L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


DUPARC Léopold, Charles, René


45506

Léopold Duparc est né le 9 juin 1908 au Houlme (Seine-Inférieure/Seine-Maritime). Il habite rue Roger Salengro à Notre-Dame-de-Bondeville (Seine-Maritime) au moment de son arrestation et travaille comme employé de bureau.
Léopold Duparc est marié et a un fils de 7 ans. 
Il est adhérent du parti radical-socialiste, militant de la CGT et conseiller municipal de Notre-Dame-de-Bondeville. Il sera l’un des dirigeants du Front populaire local.
Il est arrêté le 21 octobre 1941 à son domicile sur ordre des Allemands (Feldkommandantur 517). Son arrestation est ordonnée en représailles au sabotage (le 19 octobre 1941) de la voie ferrée entre Rouen et Le Havre (tunnel de Pavilly). Lire dans le blog Le "brûlot" de Rouen. Une centaine de militants communistes, présumés tels ou sympathisants de Seine-Inférieure sont ainsi raflés entre le 21 et 23 octobre. 
Ecroués pour la plupart à la caserne Hatry de Rouen, tous les hommes appréhendés sont remis aux autorités allemandes à leur demande, qui les transfèrent au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122) entre le 25 et le 30 octobre 1941. La moitié d’entre eux d’entre eux seront déportés à Auschwitz.

Son nom figure sur une liste de 25 internés de Compiègne pouvant être fusillés en représailles après l’attentat d’Elbeuf. 
Sur sa fiche d’otage datée du 25 février 1942, on peut lire : «Adhérent de longue date au Parti radical-socialiste, sympathise avec les communistes, conseiller municipal, connu par la police française en raison de ses convictions  communistes». 

Dans une lettre de mars 1942, le service V II b du chef du district militaire A de Saint Germain-en-Laye écrit à la Feldkommandantur 517 de Rouen concernant la "mise à jour" de la liste d'otages par rapport aux otages Georges Landel et Leopold Duparc pour la mise en place d’une mesure de représailles à la suite d’un attentat au Havre : Pour Leopold Duparc il demande une vérification de ses activités en tant que communiste afin de pouvoir justifier son exécution.   

Léopold Duparc est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000». 
Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les «Judéo-bolcheviks» responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.

Il est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro «45506». La photo du déporté portant ce numéro a été reconnue par sa famille grâce à une photo d’avant guerre de Léopold Duparc. On ignore la date exacte de son décès mais le 2 novembre 1942, il est enregistré à l’infirmerie du camp. Il a été déclaré officiellement par l’état civil français «décédé à Birkenau en janvier 1943», date modifiée en «décédé le 30 janvier 1943 à Birkenau (Pologne)». La mention «Mort en déportation» est apposée sur son acte de décès, parution au Journal Officiel du 9 avril 1989. 
Il a été déclaré «Mort pour la France».
Léopold Duparc est homologué «Déporté résistant». 
Une rue de Notre-Dame-de-Bondeville porte son nom, inscrit également sur le monument aux morts de la commune, route de Dieppe.

Sources
  • Questionnaire biographique (contribution à l’histoire de la déportation du convoi du 6 juillet 1942), envoyé aux mairies, associations et familles au début de mes recherches, en 1987, rempli par le neveu de Léopold Duparc, M. Jimmy Staëlen, directeur d’école, à partir des souvenirs de sa sœur aînée, qui avait 20 ans au moment de l’arrestation de leur oncle (27 mars 1990).
  • Photo de famille (M. Jimmy Staëlen, son neveu).
  • Liste de 26 otages pouvant être fusillés en représailles à l’attentat du 21 janvier 1942 à Elbeuf (liste en date du 8 février 1942) : CDJC (Centre de Documentation Juive Contemporaine) XL III - 46.
  • Fiche d'otages (CDJC XLIII N°73).
  • Liste de militants de la CGT fusillés ou déportés pour leur action dans la Résistance établie par la CGT de Seine Maritime.
  • © Correspondance officielle de mars 1942 in Mémorial de la Shoah, CDJC, catalogue.
  • © Site Internet «Mémorial-GenWeb».
  • © Site Internet «Légifrance.gouv.fr»
Biographie rédigée en 2000 pour l’exposition de l’association «Mémoire Vive» au CRDP de Rouen, et modifiée en mars 2012 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : «Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942», Editions Autrement, 2005 Paris et de «Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000», éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie. *Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com  Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie. 

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