L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


GODEBOUT André, Marcel



Matricule "45611" à Auschwitz

André Godebout est né le 3 août 1910 à Déville-lès-Rouen (Seine-Inférieure/Seine-Maritime), il habite à Notre-Dame-de-Bondeville (Seine-Inférieure / Seine-Maritime) au moment de son arrestation. Il est marié, père d’une fille, Micheline, née en 1931 et d'un garçon, Pierre, né en 1933.
Il est ouvrier métallurgiste, membre du Parti communiste et adhérent à la CGT
André Godebout est arrêté à son domicile en pleine nuit, le 21 octobre 1941, par des policiers français. 
Son arrestation est ordonnée par les autorités allemandes en représailles au sabotage (le 19 octobre) de la voie ferrée entre Rouen et Le Havre (tunnel de Pavilly). Lire dans le blog Le "brûlot" de Rouen
Une centaine de militants communistes ou présumés tels de Seine-Inférieure sont ainsi raflés entre le 21 et 23 octobre. Ecroués pour la majorité d’entre eux à la caserne Hatry de Rouen, tous les hommes appréhendés sont remis aux autorités allemandes à leur demande, qui les transfèrent au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122) entre le 25 et le 30 octobre 1941. La moitié d’entre eux d’entre eux seront déportés à Auschwitz. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, lire dans le blog «une déportation d’otages».
Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Les barbelés d'Auschwitz
André Godebout est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les «Judéo-bolcheviks» responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941. Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6, 7, 8 juillet 1942.
Il est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro «45611» (sa photographie d'immatriculation à Auschwitz a été identifiée par des rescapés). Elle a été retrouvée parmi celles que des membres de la Résistance intérieure du camp avaient camouflées pour les sauver de la destruction, ordonnée par les SS peu de temps avant l’évacuation d’Auschwitz. 
On ignore la date exacte de son décès à Auschwitz. L’état civil français l’a déclaré décédé le 15 novembre 1942.
André Godebout est homologué «Déporté politique» en 1955. 
La mention «Mort en déportation» est apposée sur son acte de décès (parution au Journal Officiel du 24 octobre 1993). Son nom est inscrit sur le monument aux morts de la commune, route de Dieppe.

Sources
  • Listes de déportés de Seine-Maritime établies à leur retour de déportation par Louis Jouvin  et par Louis Eudier in «Notre combat de classe et de patriotes, 1934-1945» (annexes p.10-18).
  • Brochure "30 ans de luttes" p.60, éditée par la Fédération du Parti communiste de Seine Maritime, 1964.
  • Liste de militants de la CGT fusillés ou déportés pour leur action dans la Résistance établie par la CGT de Seine-Maritime, page 6.
  • Sa photographie d'immatriculation à Auschwitz a été identifiée par des rescapés lors de la réunion organisée par l'Amicale d'Auschwitz le 10 avril 1948 (bulletin "Après Auschwitz", n°20 de mars-avril 1948)
  • Fichier national du Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BAVCC), Ministère de la Défense, Caen. Fiche individuelle consultée en octobre 1993.
  • © Site Internet «Mémorial-GenWeb».
  • Courriel de sa petite fille, Mme Sandrine Godebout (octobre 2015).
Biographie rédigée en 2000 pour l’exposition de l’association «Mémoire Vive» CRDP de Rouen (modifiée en octobre 2015) par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : «Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942», Editions Autrement, 2005 Paris et de «Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000», éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie. *Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com  Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie. 

Aucun commentaire: