L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


DELATTRE Abel, Henri, Joseph



45437

Abel Delattre est né le 20 août 1913 à Maubeuge (Nord). 
Le 17 rue Séguier, Paris 6ème
Au moment de son arrestation, il habite au 17 rue Séguier à Paris (6ème), où son épouse est concierge.
Il est marié et père d'un enfant. 
Il est charpentier mécanicien, reproducteur en chaudronnerie (1) à la Société anonyme de travaux "Dyle et Bacalan" à Saint-Denis (Seine /Seine-Saint-Denis).
Pendant l’Occupation, en mars 1941, l’augmentation de la diffusion de la propagande communiste à Saint-Denis et dans les communes voisines inquiète le préfet de police Camille Marchand, qui missionne la Brigade spéciale des Renseignements généraux pour en appréhender les auteurs. Lire dans le blog La Brigade Spéciale des Renseignements généraux .
Les inspecteurs « Le… » et « Va… » effectuent filatures et enquêtes. A l’issue de celles-ci, ils écrivent : « A la suite d’une nouvelle recrudescence de tracts d’inspiration communiste dans la circonscription de Saint-Denis, nous avons appris que Delattre entretenait des relations suivies avec des communistes et se livrait, dans son entourage à la propagation des mots d’ordre de la IIIème Internationale en diffusant des tracts subversifs ». « Nous savions qu’il détenait chez lui des brochures et des tracts de propagande ».
Abel Delattre est arrêté le 27 mars 1941 à 17 h 30 à son travail, 64 rue du Landy à Saint-Denis. Cinq  tracts communistes et quatre brochures de Karl Marx sont saisis au cours de la perquisition effectuée à son domicile. Abel Delattre est interrogé le 28 mars 1941 et nie toute participation à des activités politiques. Il est inculpé d’infraction aux articles 1 et 3 du décret du 26 septembre 1939 (dissolution du Parti communiste) et conduit le 29 mars au Dépôt à la disposition du procureur. Ecroué à la Maison d’arrêt de la Santé, il est relaxé à la Préfecture le 5 mai.  
Il est de nouveau arrêté le 28 avril 1942. 
Ce jour là une rafle est effectuée par l’occupant dans tout le département de la Seine. Lire La politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942). Suivant cette politique des otages, les autorités d’occupation ordonnent l’exécution d’otages déjà internés et arrêtent 387 militants, qui avaient déjà été arrêtés une première fois par la police française pour activité communiste depuis l’armistice et libérés à l’expiration de leur peine. Il s’agit de représailles ordonnées à la suite d’une série d’attentats à Paris (le 20 avril un soldat de première classe est abattu au métro Molitor, deux soldats dans un autobus parisien, le 22 avril un militaire est blessé à Malakoff).


Le 28 avril au soir,  Abel Delattre est interné avec ses camarades au camp allemand (Frontstalag 122) de Royallieu à Compiègne, Oise. A Compiègne, il est affecté à la chambre 8, bâtiment C5. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, voir l’article du blog :  «une déportation d’otages».


Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation


Entrée du camp d'Auschwitz
Abel Delattre est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les Judéo-bolcheviks responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941. Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6, 7, 8 juillet 1942.
Abel Delattre est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro «45437» selon la liste par matricules du convoi établie en 1974 par les historiens polonais du Musée d'Etat d'Auschwitz. Lire dans le blog le récit de leur premier jour à Auschwitz : L'arrivée au camp principal, 8 juillet 1942.
Abel Delattre meurt à Auschwitz le 22 décembre 1942 selon la liste établie par les historiens polonais.
La mention Mort en déportation est apposée sur son acte de décès (arrêté du 16 janvier 2008 paru au Journal Officiel du 30 janvier 2008). Cet arrêté qui corrige le précédent qui indiquait « mort 24 juin 1942 à Compiègne » mentionne néanmoins une date erronée : « décédé le 29 juin à Auschwitz (sans autre renseignements ».
Il est homologué comme « Déporté politique ».
  • Note 1 : Le reproducteur en chaudronnerie déforme ou découpe après traçage le métal (métal en feuille, tôle, tube, profilé) et autres matériaux, à partir de plans, schémas ou pièces-modèles. Il utilise des outils à main et des machines appropriées (cisaille, rouleuse, plieuse, lunette de géomètre).
Sources 
  • Archives de la Préfecture de police de Paris, Cartons occupation allemande, BA 2374. 
  • « Affaire Delattre », carton Brigades Spéciales des Renseignements généraux (BS1),  Archives de la Préfecture de police de Paris.
  • Liste (incomplète) par matricule du convoi du 6 juillet 1942 établie en 1974 par les historiens du Musée d'Etat d'Auschwitz-Birkenau (Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (Ministère de la Défense, Caen) indiquant généralement la date de décès au camp et site du Musée-Mémorial d’Auschwitz-Birkenau.
  • Fichier national du Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BAVCC), Ministère de la Défense, Caen. Fiche individuelle consultée en juin 1992.
  • © Site Internet Légifrance.gouv.fr
  • © Site Internet WWW. Mortsdanslescamps.com
  • © Photo de la porte d’entrée du camp d'Auschwitz : Musée d’Auschwitz-Birkenau.
Biographie mise à jour et installée en octobre 2012 à partir de la notice rédigée en 2002 pour l’exposition de Paris de l’association « Mémoire vive » par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : «Triangles rouges à Auschwitz, le convoi politique du 6 juillet 1942 » Editions Autrement, 2005 Paris et de Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000», éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie. *Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel deportes.politiques.auschwitz@gmail.com Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie.

1 commentaire:

delattre valerie a dit…

merci a tous ceux qui ont écrit en la mémoire d'un combattant pour la liberté
mon grand père un homme que je n'ai
pas connu