L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


GIANNI Paul, Emile, Constantin



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Paul Gianni est né le 19 février 1922 à Paris (15ème), où il habite 14 rue de Vichy.
Il est célibataire et fait ses études au Lycée Buffon.
Il adhère aux Jeunesses communistes clandestines du 15ème pendant l'Occupation, distribue des tracts et participe à des manifestations.
Il est arrêté une première fois le 18 décembre 1940, à son domicile, par des policiers français en même temps que 8 autres jeunes communistes des 14ème et 15ème arrondissements. Lire dans le blog : Le procès des "JC" des 14ème  et 15ème arrondissements de Paris. Paul Gianni est inculpé d’infraction au décret du 26 septembre 1939. Son avocat et celui de son jeune frère Camille, également arrêté, est maître Michel Rolnikas.


Durant les interrogatoires et confrontations, Paul Gianni nie avoir confectionné avec Jean Christian qui l’en accuse, des bons pour les chômeurs au moyen « d’une imprimerie de type « Mondial » (il s’agit en fait une boite de tampons « La Mondiale » servant à confectionner des bons pour les écoliers, laquelle boite n’a pas été retrouvée par la police).
Paul Gianni est incarcéré à la Santé le 19 décembre 1940. Il est jugé avec ses camarades le 1er mars 1941 au tribunal de 1ère instance du département de la Seine, police correctionnelle, 15ème chambre. Il est condamné à 3 mois de prison, son frère à 6 mois. Sa peine étant couverte par sa détention préventive, il est transféré à la maison d’arrêt de Fresnes pour sa levée d’écrou, et libéré le jour même.
Mais il est arrêté une seconde fois le 28 avril 1942, avec deux de ses co-inculpés du procès du 1er mars 1941 (Jean Nicolaï et Jean Christian) par des policiers français et allemands, à son domicile. Ce jour là une rafle est effectuée par l’occupant dans tout le département de la Seine. Lire La politique allemande des otages (août 1941 -octobre 1942). Suivant la « politique des otages », les autorités d’occupation ordonnent l’exécution d’otages déjà internés et arrêtent 387 militants, qui avaient déjà été arrêtés une première fois par la police française pour activité communiste depuis l’armistice et libérés à l’expiration de leur peine. Il s’agit de représailles ordonnées à la suite d’une série d’attentats à Paris (le 20 avril un soldat de première classe est abattu au métro Molitor, deux soldats dans un autobus parisien, le 22 avril un militaire est blessé à Malakoff).
Paul Gianni est transféré au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122) où il reçoit le matricule n° 4097. 
Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, voir les deux articles du blog : La politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942)  et «une déportation d’otages».

Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Paul Gianni est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les Judéo-bolcheviks responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941. Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6, 7, 8 juillet 1942.

Il est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro «45420». Sa photo d’immatriculation à Auschwitz a été retrouvée et reconnue par son frère Camille parmi celles que des membres de la Résistance intérieure du camp avaient camouflées pour les sauver de la destruction, ordonnée par les SS peu de temps avant l’évacuation d’Auschwitz. Lire dans le blog le récit de leur premier jour à Auschshwitz : L'arrivée au camp principal, 8 juillet 1942.
Paul Gianni meurt à Auschwitz le 16 octobre 1942 d’après le certificat de décès établi au camp d’Auschwitz (in Death Books from Auschwitz Tome 2 page 346). La mention Mort en déportation est apposée sur son acte de décès (arrêté du 2 juin 1993 paru au Journal Officiel du 17 juillet 1993). Cet arrêté qui corrige le précédent qui indiquait mort le 6 juillet 1942 à Compiègne) mentionne néanmoins une date erronée : décédé le 11 juillet 1942 à Auschwitz, soient les 5 jours prévus par les textes en cas d’incertitude quand à la date réelle de décès à Auschwitz. Or celle-ci est connue. Il serait souhaitable que le ministère prenne désormais en compte, par un nouvel arrêté, la date portée sur son certificat de décès de l’état civil d’Auschwitz, accessible depuis 1995 (Death Books from Auschwitz, et © Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau).
Paul Gianni déclaré « Mort pour la France » et homologué comme « Déporté politique».

Sources

  • Questionnaire rempli par son frère, Camille, le 2 avril 1992 (arrêté et condamné dans la même affaire à 6 mois de prison).
  • Death Books from Auschwitz (registres des morts d'Auschwitz), Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres (incomplets) des certificats de décès établis au camp d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941
Biographie installée en juillet 2012, par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : «Triangles rouges à Auschwitz, le convoi politique du 6 juillet 1942 » Editions Autrement, 2005 Paris et de Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000», éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie. Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel deportes.politiques.auschwitz@gmail.com Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie. 

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