L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


LEGAC Charles, André



Matricule 45770 à Auschwitz

Une rue du Petit Quevilly porte son nom
Charles Legac est né le 28 novembre 1910 à Paris 17ème. Il est le fils d’Elisa, Jeanne Legac. Il habite au 23 rue Thiers, au Petit Quevilly (Seine-Inférieure/Seine-Maritime) au moment de son arrestation.
Il est employé de bureau. 
Charles Legac a épousé Lucienne, Angèle, France Barbier et le couple a une fille.
Charles Legac est secrétaire du rayon du Parti communiste du Petit-Quevilly. Il anime un comité de chômeurs.
Pendant l’Occupation, il est arrêté dans la nuit du 21 au 22 octobre 1941(1). Son arrestation est ordonnée par les autorités allemandes en représailles au sabotage (le 19 octobre) de la voie ferrée entre Rouen et Le Havre (tunnel de Pavilly). 
Lire dans le blog Le "brûlot" de Rouen. Une centaine de militants communistes ou présumés tels de Seine-Inférieure sont ainsi raflés entre le 21 et 23 octobre. Ecroués pour la plupart à la caserne Hatry de Rouen, tous les hommes appréhendés sont remis aux autorités allemandes à leur demande, qui les transfèrent au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122) entre le 25 et le 30 octobre 1941. La moitié d’entre eux d’entre eux seront déportés à Auschwitz. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, lire dans le blog «une déportation d’otages».
Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Charles Legac est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les «Judéo-bolcheviks» responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.
Charles Legac est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro «45770» selon la liste par matricules du convoi établie en 1974 par les historiens polonais du Musée d'Etat d'Auschwitz.
Charles Legac meurt à Auschwitz le 23 novembre 1942, selon cette même source. Son acte de décès (en date du 3 juin 1947) indique la date du «5 octobre 1942 à Auschwitz» (dans les années d'après-guerre, l’état civil français a fixé des dates de décès fictives, à partir des témoignages de rescapés, afin de donner accès aux titres et pensions aux familles des déportés). Voir l’article : Les dates de décès des "45000" à Auschwitz.
Il est déclaré «Mort pour la France» le 3 juin 1947. La mention «Mort en déportation» est apposée sur son acte de décès (arrêté du 31 mars 1994, paru au Journal officiel du 17 mai 1994).
Une rue et une impasse du Petit-Quevilly portent son nom.


Louis Jouvin et Lucienne Legac en 1980
Son épouse a participé aux commémorations et rencontres initiées par les survivants du convoi. Sur la photo ci-contre, prise lors du déjeuner qui suit une commémoration au Havre en 1980, elle est à côté de Louis Jouvin, arrêté en même temps que son mari et qui fut maire du Grand-Quevilly après son retour des camps. 
  • Note 1 : Lucien Ducastel et Robert Gaillard rapportent qu’ont été arrêtés ce même jour au Petit-Quevilly, André Bréançon (45298), Michel Bouchard (45278), Jean Delattre (agent des PTT, fusillé le 10 mai 1942), Adrien Gentil (45588), Louis Jouvin (45697) Adrien Fontaine (45546), Ursin Sheid (fusillé le 10 mai 1942, lire le blog de sa famille Usheid son destin) et Maurice Voranget (lui aussi déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942).
Sources
  • Témoignages de Robert Gaillard et Lucien Ducastel (20 janvier 1988) qui ont attesté de la date de son arrestation.
  • Mairie du Petit-Quevilly : juin 1992 (acte de décès daté du 17 septembre 1946, formule 3 bis, n° acte 41, n° du registre 25, dossier n° 19097)
  • Listes de déportés de Seine-Maritime établies à son retour de déportation par Louis Jouvin  
  • Liste (incomplète) par matricule du convoi du 6 juillet 1942 établie en 1974 par les historiens du Musée d'Etat d'Auschwitz-Birkenau (Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (Ministère de la Défense, Caen) indiquant généralement la date de décès au camp.
  • © Site Internet «Légifrance.gouv.fr»
  • Photo in bulletin n° 30 de l'association "Mémoire vive" des 45000 et 31000.
  • photo plaque : Google street-view.
Biographie rédigée en 2000 à l’occasion de l’exposition de l’association «Mémoire Vive» au CRDP de Rouen, et modifiée en 2012 et 2014 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : «Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942», Editions Autrement, 2005 Paris et de «Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000», éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie. *Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com  Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie. 

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