L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


OUDOT René


Matricule 45495 à Auschwitz

René Oudot est né le 3 septembre 1920 à Paris 12ème

Rue du Fauconnier
Il habite 9 rue du Fauconnier à Paris 4ème
Il est ouvrier métallurgiste.
René Oudot est arrêté le 20 octobre 1940. 
Il est déféré devant le Procureur de la République, sans doute à la Maison d’arrêt de la Santé. Il est condamné le 7 novembre 1940 par la 12ème chambre correctionnelle de la Seine à 2 mois de prison pour distribution de tracts. René Oudot est incarcéré à la prison du Cherche-Midi. Puis à Villeneuve Saint-Georges (extrait pour son jugement le 7 novembre et retenu à la Maison d’arrêt de Fresnes). Il est libéré le 6 janvier 1941 à l’expiration de sa peine de prison.
Les archives du BAVCC mentionnent qu’il signe un contrat de travailleur volontaire pour l'Allemagne, le 28 février 1941. Pour les usines allemandes, dès fin 1940, d’abord en zone occupée, ensuite avec l’autorisation de Vichy en zone libre, des bureaux de recrutement faisant appel au volontariat recherchent des spécialistes, et alors qu’en France les salaires sont bloqués, offrent des salaires attrayants. On ignore les circonstances qui ont motivé l’engagement de René Oudot, mais on sait que, revenu en France pour une permission, il ne retourne pas en Allemagne.
René Oudot est arrêté de nouveau le 28 avril 1942, à son domicile, comme otage. Ce jour-là en effet une rafle est effectuée par l’Occupant dans tout le département de la Seine. Lire dans le blog La politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942). Suivant cette politique des otages, les autorités d’occupation ordonnent l’exécution d’otages déjà internés et arrêtent 387 militants, dont la plupart avaient déjà été arrêtés une première fois par la police française pour « activité communiste » depuis l’armistice et libérés à l’expiration de leur peine. Il s’agit de représailles ordonnées à la suite d’une série d’attentats à Paris (le 20 avril un soldat de première classe est abattu au métro Molitor, deux soldats dans un autobus parisien, le 22 avril un militaire est blessé à Malakoff). René Oudot est incarcéré à la Santé puis interné à Compiègne.

René Oudot est interné le 28 avril 1942 au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122). Depuis ce camp, il va être déporté à destination d’Auschwitz. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, voir les deux articles du blog : La politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942)  et  et «une déportation d’otages».

Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
René Oudot est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les Judéo-bolcheviks responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941. Lire dans le blog le récit des deux René Oudot est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro «45495» selon la liste par matricules du convoi établie en 1974 par les historiens polonais du Musée d'Etat d'Auschwitz. Lire dans le blog le récit de leur premier jour à Auschwitz : L'arrivée au camp principal, 8 juillet 1942. et 8 juillet 1942 : Tonte, désinfection, paquetage, "visite médicale"

Dessin de Franz Reisz
Sa photo d’immatriculation à Auschwitz n’a pas été retrouvée parmi celles que des membres de la Résistance intérieure du camp avaient camouflées pour les sauver de la destruction, ordonnée par les SS peu de temps avant l’évacuation d’Auschwitz. 
Après l’enregistrement, il passe la nuit au Block 13 (les 1170 déportés du convoi y sont entassés dans deux pièces). Le 9 juillet tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau, situé à 4 km du camp principal. Le 13 juillet il est interrogé sur sa profession. Les spécialistes dont les SS ont besoin pour leurs ateliers sont sélectionnés et vont retourner à Auschwitz I (approximativement la moitié du convoi. Les autres, restent à Birkenau, employés au terrassement et à la construction des Blocks. René Oudot est affecté au Block 4 d’Auschwitz I et à un Kommando des ateliers. Il entre à l’infirmerie le 17 août 1942.
René Oudot meurt à Auschwitz le 26 août 1942 d’après le certificat de décès établi au camp d’Auschwitz (in Death Books from Auschwitz Tome 3 page 894 et le site internet © Mémorial et Musée d’Etat d’Auschwitz-Birkenau) où il est mentionné avec ses dates et lieux de naissance et de décès, et avec l’indication « Katolisch » (catholique). Son nom est mal orthographié dans les listes allemandes et polonaises (Dandot), ce qui explique son numéro matricule, qui correspond aux « D », juste après celui de Georges Dudal. 
Il figure sous le nom de « D'Oudot » dans les Death Books, Registres des morts d'Auschwitz.
A la Libération, ses parents habitent Les Lilas.
Le ministère des ACVG l'a classé parmi les "volontaires du Travail",  ce qui signifie que sa déportation n'a pas été enregistrée probablement en raison des erreurs d'orthographe sur son nom.

Sources
  • Fichier national du Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BAVCC), Ministère de la Défense, Caen. Fiche individuelle consultée en octobre 1993.
  • Death Books from Auschwitz (registres des morts d'Auschwitz), Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres (incomplets) des certificats de décès établis au camp d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet
  • Liste (incomplète) par matricule du convoi du 6 juillet 1942 établie en 1974 par les historiens du Musée d'Etat d'Auschwitz-Birkenau (Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (Ministère de la Défense, Caen) indiquant généralement la date de décès au camp.
  • Décédés du convoi de Compiègne en date du 6/7/1942. Classeur Ausch. 1/19, liste N°3 (Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (Ministère de la Défense, Caen).
  • @ Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, Office for Information about Former Prisoners, registres des Blocks.
  • © Dessin de Franz Reisz, in « Témoignages sur Auschwitz », ouvrage édité par l’Amicale des déportés d’Auschwitz (1946).
Biographie (provisoire) mise à jour en novembre 2013 à partir de la notice rédigée en 2002 par Claudine Cardon-Hamet pour l’exposition de Paris de l’association «Mémoire vive». Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : «Triangles rouges à Auschwitz, le convoi politique du 6 juillet 1942 » Editions Autrement, 2005 Paris et de Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000», éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie. Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel deportes.politiques.auschwitz@gmail.com Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie. 

Aucun commentaire: