L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


DUBEAUX Lucien, Marcel, Eugène


Lucien Dubeaux est né le 12 mai 1921 à Boulogne-Billancourt (Seine / Hauts-de- Seine). Il est le fils Marcelle Juson, 25 ans, sans profession et de Gabriel Dubeaux, 31 ans, cantonnier, son époux.

Le 56 quai du Point du jour
Au moment de son arrestation, Lucien Dubeaux habite, avec sa sœur Gilberte et son frère Louis (1), chez leurs parents dans une cité HBM construite en 1932 au 56 quai du Point du Jour à Boulogne-Billancourt. Il est célibataire, et travaille comme tôlier.
Lucien Dubeaux et son frère sont arrêtés le 30 septembre 1940 pour distribution de tracts communistes. Ils sont libérés au bout d’un mois et demi. 
Ils sont de nouveau arrêtés le 28 avril 1942 par la police allemande. Ce jour là une rafle est effectuée par l’occupant dans tout le département de la Seine. Lire La politique allemande des otages (août 1941 -octobre 1942). Suivant cette « politique des otages », les autorités d’occupation ordonnent l’exécution d’otages déjà internés et arrêtent 387 militants, qui avaient déjà été arrêtés une première fois par la police française pour activité communiste depuis l’armistice et libérés à l’expiration de leur peine. Il s’agit de représailles ordonnées à la suite d’une série d’attentats à Paris (le 20 avril un soldat de première classe est abattu au métro Molitor, deux soldats dans un autobus parisien, le 22 avril un militaire est blessé à Malakoff).
Le jour même ou le 1er mai 1942, Lucien Dubeaux et son frère sont internés au camp allemand (Frontstalag 122) de Royallieu à Compiègne, Oise.
Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, voir les deux articles du blog : La politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942)  et «une déportation d’otages».

Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Lucien Dubeaux est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les Judéo-bolcheviks responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941. Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6, 7, 8 juillet 1942.

Son numéro d’immatriculation à Auschwitz le 8 juillet 1942 est inconnu. Lire dans le blog le récit de leur premier jour à Auschshwitz : L'arrivée au camp principal, 8 juillet 1942. Le numéro "45486 ?"  figurant dans mes deux premiers ouvrages sur le convoi du 6 juillet 1942 correspondait à une tentative de reconstitution de la liste du convoi par matricules. Ce numéro, quoique plausible, ne saurait être considéré comme sûr en raison de l’existence de quatre listes alphabétiques successives, de la persistance de lacunes pour plus d’une dizaine de noms et d’incertitudes sur plusieurs centaines de numéros matricules. Il ne figure plus dans mon ouvrage Triangles rouges à Auschwitz.
Lucien Dubeaux meurt à Auschwitz le 4 novembre 1942 d’après le certificat de décès établi au camp d’Auschwitz (in Death Books from Auschwitz Tome 2 page 242).
A son retour de déportation, Robert Jarry (un des cinq boulonnais rescapés sur les 14 déportés) a raconté à ses parents et à son frère Louis sa mort  "par le four crématoire du camp d'Auschwitz".
La mention Mort en déportation est apposée sur son acte de décès (arrêté du 17 janvier 1989 paru au Journal Officiel du 25 février 1989). Cet arrêté qui corrige le précédent qui indiquait « mort le 6 juillet 1942 à Compiègne », mentionne néanmoins encore une date erronée : « décédé le 11 juillet 1942 à Auschwitz », soit les 5 jours prévus par les textes en cas d’incertitude quand à la date réelle de décès à Auschwitz. Celle-ci est maintenant connue ! Il serait souhaitable que le ministère prenne désormais en compte par un nouvel arrêté la date portée sur son certificat de décès de l’état civil d’Auschwitz, accessible depuis 1995 (Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau).
La mention « Mort pour la France » est attribuée à Lucien Dubeaux. Il est homologué « Déporté résistant » le 16 juin 1954. Il est titulaire de la Croix de guerre avec palme et de la Médaille militaire (citation "Magnifique patriote, membre de la Résistance française intérieure", 16 juillet 1958). Il est homologué Sergent (17 novembre 1950) au titre de la Résistance Intérieure Française (Front National, 13 mai 1950).
  • Note 1 : son frère Louis Dubeaux (né le 7 janvier 1920) est déporté six mois après Lucien, le 24 janvier 1943 à Sachsenhausen. Il est affecté au Kommando Heinkel jusqu’en mai 1945, date de sa libération.
Sources  
  • Documents communiqués par son frère, Louis, Gabriel Dubeaux octobre et décembre 1989.
  • Archives communales de Boulogne-Billancourt, recherches de Mme Edith Bauer, archiviste (juillet 1988) : Jugement déclaratif de décès, 10 juin 1954, Extrait de naissance).
  • Témoignage de Robert Jarry, rescapé du convoi.
  • Death Books from Auschwitz (registres des morts d'Auschwitz), Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres (incomplets) des certificats de décès établis au camp d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • Fichier national du Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BAVCC), Ministère de la Défense, Caen. Fiche individuelle consultée en octobre 1993.
  • © Site Internet Légifrance.gouv.fr
  • © Site Internet WWW. Mortsdanslescamps.com
  • © Photo de la porte d’entrée du camp d'Auschwitz : Musée d’Auschwitz-Birkenau.
  • Archives de la Préfecture de police, Cartons occupation allemande, BA 2374. 
Biographie mise à jour et installée en octobre 2012 à partir de la notice rédigée en 2002 pour l’exposition de Paris de l’association « Mémoire vive » par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : «Triangles rouges à Auschwitz, le convoi politique du 6 juillet 1942 » Editions Autrement, 2005 Paris et de Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000», éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie. *Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel deportes.politiques.auschwitz@gmail.com Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie. 

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