L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


22 juin 1942 : 19 internés s’évadent du camp de Compiègne par un souterrain.


Des «45000» ont participent à la préparation de l'évasion (creusement du tunnel, adresses de planques pour les évadés).

Royallieu 2012. Le souterrain 
Les rescapés du convoi du convoi du 6 juillet 1942 se souviennent tous de l’évasion du mardi 22 juin 1942 : 19 militants et responsables communistes du camp de Royallieu à Compiègne s’évadent par un souterrain de quarante mètres.
Les évadés : Georges Cogniot, ex «Lagerältester» (doyen) du camp de Compiègne. Agrégé de lettres, député, représentant du PCF auprès du Komintern, il est rédacteur en chef de l’Humanité de 1937 à 1939 ; André Tollet (tapissier, secrétaire de l’Union régionale parisienne CGT en 1939, il sera président du Comité Parisien de Libération, secrétaire de la CGT) ; Charles Désirat (dessinateur, communiste, dirigeant national du Secours populaire en 1939, il sera secrétaire général du Secours populaire de 1948 à 1950) ; Louis Thorez (peintre en bâtiment, communiste, frère cadet de Maurice Thorez) ; Adrien Bermand (mineur de fer, syndicaliste, membre du bureau régional du Parti communiste de Meurthe-et-Moselle) ; Roger Bonnand ; Jules Crapier (secrétaire général de la fédération CGT des cheminots) ; Robert Gangné (Fort des Halles, « chef des travaux » du camp) ; René Guerre ; 
Après guerre : Henri Kesterman, l'entrée du souterrain,
 avant la destruction  de la baraque 
Henri Kesteman (journaliste à l’Avant-garde, membre de la direction nationale de la JC en 1939, rédacteur en chef de l'Avant-garde en 1945) ; Maurice Lauriguet (de Côte d’Or. Il sera un des responsable des FTPF en 1943) ; Maurice Lecointe (secrétaire de la section du PCF de Sceaux en 1939) ; Henri Le Gall (militant communiste de Gennevilliers, ouvrier à la Compagnie du gaz à Clichy, délégué CGT); Maurice Léonard (ancien conseiller général de La Courneuve) ; Lucien Plu (conseiller municipal d’Ivry) ; René Renard (électricien) ; Rossignol (ancien lieutenant de la 4ème Brigade internationale en Espagne) ; Étienne Sacco (de Clichy,  commissaire politique du bataillon Franco-Belge de la XVème Brigade internationale en Espagne) ; Edmond Savenaud (maçon, communiste à Argenteuil, ancien des Brigades internationales : commissaire de compagnie, et commissaire adjoint de bataillon en Espagne) ; Camille Thouvenin (mineur, secrétaire du syndicat CGT des mineurs de Chaligny (Meurthe-et-Moselle), membre du comité régional du PCF. Arrêté en avril 1940, il s’évade en juin 1940. Repris à Auboué en juillet 1941. Evadé de Compiègne, il sera résistant en Normandie, à Grenoble, puis dans l’Ariège. Il participe en 1944 à l’organisation de l’insurrection dans ce département et devient vice-président du comité départemental de Libération).

