L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


MARCHAND, Henri, Lucien


Henri Marchand 


Henri Marchand est né le 22 mars 1899 au 5 rue Chassagnoles, Les Lilas (ancien département de la Seine, aujourd’hui Seine-Saint-Denis). 
Il est le fils de Berthe, Rose Héron, âgée de 28 ans, sans profession et de Victor, Lucien Marchand âge de 32 ans, polisseur, son époux. Ses parents habitent au 5 rue de Chassagnoles. 
Henri Marchand est domicilié au 78 rue de la Folie-Regnault à Paris 11ème au moment de son arrestation. 
Bords de Loire
Il se marie à Chandon (Loire) le 22 avril 1924 avec Marie, Henriette Robin et le couple a une fille, Solange, née en 1925. 
Il exerce d'abord comme son père le métier de polisseur (biseauteur de miroirs), puis est embauché comme fraiseur aux usines Renault. 
La brigade spéciale N°1 de la Préfecture de Paris le présente comme «communiste dangereux» (note blanche). 
Il est arrêté par la police française le 22 septembre 1941 pour activité communiste puis libéré le 25. 
Il est de nouveau arrêté le 6 novembre 1941 par la police française, retenu au Dépôt jusqu’au 10 novembre, puis il est interné administrativement par les autorités françaises au camp de Rouillé (1). Début mai 1942, les autorités allemandes adressent au directeur du camp de Rouillé une liste de 187 internés qui doivent être transférés au camp allemand de Compiègne (Frontstallag 122). Le nom d’Henri Marchand (n°128) y figure. C’est avec un groupe d’environ 160 internés (2) qu’ il arrive à Compiègne le 22 mai 1942. 
La plupart d’entre eux seront déportés à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, voir les deux articles du blog : La politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942)  et «une déportation d’otages».
Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Henri Marchand est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les «judéo-bolcheviks» responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941. Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6, 7, 8 juillet 1942.
L'entrée du camp d'Auschwitz
Son numéro d’immatriculation lors de son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 est inconnu. Le numéro "45828 ?" figurant dans mes deux premiers ouvrages sur le convoi du 6 juillet 1942 correspondait à une tentative de reconstitution de la liste du convoi par matricules. Ce numéro, quoique plausible, ne saurait être considéré comme sûr en raison de l’existence de quatre listes alphabétiques successives, de la persistance de lacunes pour plus d’une dizaine de noms et d’incertitudes sur plusieurs centaines de numéros matricules. Il ne figure plus dans mon ouvrage Triangles rouges à Auschwitz.
Henri Marchand meurt à Auschwitz le 3 octobre 1942 d’après le certificat de décès établi au camp d’Auschwitz (in Death Books from Auschwitz Tome 3 page 776 et © Mémorial et Musée d’Etat d’Auschwitz-Birkenau). 
Ses camarades Georges Brumm et Lucien Penner ont témoigné que sa mort intervient à la fin de 1942. 
Dessin de Franz Reisz
La mention "Mort en déportation" est apposée sur son acte de décès (arrêté du 14 septembre 1994 paru au Journal Officiel du 21 octobre 1994). Cet arrêté porte néanmoins une mention erronée : décédé en 1942 à Auschwitz. Il serait souhaitable que le ministère prenne désormais en compte par un nouvel arrêté la date portée sur son certificat de décès de l’état civil d’Auschwitz, accessible depuis 1995 (Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau). Lire dans le blog l’article expliquant les différences de dates entre celle inscrite dans les «Death books» et celle portée sur l’acte décès de l’état civil français) Les dates de décès des "45000" à Auschwitz.
Henri Marchand est homologué "Déporté politique" le 23 mars 1955.
Sur sa fiche au BAVCC, la personne à prévenir était Mme Lebouleux.
A Paris
  • Note 1 : Le camp d’internement administratif de Rouillé (Vienne) est ouvert le 6 septembre 1941, sous la dénomination de «centre de séjour surveillé», pour recevoir 150 internés politiques venant de la région parisienne, c’est-à-dire membres du Parti Communiste dissous et maintenus au camp d’Aincourt depuis le 5 octobre 1940. D’autres venant de prisons diverses et du camp des Tourelles. Il a été fermé en juin 1944. In site de l’Amicale de Chateaubriant-Voves-Rouillé.
  • Note 2 : Dix-neuf internés de cette liste de 187 noms ont été soit libérés, soit transférés dans d’autres camps, ou sont hospitalisés. Trois se sont évadés. Cinq d’entre eux ont été fusillés.
Sources

  • Extrait de naissance (Les Lilas).
  • Renseignements recueillis à la Préfecture de Police de Paris par sa petite fille, Corinne Marchand, en avril 2009.
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets - de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • Dossier "statut" des archives des ACVG. 
  • Archives du CDJC liste XLI-42.
  • Photos de famille © Droits réservés
Biographie rédigée en septembre 2003 et mise à jour en juillet 2012, par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé) et de Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Autrement, Paris 2005. Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie. Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com. Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie.

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