 mai, le préfet Marc Chevallier demande à « Mo… » de notifier à l’épouse d’Alphonse Benoit qu’après révision de son dossier, il a « décidé le maintien au centre de cet individu ».
« Durant son internement, il manifesta sa fidélité au PCF lors d’incidents avec ceux qui avaient rompu et fut remis aux occupants » (Le Maitron fait ici référence aux incidents qui opposent - les 5 et 6 avril 1941 - après le démantèlement de 3 directions clandestines du camp, les partisans de Gitton (4) aux militants restés fidèles au Parti clandestin).

Le 27 juin 1941 Alphonse Benoit est transféré - avec 87 autres internés d’Aincourt - au camp de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122), via l’hôtel Matignon. Ils ont tous été désignés par le directeur du camp, avec l'aval du préfet de Seine-et-Oise. Le même jour, plus de mille communistes arrêtés dans la zone occupée par les Allemands avec l’aide de la police française, y sont également internés, dans le cadre de l’opération « Aktion Theoderich » qui fait suite à l’attaque hitlérienne contre l’Union soviétique. Le camp, administré par la Wehrmacht, devient ce jour-là un camp de détention des « ennemis actifs du Reich ».
A Compiègne Alphonse Benoit participe aux actions collectives organisées par la Résistance du camp pour maintenir le moral des internés et venir en aide aux plus démunis. Sur la vie au camp de Royallieu lire dans ce blog La solidarité au camp allemand de Compiègne. Le "Comité" du camp des politiques à Compiègne et 22 juin 1942 : évasion de 19 internés
Depuis ce camp, il va être déporté à destination d’Auschwitz. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, voir les deux articles du blog : La politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942)  et «une déportation d’otages».

Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Alphonse Benoit est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les Judéo-bolcheviks responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941. Lire dans le blog le récit des deux Alphonse Benoit est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro «45255» selon la liste par matricules du convoi établie en 1974 par les historiens polonais du Musée d'Etat d'Auschwitz. Lire dans le blog le récit de leur premier jour à Auschwitz : L'arrivée au camp principal, 8 juillet 1942. et 8 juillet 1942 : Tonte, désinfection, paquetage, "visite médicale"

Le 8 juillet 1942
Sa photo d’immatriculation à Auschwitz a été retrouvée (5) parmi celles que des membres de la Résistance intérieure du camp avaient camouflées pour les sauver de la destruction, ordonnée par les SS peu de temps avant l’évacuation d’Auschwitz. 
Après l’enregistrement, il passe la nuit au Block 13 (les 1170 déportés du convoi y sont entassés dans deux pièces). Le 9 juillet tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau, situé à 4 km du camp principal. Le 13 juillet il est interrogé sur sa profession. Les spécialistes dont les SS ont besoin pour leurs ateliers sont sélectionnés et vont retourner à Auschwitz I (approximativement la moitié du convoi. Les autres, restent à Birkenau, employés au terrassement et à la construction des Blocks.
Alphonse Benoit est de ceux qui restent à Birkenau. Robert Gaillard, Georges Dudal et Jean Pollo, rescapés du convoi, ont témoigné de l’esprit de sacrifice du « Père Benoit » : Pour Jean Pollo « c’était un homme admirable : Il donnait aux jeunes les gamelles de soupe que lui accordait parfois un kapo polonais qui l'admirait : « Vous les jeunes vous allez vivre pour construire le communisme » disait-il.
Pour Jojo Dudal « c’était un type formidable. Il discutait politique avec un Kapo polonais qui lui donnait une gamelle de soupe. Aussitôt il la distribuait aux jeunes ».
Robert Gaillard raconte « Il y avait à Birkenau un Kapo nommé Tambek, nationaliste polonais qui portait toutes sortes de médailles religieuses. On était fin juillet. Il était torse nu, bien grassouillet. Il savait par l’interprète que nous étions des communistes français. Après manger, il disait : « je veux parler à monsieur Benoit ». « Je vous respecte en tant qu’ancien combattant de la guerre 14/18, mais en tant que communiste je vous tuerais - j’ai envie de vous tuer - je veux que vous me disiez pourquoi vous êtes communiste ». On s’asseyait sur les montants du Block. Le Kapo posait ses questions par l’intermédiaire de l’interprète. « Monsieur Benoit, ce n’est pas pour que vous viviez… mais c’est pour que vous me racontiez votre vie de communiste. Je vais vous donner une gamelle de soupe ». Mais le père Benoit la distribuait aux jeunes en disant : « cette soupe je ne la mange pas. Je mourrais ici. Mais les jeunes vivront pour que le communisme vive ». Un type formidable ! ».
Le 2 novembre 1942, on lit son nom parmi ceux des déportés ayant reçu des médicaments au Revier (« infirmerie ») de Birkenau (relevé de Mme Hiéblot, BAVCC).