Le tunnel

Georges Cogniot en 1942 (Préfecture)
L’évasion s’est effectuée par un tunnel qui a été creusé et étayé par certains des évadés (Adrien Bermand et Camille Thouvenin sont mineurs, Maurice Lecointe, plombier), mais également avec l’aide de plusieurs autres internés cités par Georges Cogniot : René Renard, le plombier Roger Gaborit, le forgeron Leguen, l’électricien Marcel Marty. Certains seront déportés dans le convoi du 6 juillet 1942. D’après les témoignages des rescapés, nous savons qu’il y eut parmi eux Louis Bedet  (ajusteur), Louis Eudier (charpentier de marine), Antoine Corgiatti (boiseur, mineur de fer), Arthur Fleury (terrassier), Roger Levaché (agriculteur), Marcel Marty (électricien), Giobbé Pasini (mineur de fer), Jean Tarnus (mineur de fer), Albert Vallet (peintre).
Le nouveau petit groupe des cuisiniers qui a été désigné par Georges Cogniot (alors lagerältester du camp) va jouer rôle important. Ce sont Louis Eudier, Henri Legall, Louis Morel, Gaston Mallard, Louis Richard et Georges Terrier. Jean Tarnus, qui fait partie du  groupe des cuisiniers, avait organisé sa propre évasion : il y renonce à la demande de Louis Eudier, pour ne pas mettre en péril l’évasion collective.
Reconstitution par Henri Kesterman
Après plusieurs essais infructueux dans différents lieux (sous l’atelier de menuiserie, sous la cantine, sous la baraque A8, seul bâtiment pourvu d’une cave), le choix est fait par la direction clandestine d’utiliser le puits partiellement comblé d’une ancienne carrière de marne, à côté des cuisines, découvert fortuitement par Maurice Léonard et Robert Gangné. Les travaux de sape, une fois l’amorce du tunnel réalisé à partir d’un nouveau puisard, partiront du bâtiment E2, servant aux électriciens.
Les cuisiniers, dont certains sont mineurs ou charpentiers, sont dans le secret du creusement du souterrain : ils doivent pouvoir témoigner qu'ils sont incommodés par les odeurs émanant du puisard des eaux usées (qu’ils ont préalablement bouché), nécessitant le creusement d’un nouveau puisard, qui masquera le creusement du tunnel (voir le récit d’André Poirmeur).
« Nous avions décidé de faire admettre la nécessité d’un puisard pour les eaux sales de la cuisine, à proximité du puits. Robert Gangné, au nom de l’hygiène obtint assez facilement la décision. Bien entendu, à notre demande, les cuisiniers appuyèrent fortement la requête du chef des travaux. Celui-ci prit alors du « personnel » : deux solides mineurs de fer et un plombier parisien, Maurice Lecointe, furent les travailleurs officiels. L’endroit fut judicieusement choisi…» / André Tollet, Le souterrain p. 135. Les deux mineurs de fer désignés pour creuser le nouveau puisard par Robert Gangné, à partir duquel ils vont amorcer le souterrain sont deux des mineurs de fer du groupe des cuisiniers, et sans doute des « 45000 » (ils sont trois mineurs de fer dans ce groupe).

Récit d’André Poirmeur. Ancien résistant de Compiègne. Il a publié une monographie consacrée à l'histoire du camp de Royallieu, publiée en 1968 Compiègne.
« La plus spectaculaire des évasions et la plus réussie se déroula le 22 juin 1942 et fut relatée par Georges Cogniot et Charles Désirat qui y prirent part. Elle avait été menée de façon magistrale dans le plus grand secret, puisque certains bénéficiaires n'en furent avertis qu'au dernier moment.  Les auteurs du projet avaient réussi à mystifier le Feldwebel en lui faisant admettre que le puisard voisin de la cuisine était engorgé (ils l'avaient bouché à la surface) et que l'infection qui s'en dégageait et l'écoulement des eaux sales non seulement incommodaient grandement les cuisiniers, mis dans le secret, mais menaçaient de provoquer des épidémies. Le Feldwebel, persuadé qu'un nouveau puisard était devenu nécessaire par mesure d'hygiène, ordonna à quatre hommes le forage d'urgence. Un puits fut creusé à trois mètres de distance du puisard incriminé, par deux mineurs de Briey et de Neuves-Maisons (Meurthe-et-Moselle), lesquels, secrètement, amorcèrent un tunnel en direction du mur d'enceinte.
Après des semaines de dur labeur, suffoqués par le manque d'air et la chaleur dégagée par les lampes électriques dérobées au matériel, des hommes exténués arrivaient à l'air libre à la sortie d'un souterrain de 48 mètres de long et de 0,60 à 0,70 de section dont une quinzaine de mètres avaient été creusés en même temps que le puisard. Restait à établir la liste des bénéficiaires. Ce fut l'occasion d'une douloureuse délibération. Tout le monde admettait qu'un choix s'imposait, une évasion massive pouvait être fatale».

