L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


BRIOUDES CLEMENT


Matricule "45 303" à Auschwitz

Clément Brioudes est né à Paris 15ème le 16 août 1904. Il est le fils d’Elise Brioudes.
Il habite au 121 avenue Foch à Bagneux au moment de son arrestation.
Il est ouvrier imprimeur de profession.
Il aurait été arrêté comme "droit commun", d'après Jean Pollo (« un petit maigre, dont je me souviens bien » dit-il) et René Besse ("il a eu un comportement correct à Auschwitz".
Le 5 mai 1942, Clément Brioudes est extrait du centre de séjour surveillé des Tourelles (Paris) pour être interné au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122). Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, voir les deux articles du blog : La politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942)  et «une déportation d’otages».
Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Clément Brioudes est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les Judéo-bolcheviks responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941. Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6, 7, 8 juillet 1942.
Il est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro «45303» selon la liste par matricules du convoi établie en 1974 par les historiens polonais du Musée d'Etat d'Auschwitz. Lire dans le blog le récit de leur premier jour à Auschwitz : L'arrivée au camp principal, 8 juillet 1942.
Ce matricule sera tatoué sur son avant-bras gauche quelques mois plus tard. Après l’enregistrement, il passe la nuit au Block 13 (les 1170 déportés du convoi y sont entassés dans deux pièces). Le 9 juillet tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau (Brzezinka), situé à 4 km du camp principal. 
Le 13 juillet : « Nous sommes interrogés sur nos professions. Les spécialistes dont ils ont besoin pour leurs ateliers sont sélectionnés et s'en retournent à Auschwitz I, ils sont approximativement la moitié de ceux qui restaient de notre convoi ». Pierre Monjault. 
En application d’une directive datée du 21 juin 1943 accordant aux détenus français des KL la possibilité de correspondre avec leur famille et de recevoir des colis renfermant des vivres, il reçoit le 4 juillet 1943, comme les autres détenus français d’Auschwitz, l’autorisation d’échanger des lettres avec sa famille - rédigées en allemand et soumises à la censure - et de recevoir des colis contenant des aliments.
Entre le 14 août 1943 et le 12 décembre 1943, Clément Brioudes est en quarantaine au Block 11 avec la quasi totalité des Français survivants. Lire l'article du blog "les 45000 au block 11
Le 12 décembre 1943, à la suite de la visite du nouveau commandant du camp, Arthur Liebehenschel, et après quatre mois de ce régime qui leur a permis de retrouver quelques forces, ils sont pour la plupart renvoyés dans leurs Blocks et Kommandos d’origine.
D'après Jean Pollo, Clément Brioudes est affecté au Kommando Druckerei (l'imprimerie du camp), après la quarantaine du Block 11, avec « Marcel » (Marcel Claus)  et « Petit Louis » (Louis Faure).
 Il travaille un temps au "Kommando imprimerie". René Besse qui a travaillé avec lui à l’imprimerie dit de lui : « il avait un comportement très correct ».
Il fait partie des « 45000 » qui restent à Auschwitz jusqu’en janvier 1945.
Clément Brioudes est transféré au camp de Mauthausen le 25 janvier 1945 avec 19 autres « 45000 ». Il y est immatriculé « 116.593 ». Il est affecté à Melk le 29 janvier. A l’évacuation du camp de Melk, il retourne au camp central le 11 avril.
Clément Brioudes meurt à Mauthausen le 19 avril 1945, peu avant la libération des camps et sous-camps de Mauthausen.
La mention «Mort en déportation» est apposée sur son acte de décès, arrêté du 22 avril 2010, paru au Journal Officiel n°0153 du 4 juillet 2010. Son nom est inscrit sur le monument aux morts de Bagneux, rue de la Mairie.
  • Note 1 : L’internement administratif a été institutionnalisé en France par le décret du 18 novembre 1939 qui donne aux préfets le pouvoir de décider l’éloignement et, en cas de nécessité, l’assignation à résidence dans un centre de séjour surveillé, des individus dangereux pour la défense nationale ou la sécurité publique. L'internement administratif est décidé par arrêté du préfet. Il est purgé par placement forcé dans un « camp d'hébergement ».
Sources
  • Fichier national du Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BAVCC), Ministère de la Défense, Caen. Fiche individuelle consultée en octobre 1992.
  • Liste officielle N° 1 du camp de Mauthausen.
  • Mémorial de Mauthausen, listes établies par Pierre Serge Choumoff.
  • Enregistrement audio de Jean Pollo.
  • © Melk, photo Bundes Archiv / Musée d’Etat d’Auschwitz-Birkenau.
  • Archives de la Préfecture de police de Paris, BA 1837.
Biographie installée en août 2012, par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : «Triangles rouges à Auschwitz, le convoi politique du 6 juillet 1942 » Editions Autrement, 2005 Paris et de Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000», éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie. *Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel deportes.politiques.auschwitz@gmail.com Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie. 

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