Dessin de Franz Reisz, 1946
Alphonse Benoit meurt au Revier de Birkenau le 5 novembre 1942 d’après la liste (incomplète) par matricule du convoi établie en 1974 par les historiens du Musée d'Etat d'Auschwitz-Birkenau qui indique sa date de décès au camp. Cette date figure également sur son acte de décès. Un arrêté ministériel du 2 octobre 2007 paru au Journal Officiel du 10 octobre 2007 porte apposition de la mention «Mort en déportation» sur ses actes et jugements déclaratifs et reprend la date portée sur son acte de naissance.
Le Comité local de libération le nomme Maire le 5 septembre 1944 espérant son retour de déportation (et non «nommé par Vichy» comme il est très malencontreusement écrit en face de son nom sur le site Gagny.fr. : il suffisait pourtant de regarder la date de cette nomination correctement publiée ! Gagny est déjà libérée).

Rue Alphonse Benoit
« En 1944, sa femme était membre du comité local de Libération de Gagny et fut élue conseillère municipale en 1945 sur la liste communiste » (Le Maitron). C’est son frère Jules qui a entrepris les démarches qui ont abouties à l’inscription de son décès à l’état civil de Tourcoing et à la délivrance d’un certificat d’appartenance à la Résistance Intérieure française au titre du Front nationale depuis le 25 juillet 1940.