André Tollet
Récit d'André Tollet. Secrétaire de l’Union régionale parisienne CGT en 1939. L’un des 19 évadés, il sera à la Libération, président du Comité Parisien de Libération.
« Le moment était venu de décider qui sortirait. Cʼétait un choix drastique. Ceux qui sortaient risquaient beaucoup, mais ceux qui resteraient avaient moins de chances de sen tirer. Il fallut faire le choix sans sentiment, pourtant nous en avions beaucoup.
Tous ces camarades, nous les connaissions bien, nous les aimions bien. Chacun était pour nous un ami, un frère. 
Lintérêt du combat devait seul nous guider. Il fallait aussi faire partir ceux que le départ aurait compromis et qui seraient fusillés à coup sûr. Il fallait aussi décider dun chiffre raisonnable au-delà duquel lopération risquerait déchouer pour tous. Il fallait laisser une direction politique au camp après notre départ et laviser quelle aurait aussi à emprunter à son tour le tunnel dès que possible. Nous prenions des dispositions pour réaliser soigneusement un couvercle qui masquerait notre sortie.
Nous nous arrêtâmes sur le chiffre de dix-neuf.
Tous allongés lʼun derrière lautre, cela fait déjà plus de quarante mètres. Cest beaucoup. La mort dans lâme, nous étions bien obligés déliminer. Parmi ceux-là, des gars magnifiques qui étaient passés par les prisons et les camps, par la faim et le froid sans faiblir, nous les avions bien vu sans voile dans les épreuves. Pourvu que notre galerie serve au moins deux fois ! 
Nous poursuivîmes encore notre travail darrache-pied sans prévenir encore les partants qui nétaient pas parmi les mineurs [les détenus chargés de creuser le tunnel]. La fièvre montait avec les perspectives de sortie. Il fallut beaucoup de vigilance et de soutien mutuel pour assurer le respect des règles de sécurité. Dʼ ailleurs nous commencions à nous habituer aux risques et l'habitude est une chose terrible. Il fallait continuer à se faire voir quand nous étions dehors, changer de temps en temps nos services, aller rendre des visites aux baraques, continuer de sintéresser comme tout le monde aux affaires du camp. Ne pas paraître préoccupés ou occupés dautre chose et ne pas sembler fatigués ; pourtant, nous létions. Il fallait redoubler de soins pour ne pas laisser sur nous ou sur nos vêtements la moindre trace de terre. Ce nétait pas toujours facile».

Suite du récit d’André Poirmeur

Le camp de Royallieu ©Jean Pierre Besse
« Leroy nous fit part de ses inquiétudes et de ses craintes quant à l’issue de l'aventure, mais le surlendemain il nous annonçait que les évadés avaient choisi le moment le plus favorable pour s'échapper, et personne ne les attendait plus. En effet le lundi 22 juin 1942, alors que les nazis se remettaient de leurs libations du dimanche, les internés avaient organisé une grande fête au camp : on jouait Clochemerle ce soir-là et dans la journée il y avait eu même une corrida, un jeu d'échec vivant, du sport. Mais le soir, des perturbations malencontreuses dans le courant électrique gênèrent les spectateurs, internés et gardes-chiourmes. Cependant, elles furent mises à profit par dix-neuf hommes qui s'enfuirent, accueillis à leur sortie du souterrain par un immense bouquet de blé vert qui s'agitait en attendant le dernier faucheur. Livrés à la liberté, ils se séparèrent, les uns partant vers Meaux à travers la forêt, huit autres prenant le train à Le Meux à 10 kilomètres de Compiègne, sans plus de façons. Le lendemain, Jaeger déchaîné lança ses chiens sur la piste des fuyards ; sans succès. Dans le même temps, les évadés reprenaient leurs places dans le combat clandestin, mais quinze jours plus tard Louis Thorez, le frère de Maurice, secrétaire général du Parti Communiste Français, et Le Gall étaient repris et fusillés à Romainville ».

Le tunnel est découvert par les Allemands
« Les Allemands cherchent partout, et découvrent, sous la fameuse pissotière, une galerie longue de plusieurs dizaines de mètres, boisée et éclairée électriquement, qui aboutissait à un champ, au-delà des barbelés. Le général Stulpnagel est venu spécialement de Paris pour admirer cet ouvrage d’art » / Georges Cogniot, « Parti pris » page 249.

