L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


PENVERNE Maurice, Denis


Matricule « 45963 » à Auschwitz

Maurice Penverne est né le 24 mars 1920 à Paris 6ème (@ Légifrance) ou 12ème (source BAVCC).
Il habite à St Ouen, puis au 20 rue de Lourmel à Paris (15ème) au moment de son arrestation.
Il est tourneur.
Le 23 mars 1941 il est arrêté en possession d’un tract communiste par la police française. Il est possible qu’il s’agisse là des suites du procès des jeunes communistes des 14ème et 15ème arrondissements (lire dans le blog  Le procès de 9 "JC" des 14 et 15ème arrondissements de Paris). En effet, dans la mesure où les inscriptions sur les murs et le collage de papillons continuent dans l’arrondissement, il est vraisemblable que la police ait poursuivi la surveillance des jeunes ayant côtoyé ou appartenu à la Jeunesse communiste. On ignore quelles suites sont données à son arrestation. Mais, condamné à une peine de prison ou relaxé en raison de la faiblesse des charges, il a été relâché puisqu’il est arrêté une seconde fois.
Maurice Penverne est arrêté à nouveau le 28 avril 1942 à Paris par la Police française.
Ce jour-là une rafle est effectuée par l’occupant dans tout le département de la Seine. Lire dans le blog La politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942). Suivant cette politique des otages, les autorités d’occupation ordonnent l’exécution d’otages déjà internés et arrêtent 387 militants, dont la plupart avaient déjà été arrêtés une première fois par la police française pour « activité communiste » depuis l’armistice et libérés à l’expiration de leur peine. Il s’agit de représailles ordonnées à la suite d’une série d’attentats à Paris (le 20 avril un soldat de première classe est abattu au métro Molitor, deux soldats dans un autobus parisien, le 22 avril un militaire est blessé à Malakoff).
Maurice Penverne est ensuite remis aux autorités allemandes à leur demande. Celles-ci l’internent au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122).
Depuis ce camp, il va être déporté à destination d’Auschwitz. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, voir les deux articles du blog : La politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942)  et «une déportation d’otages».

Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Maurice Penverne est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les Judéo-bolcheviks responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941. Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6, 7, 8 juillet 1942.
Maurice Penverne est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro «45963» selon la liste par matricules (1) du convoi établie en 1974 par les historiens polonais du Musée d'Etat d'Auschwitz. Lire dans le blog le récit de leur premier jour à Auschwitz : L'arrivée au camp principal, 8 juillet 1942. et 8 juillet 1942 : Tonte, désinfection, paquetage, "visite médicale"

Dessin de Franz Reisz, 1946
Après l’enregistrement, il passe la nuit au Block 13 (les 1170 déportés du convoi y sont entassés dans deux pièces). Le 9 juillet tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau, situé à 4 km du camp principal. Le 13 juillet il est interrogé sur sa profession. Les spécialistes dont les SS ont besoin pour leurs ateliers sont sélectionnés et vont retourner à Auschwitz I (approximativement la moitié du convoi. Les autres, restent à Birkenau, employés au terrassement et à la construction des Blocks. Tourneur sur métaux, Maurice Penverne est ramené au camp principal, affecté au Block 6.
Du 28 août 1942, puis du 16 au 31 septembre on sait par les relevés des rapports journaliers qu’il est admis au « Revier » du camp (2) au Block 20. Il entre à nouveau au « Revier » d'Auschwitz le 8 décembre 1942, mais on ignore la date exacte de son décès (le site internet © Mémorial et Musée d’Etat d’Auschwitz-Birkenau) confirme seulement son numéro matricule sous le nom de «Penwerne Maurice».
Un arrêté ministériel du 2/12/1996 paru au Journal Officiel du 19/02/1997 porte apposition de la mention «Mort en déportation» sur ses actes et jugements déclaratifs de décès. Cet arrêté corrige le précédent qui indiquait mort le 6 juillet 1942 à Compiègne et précise une date que l’on sait erronée : décédé le 11 juillet 1942 à Auschwitz, soient les 5 jours prévus par les textes en cas d’incertitude quant à la date réelle de décès à Auschwitz.
Maurice Penverne a été déclaré « Mort pour la France » et homologué comme « Déporté politique ».
  • Note 1 : Sa photo d’immatriculation à Auschwitz n’a pas été retrouvée parmi celles que des membres de la Résistance intérieure du camp avaient camouflées pour les sauver de la destruction, ordonnée par les SS peu de temps avant l’évacuation d’Auschwitz. 
  • Note 2 : L'hôpital (le « Revier ») des prisonniers du KZ Auschwitz ne possède aucun équipement et le travail des rares médecins - prisonniers se résume à ce qu'auraient pu faire des infirmiers ou des aides-soignants, matériel et médicaments en moins. Au sein d’un seul bâtiment, les Blocks avaient pour numéros : 19, 20, 21 et 28.
Sources
  • © Site Internet Legifrance.
  • Fichier national du Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BAVCC), Ministère de la Défense, Caen. Fiche individuelle consultée en octobre 1993.
  • Liste (incomplète) par matricule du convoi du 6 juillet 1942 établie en 1974 par les historiens du Musée d'Etat d'Auschwitz-Birkenau (Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (Ministère de la Défense, Caen) indiquant généralement la date de décès au camp.
  • Liste des détenus ayant été soignés à l’infirmerie d’Auschwitz (BAVCC. Ausch 3/T3).
  • Témoignage de Fernand Devaux, rescapé du convoi (décembre 1985).
  • © Dessin de Franz Reisz, in « Témoignages sur Auschwitz », ouvrage édité par l’Amicale des déportés d’Auschwitz (1946).
Biographie mise à jour en janvier 2014 à partir de la notice rédigée en 2002 par Claudine Cardon-Hamet pour l’exposition de Paris de l’association «Mémoire vive». Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : «Triangles rouges à Auschwitz, le convoi politique du 6 juillet 1942 » Editions Autrement, 2005 Paris et de Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000», éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie. Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel deportes.politiques.auschwitz@gmail.com Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie. 

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