Allée Alphonse Benoit
Alphonse Benoit est déclaré "Mort pour la France" et homologué « Déporté politique ». Il a reçu la Légion d'Honneur à titre posthume. 
Une rue de Gagny porta son nom en 1946. Elle a été débaptisée depuis et une autre voie, une petite allée, porte désormais son nom.
Le nom d’Alphonse Benoit est honoré sur la Stèle commémorative S.N.C.F. 1939-1945 en gare voyageurs du Bourget, sur le monument aux morts dans le cimetière communal, sur la stèle commémorative dans l’Eglise St Germain à Gagny.
  • Note 1 : Le rattacheur est un ouvrier de filature qui rattache les bouts d'un fil rompu. Souvent très jeune, il travaille en compagnie du fileur (le métier de son père).
  • Note 2 : Né le 22 octobre 1893 à Paris (15ème), Emile Cossonneau est maire de Gagny (1935-1940) ; conseiller général du canton du Raincy (1935-1940) ; élu député de la 3ème circonscription de Pontoise le 3 mai 1936 (Le Maitron). Il est arrêté, condamné et transféré en Afrique du Nord. Libéré le 5 février 1943 par les Alliés, il regagne Londres avec Ambroise Croizat. Selon Jacques Duclos, il devait être parachuté en France pour y préparer le retour de plusieurs dirigeants communistes. Son avion est abattu dans la nuit du 10 au 11 décembre 1943 au-dessus de Neufchâtel-en-Bray.
  • Note 3 : L’internement administratif a été institutionnalisé par le décret du 18 novembre 1939, qui donne aux préfets le pouvoir de décider l’éloignement et, en cas de nécessité, l’assignation à résidence dans un centre de séjour surveillé, « des individus dangereux pour la défense nationale ou la sécurité publique ». Il est aggravé par le gouvernement de Vichy fin 1940. La loi du 3 septembre 1940 proroge le décret du 18 novembre 1939 et prévoit l'internement administratif de "tous individus dangereux pour la défense nationale ou la sécurité publique". Les premiers visés sont les communistes.
  • Note 4 : Gitton secrétaire à l’organisation rompt avec le Parti communiste à la signature du Pacte germano soviétique. Il crée le POPF, proche de la «Révolution nationale». «Il voulait rassembler les dissidents communistes autour de lui et se fixa comme une priorité absolue la libération d'un maximum d'internés après, s'entend, les avoir récupérés. (…) Quant au directeur du camp d'Aincourt il comprit le parti qu'il pouvait en tirer. En février 1941 il recevait dans son bureau les amis (internés) de «Gitton, Clamamus, Doriot» et entretint des contacts réguliers avec Gitton et Capron. Avant juin 1941, il fut relayé par la presse parisienne visant la clientèle anciennement communiste, ainsi de La France au travail et du Cri du peuple qui lancèrent une campagne pour la libération des internés. Le POPF suscita ainsi, avec le soutien du chef de camp, une véritable dissidence parmi les internés d'Aincourt. Effectivement, les tensions furent très importantes au sein du camp et les nombreux indicateurs permirent de démanteler trois directions communistes clandestines (…) Le résultat était là : selon un rapport en forme de bilan, le chef d'Aincourt estimait, en février 1942, à quelque 150 le nombre de membres du POPF, soit 13 % des internés passés par le camp. En outre, la moitié des signataires de la première «Lettre ouverte aux ouvriers communistes» du POPF et le cinquième de la seconde étaient des anciens du camp. On mesure l'ampleur de la fracture, même si les déclarations de reniement méritent d'être nuancées à l'aune du marché implicite. En fait, la libération obtenue au prix d'un reniement officiel et du soutien des gittonistes ne déboucha que pour une petite minorité sur un engagement au sein du POPF". (Denis Peschanski, in La France des camps, p. 515 à 517).
  • Note 5 : 522 photos d’immatriculation des « 45000 » à Auschwitz ont été retrouvées. A la Libération elles ont été conservées dans les archives du musée d’Auschwitz. Des tirages de ces photos ont été remis à André Montagne, vice-président de l'Amicale d'Auschwitz, qui me les a confiés. 
Sources
  • Questionnaire biographique (contribution à l’histoire de la déportation du convoi du 6 juillet 1942), envoyé aux mairies, associations et familles au début de mes recherches, en 1987, rempli par sa fille, Mme Henriette George, qui m’a fourni le 2/11/1987 de nombreux documents et témoignages (Certificat d'appartenance à la R.I.F., Carte d'identité  d'élu etc... Elle s’est rendue deux fois en pèlerinage à Auschwitz.
  • Témoignages de Georges Dudal, Robert Gaillard, Jean Pollo : cassettes audio enregistrées par mes soins à Auschwitz.
  • Le Maitron, Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, Claude Pennetier (dir), éditions de l’Atelier, CD-Rom édition 1997. Edition informatique 2013, notice Nadia Tenine-Michel.
  • Archives en ligne de Tourcoing (état civil et matricule militaire).
  • Mémoire de maîtrise d’Histoire sur Aincourt d’Emilie Bouin, juin 2003. Premier camp d'internement des communistes en zone occupée. dir. C. Laporte. Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines / UFR des Sciences sociales et des Humanités.
  • Liste des 88 internés d’Aincourt (tous de l’ancien département de Seine-et-Oise) remis le 27 juin 1941 à la disposition des autorités d’occupation
  • Archives du CSS d'Aincourt aux Archives départementales des Yvelines, cotes 2 M 30/52, 30/63, 4 M 2/68, 1 W 71, 90, 221, 372 et 10061.
  • Fichier national du Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BAVCC), Ministère de la Défense, Caen. Fiche individuelle consultée en octobre 1993.
  • Liste (incomplète) par matricule du convoi du 6 juillet 1942 établie en 1974 par les historiens du Musée d'Etat d'Auschwitz-Birkenau (Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (Ministère de la Défense, Caen) indiquant généralement la date de décès au camp.
  • Liste des déportés ayant reçu des médicaments à l’Infirmerie de Birkenau entre le 1er novembre 1942 et le 28 mars 1943 (relevé de Mme Hieblot, BAVCC).
  • Krankenbau Birkenau Medikamenten Verbrauch Vom 1.11.1942 bis 15.7.1943 Livre des déportés ayant reçu des médicaments à l'infirmerie de Birkenau, kommando d'Auschwitz (n° d'ordre, date, matricule, chambre, nom, nature du médicament) du 1.11.1942 au 15.07.1943. Relévé André Montagne
  • © Site Internet MemorialGenWeb.
  • Musée de la Résistance nationale (MRN) à Champigny-sur-Marne, carton “Association nationale des familles de fusillés et massacrés”.
  • Archives de la Préfecture de police de Paris, Cartons occupation allemande, BA 2374. 
  • Photo d'immatriculation à Auschwitz : Musée d'état Auschwitz-Birkenau / © collection André Montagne .
  • © Dessin de Franz Reisz, in « Témoignages sur Auschwitz », ouvrage édité par l’Amicale des déportés d’Auschwitz (1946).
Biographie mise à jour en mars 2014 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : «Triangles rouges à Auschwitz, le convoi politique du 6 juillet 1942 » Editions Autrement, 2005 Paris et de Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000», éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées du  blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie. Pour la compléter ou la corriger, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie. 

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