Témoignages des « 45000 » sur le bombardement du camp
Dans la nuit du 23 au 24 juin, à 1 heure 30 du matin le camp est bombardé en représailles à l’évasion. Il y a trois morts et de nombreux blessés (1). Parmi eux, Télesphore Lalouette et Gaston Vergne.
André Poirmeur mentionne deux morts, deux Américains (Compiègne 1939-1945, Telliez 1968, p. 119), mais René Aondetto et Maurice Foubert ont donné le chiffre de trois morts dans des écrits contemporains de l’événement, ainsi que Mlle Pourvoyeur, assistante de la Croix Rouge, dans une lettre à Mme Varenne, le 25 juin 1942 (fonds Georges Varenne, MRN Champigny).
Lucien Colin dans le journal qu’il tient au jour le jour entre le 9 mai et le 4 juillet a relaté l’évasion et le bombardement.
Henri Asselineau  transféré de Fontevrault par le train le lundi 21 juin 1942, arrive à Compiègne le mardi 22 juin à 11 heures. Le jour même où a lieu la fameuse l’évasion par le tunnel de militants et de dirigeants du Parti. Il connaît le bombardement de représailles du surlendemain matin qu’il mentionne ainsi dans sa première carte à son épouse : un «brutal réveil».
Pierre Monjault a raconté quelques événements marquants à Compiègne, comme l’évasion des 19 et le bombardement de représailles «de la part des Allemands, qui fit deux morts».
Georges Varenne selon le témoignage de Mlle Pourvoyeur, assistante de la Croix Rouge  «est sorti indemne, alors que sa fenêtre a été arrachée et que tout a croulé autour de lui. Retiré brusquement de son sommeil, il a porté vivement secours à ses camarades blessés et les a transportés à l’infirmerie».

Dans sa longue lettre jetée du train, le 6 juillet 1942, sans doute préparée la veille du départ, Henri Gaget relate l’évasion de Georges Cogniot et ses 18 camarade, les représailles dans le camp, et le bombardement : « Dans la nuit du 23 au 24, nous fûmes réveillés par une explosion formidable après avoir entendu un avion. Celui-ci venait de lâcher 14 bombes sur le camp. Le lendemain matin, c’était beau ! Il n’y avait plus une vitre et les bâtiments étaient dans un drôle d’état, surtout le A3 et le A4. Une bombe à retardement avait explosé 1 heure et demie après le bombardement et crevé les canalisations d’eau et le courant. Dans notre camp 13 bombes étaient tombées. Par une chance inespérée, il n’est est tombé qu’une sur le bâtiment A3 et le A4, les autres sur le terrain. Il n’y eut que quelques blessés légers. Il n’en fut pas de même pour le camp américain, voisin du nôtre, où la seule bombe tomba sur un bâtiment et explosa dans une chambre. Il y eut deux morts et des blessés, dont un mourut le lendemain. Ce bombardement aurait pu être terrible et c’est un miracle qu’il n’y ait pas eu plus de morts ».

