Colis pour Auschwitz (Block 11).
45840
Rescapé
Jacques
Marteaux est né le 1er juillet 1923, au 21 rue du
Moulin à Saint-Quentin (Aisne). Il est le fils de Henriette Gombaud, 27 ans,
sans profession et de Narcisse Marteaux, 26 ans, commis d'architecte, son époux.
Jacques Marteaux habite au 4 rue d'Issy à Boulogne-Billancourt (Seine / Hauts-de-Seine)
au moment de son arrestation.
Apprenti-ajusteur à l'Usine
SNCAC de Billancourt, il est membre des Jeunesses communistes et militant
cégétiste actif.
Le 6 octobre 1940 il épouse à Boulogne-Billancourt, Renée, Marguerite,
Olga, Colas. Le couple a un enfant.
Jacques Marteaux est arrêté
une première fois le 13 mars 1941 à son domicile par des policiers allemands et
français, pour "propagande
anti-allemande et sabotage dans l'usine". Condamné à 3 mois de prison
par la 15° Chambre de Paris, il est incarcéré à la Santé et à Fresnes. Il est
mis en liberté surveillée le 19 juin 1941. Il adhère alors au Front National
(reproduction du certificat d'appartenance à la RIF, 29 janvier 1951, signé de Marcel Mugnier).
Le 28 avril 1942, les mêmes
forces de police le reprennent, pour "récidive
pendant la période de liberté surveillée". Il est remis aux autorités
allemandes à leur demande. Celles-ci l’internent au camp de Royallieu à
Compiègne, le même jour, en vue de sa déportation comme otage.
Il est déporté à Auschwitz
dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000».
Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes
(responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une
cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à
Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à
combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de
Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre
des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.

Jacques Marteaux est
enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942, sous le numéro 45840. Ce
matricule sera tatoué sur son avant-bras gauche quelques mois plus tard. Après
l’enregistrement, il passe la nuit au Block 13 (les 1170 déportés du convoi y
sont entassés dans deux pièces). Le 9 juillet tous sont conduits à pied au camp
annexe de Birkenau (Brzezinka), situé
à 4 km du camp principal. Le 13 juillet : Nous sommes interrogés sur nos professions.
Les spécialistes dont ils ont besoin pour leurs ateliers sont sélectionnés et
s'en retournent à Auschwitz I, ils sont approximativement la moitié de ceux qui
restaient de notre convoi. Pierre Monjault.
Il est affecté au Block 22 /
5. En application d’une directive datée du 21 juin 1943 accordant aux
détenus français des KL la possibilité de correspondre avec leur famille et de
recevoir des colis renfermant des vivres, il reçoit le 4 juillet 1943, l’autorisation
d’échanger des lettres avec sa famille - rédigées en allemand et soumises à la
censure - et de recevoir des colis
contenant des aliments (ci contre les récépissés des envois de colis). Entre le
14 août 1943 et le 12 décembre 1943, il est en quarantaine au Block 11 avec la
quasi totalité des Français survivants. Lire
l'article du blog "les 45000 au block 11. Le 12 décembre, les
Français quittent le Block 11 et retournent dans leurs anciens Kommandos.

Le 21 janvier 1945, il est
transféré d’Auschwitz à Gross-Rosen avec 10 autres «45000» (1) Le 9 février 1945, le camp de Gross-Rosen est évacué. Jacques
Marteaux est transféré à Dora-Mittelbau (camp
dépendant du KE Buchenwald), le 8 février 1945, avec quatorze autres "45 000" (2). De Dora-Mittelbau,
il est affecté à Dora-Osterode, avec Maurice Courteaux et Pierre Felten. Le 11
avril 1945, Dora est évacué : Jacques Marteaux voit mourir le 8 avril 1945
Pierre Felten, très affaibli après une marche de vingt-six kilomètres, au cours
de l'évacuation d'Osterode. Lire
dans le blog , "les itinéraires suivis par les survivants". Jacques
Marteaux est libéré à Bruschweg (au nord de Dresde) par les troupes américaines
de la 4ème division, le 11 avril. Il est retenu en quarantaine au camp
de Coblence-Rebstoc (dépendant du KE Buchenwald) jusqu'au 29 avril. Il est rapatrié
le 2 mai 1945.
Le titre de «Déporté politique» lui a été attribué.
Il est homologué au grade de sergent au titre de la résistance Intérieure
Française (Front national) le 15 juin 1948.
A son retour sa santé est
très affectée, il souffre de tuberculose et d’asthénie. Il habite d'abord au 12 bis rue de Clamart, à Boulogne, puis il va habiter au 44 rue Michelet à Bondy. Il divorcera d'avec Renée Colas le 11 mai 1971. Jacques Marteaux se remarie à Bondy le 7 décembre 1985 avec
Marie Jeanne Goarnisson.
Jacques Marteaux meurt le 21 octobre 1991 à Mespaul (Finistère).
- Note
1 : René Besse, Raymond Boudou, Henri Charlier, Maurice
Courteaux, Pierre Felten, Georges Gallot, Adrien Humbert, Francis Joly, Pierre
Monjault, Albert Rosse).
- Note
2 :
Roger Abada, Gaston Aubert, René Besse, Raymond Boudou, Louis Cerceau, Cyrille
Chaumette, Marcel Cimier, Clément Coudert, Maurice Courteaux , Robert Daune,
Lucien Ducastel, Pierre Felten, Georges Gallot, Georges Gaudray , Pierre
Monjault.
Sources
- Questionnaire rempli par son
fils, qui y a joint de nombreux documents : Certificat d'appartenance à la RIF(15
janvier 1948), attestation d’appartenance au Front National ( 29 janvier 1951),
Certificat de déportation (ACVG : 6 décembre 1945), une lettre d'Auschwitz : 14
mai 1944, récépissés de colis d'Auschwitz : août, novembre 1943, janvier 1944.
- Etat-civil, mairie de St
Quentin : 11 mars 1994.
- Fichier national du Bureau
des archives des conflits contemporains (BAVCC), Ministère de la Défense, Caen.
- Dix déportés travaillant au
montage des fusées V2 à Dora (photo en couleur prise par Walter Frentz,
photographe officiel nazi, pour Albert Speer, ministre de l'armement,
mars-juillet 1944).
Biographie rédigée
en novembre 2005 (mise à jour en avril 2012) par Claudine Cardon-Hamet (docteur
en Histoire, auteur des ouvrages : "Triangles
rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000», éditions
Autrement, Paris 2005) et de Mille
otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000», éditions
Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé) et de T à l’occasion de l’exposition
organisée par l’association «Mémoire vive» et la municipalité de Gennevilliers.
Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas
de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie.
Pour compléter ou corriger cette biographie, vous
pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com
Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous
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