Représailles en direction des familles des évadés
Les autorités allemandes arrêtent des membres des familles des évadés et les internent au fort de Romainville. Onze personnes de la famille d’Etienne Sacco sont ainsi arrêtées, dont sa belle-sœur, Anita Casaro qui habitait le XVIIe arrondissement (Le Maitron). Son épouse, Cécile Sacco, avait déjà été arrêtée et condamnée le 9 mars 1942 par le Tribunal spécial pour détention et distribution de tracts communistes, à dix-huit mois de prison, internée administrative. A la Libération, elle sera conseillère municipale de Clichy, dans la mandature de Jean Mercier (« parrain » de Guy Môquet à Châteaubriant).
Ce que deviennent les évadés
Sur les 19 évadés, 8 d’entre eux sont repris selon André Tollet. Ce chiffre est  repris par un relevé de la Fondation de la Résistance. Toutefois, Etienne Sacco, indiqué comme non repris, est pourtant arrêté en mars 1943 (in Maitron et témoignage de Cécile Sacco), ce qui porte donc ce chiffre à neuf.
Les évadés non repris : Georges Cogniot, Jules Crapier, Robert Gangné, Henri Kesteman, Maurice Lecointe, Maurice Lauriguet, Rossignol, René Renard, Camille Thouvenin, André Tollet.
Un évadé repris, puis évadé à nouveau : Maurice Léonard.
Evadés repris et emprisonnés en France : René Guerre est repris et meurt à la prison de Chalon. Etienne Sacco est repris en mars 1943.
Charles Désirat 1996 St Malo
Evadés repris et déportés : Charles Désirat, repris, est déporté à Sachsenhausen, où il dirige la Résistance française. Il est libéré le 2 mai 1945 à Parchim ; Adrien Bermand, repris, est déporté à Natzweiler le 14 juillet 1943. Il est libéré le 30 avril 1945 à Allach ; Lucien Plu, repris, est déporté à Buchenwald. Il est libéré le 11 février 1945 ; Edmond Savenaud, qui organise des sabotages en côte d’or est repris en mars 1943. Torturé par la Gestapo. Il est déporté à Natzweiler le 14 juillet 1943. Il est libéré le 30 avril 1945 à Allach.
Evadés repris et fusillés
Louis Thorez au camp de Choisel.
A gauche Jean Poulmarch
Louis Thorez, 37 ans et Henri Legall 35 ans. Ils sont repris le 10 juillet 1942, arrêtés sur dénonciation avec Marcel et Gabrielle Ethis, Alphonse Baconnier (c’est le beau frère de Louis Thorez : sa sœur a épousé celui-ci) qui les hébergent. Alphonse Baconnier (48 ans), Louis Thorez, Marcel Ethis et Henri Legall sont fusillés au Mont Valérien le 11 août 1942 - et non à Romainville comme l’écrit André Poirmeur). Gabrielle Ethis est déportée dans le convoi du 24 janvier 1943 à Auschwitz (31625), où elle meurt.
Les « planques » des évadés
Au moins trois évadés sont hébergés par des familles de « 45000 » :
André Tollet et Maurice Léonard, transitent par Mareuil-sur-Ourcq et sont hébergés dans la propriété de Marcoussis de Roger Levaché (45791).
Georges Cogniot est hébergé un temps par l’épouse d’Albert Watel (46209) de l’Haÿ-les-Roses (Georges Cogniot, Parti pris, p. 489).
Charles Désirat et Maurice Gangné s’égarent en contournant la Croix-Saint-Ouen. Ils jouent un moment à cache-cache avec un autre groupe lui aussi égaré. Ils prennent le train à huit dans une gare proche de Compiègne. Charles Désirat et Maurice Gangné passent par Crépy-en-Vallois, Meaux, puis sont hébergés à Pontault-Combault par des militants du Secours populaire (la famille Auribault). Puis Charles Désirat retrouve Jules Crapier : ils sont hébergés rue de Gentilly dans le XIIIème par Suzanne Gérin, demi-sœur de la compagne de Jules Crapier. Puis rue de Charonne dans le XIème. À partir de juillet 1942, Jules Crapier dirige la Fédération des cheminots CGT clandestine pour la zone Nord.
Louis Thorez et Henri Legall sont hébergés chez le couple Ethis à Romainville (qui ont hébergé précédemment dans leur pavillon des allemands antinazis et des républicains espagnols). Ils sont victimes d’une dénonciation.
On lira dans ce blog, le récit de L’odyssée de six évadés de Compiègne et de celles et ceux qui les hébergèrent

Sources
  • André Poirmeur : Monographie consacrée à l'histoire du camp de Royallieu, Compiègne, 1939-1945, publiée en 1968 par l'imprimerie Teniez à Compiègne).
  • André Tollet : extraits de Le Souterrain, Editions sociales, 1974, pages 144-145.
  • Charles Désirat, évadé de Compiègne. Repris il est déporté à Sachsenhausen. Il est secrétaire général du Secours populaire de 1948 à 1950. « Pour reprendre le combat, Nous nous sommes évadés de Compiègne, le 22 juin 1942». Editions du Secours Populaire Français.
  • Biographies de plusieurs évadés in Le Maitron, Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, Claude Pennetier (dir), éditions de l’Atelier, CD-Rom édition 1997. © édition informatique 2012.
  • Sur Maurice Lauriguet : Pierre Gounand, in Patriote Résistant, novembre 2006
  • Photo de Charles Désirat © Bruce Jackson, St Malo 1996.
  • © Photo d’Henri Kesterman dans le tunnel (Mémorial de Compiègne / MRN).
  • Fusillés du Mont-Valérien : © SGA, mémoire des hommes, défense.gouv et © www.witzgilles.com/les_fusilles_du_mont_valerien.
  • Le camp est bombardé en représailles, in «Triangles rouges à Auschwitz» page 101.
Article rédigé en juin 2012, par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : «Triangles rouges à Auschwitz, le convoi politique du 6 juillet 1942 » Editions Autrement, 2005 Paris et de Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000», éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie. Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel deportes.politiques.auschwitz@gmail.com Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie. 

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