L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


CAMBILLARD Léon, Antoine



Léon Cambillard est né le 3 novembre 1888 à Lille (Nord). Il habite au 36 avenue des Tilleuls à Clamart (Seine / Hauts-de-Seine) au moment de son arrestation.
Il s’est marié avec Jeanne et devient père d’un garçon en 1912. 

Léon Cambillard est mobilisé du 3 août 1914 au 28 juillet 1919. 
Il est blessé le 10 mai 1915 au cours des violents combats - 895 blessés et 179 tués - visant à la reconquête de la crête 140 à La Targette (Neuville-Saint Vaast, engageant la 78ème brigade). Léon Cambillard est décoré de la Croix de Guerre et de la Médaille militaire. A sa démobilisation, il est pensionné de guerre pour une invalidité de 40 %.
Léon Cambillard est fonctionnaire, chef de service administratif à l'Imprimerie nationale, rue de la Convention à Paris au moment de son arrestation. Il participe aux mouvements revendicatifs dans son entreprise (la grève de 1922 et le conflit de l’Imprimerie nationale en juin 1936 qui aboutit à la signature d’une convention collective le 1er février 1937). Il s’investit dans les œuvres sociales au sein de l’entreprise. Selon son fils, Léon Cambillard est membre du Parti communiste et de la CGT, depuis 1922 selon les Renseignements généraux.
Pendant l’Occupation, Léon Cambillard est arrêté le 28 juin 1941par des agents du commissariat du XVème arrondissement  sur son lieu de travail à Paris(1), en tant que «communiste actif», pour détention de tracts. Son domicile est l’objet d’une perquisition. Léon Cambillard est interné au camp de Royallieu à Compiègne fin juin ou début juilllet. Ce camp («Frontstalag 122») est devenu le 27 juin 1941 un camp de détention pour les «ennemis actifs du Reich». Royallieu est alors le seul camp en France sous contrôle direct de l’armée allemande. A Compiègne Léon Cambillard reçoit le matricule 1002. Son épouse Jeanne fait de nombreuses démarches pour obtenir sa libération. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, lire dans le blog «une déportation d’otages».

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Léon Cambillard est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les «Judéo-bolcheviks» responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.

Son numéro d’immatriculation à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 est inconnu. Le numéro "46 318 ??" figurant dans mes deux premiers ouvrages sur le convoi du 6 juillet 1942 correspondait à ma tentative de reconstitution de la liste du convoi par matricules. Ce numéro, quoique plausible, ne saurait être considéré comme sûr en raison de l’existence de quatre listes alphabétiques successives, de la persistance de lacunes pour plus d’une dizaine de noms et d’incertitudes sur plusieurs centaines de numéros matricules. Il ne figure plus dans mon dernier ouvrage «Triangles rouges à Auschwitz».
Léon Cambillard meurt à Auschwitz le 17 septembre 1942 d’après le certificat de décès établi au camp d’Auschwitz et destiné à l’état civil de la municipalité d’Auschwitz (in Death Books from Auschwitz Tome 2 page 157). Dans l'ignorance des dates précises de décès les services d'état civil français ont souvent fixé des dates fictives dans les années qui ont suivi la guerre à partir des témoignages de rescapés (ici, Georges Dudal et André Faudry ont témoigné de sa mort qu’ils ont située au mois d’août 1942). D’où sa date officielle de décès 15 août 1942.
La mention «Mort en déportation» est apposée sur son acte de décès (arrêté du 6 octobre 1987 paru au Journal Officiel du 11 décembre 1987). Mais l’arrêté mentionne toujours la date fictive du 15 août 1942 : il serait souhaitable que le ministère prenne désormais en compte, par un nouvel arrêté, la date portée sur son certificat de décès de l’état civil de la municipalité d’Auschwitz, accessible depuis 1995 (Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau).
Léon Cambillard est homologué "Déporté politique". Le titre de «Déporté Résistant» lui a été refusé dans un premier temps. Mais après le recours introduit par son épouse, il est finalement homologué «Déporté résistant» en 1959 et reçoit le grade d’Adjudant au titre de la Résistance intérieure française (RIF) pour appartenance au Front national crée par le Parti communiste.
Son nom est inscrit sur le monument aux morts de Clamart, dans le cimetière communal. Une plaque est apposée à son domicile, dans l’avenue qui porte désormais son nom.
  • Note 1 : Selon René Blanche, ancien ouvrier de l’imprimerie nationale, ils seront quatre de cette entreprise à être arrêtés pendant l’Occupation : Aubouet (dont le fils André, apprenti imprimeur à l’Imprimerie nationale est fusillé le 17 avril 1942), Gabriel Chanal qui habitait Clamart (déporté à Buchenwald le 12 mai 1944, mort à Dora le 15 avril 1945), Elie Sarda lui aussi de Clamart (arrêté en décembre 1940 déporté le 21 mai 1944 et mort à Neungamme le 26 mai 1945).
Sources  
  • Bureau des archives des conflits contemporains (BAVCC), Ministère de la Défense, Caen (dossier individuel consulté en 1990).
  • Questionnaire biographique (contribution à l’histoire de la déportation du convoi du 6 juillet 1942), envoyé aux mairies, associations et familles au début de mes recherches, en 1987, rempli par son fils  (17 novembre 1989).
  • René Blanche, ancien de l’imprimerie nationale, témoignage recueilli par Roger Arnould en avril 1982.
  • «Le livre Parisien», organe du Syndicat du livre CGT.
  • «Le Peuple» 6 juin 1936.
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres (incomplets) des certificats de décès destinés à l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • Archives municipales de Clamart. Sonia Lieutier, responsable des archives clamartoises
  • © Carte postale des combats de Neuville-St Vaast, 1914/1915. Bruno Baverel. http://ladecouvrance.izibookstore.com/auteur/35/Br
  • © memoiredeshommes. JMO des soldats tués ou blessés au 10/5/15. 
  • © Photo des barbelés d'Auschwitz : Claudine Cardon-Hamet
  • © Site Internet «Mémorial-GenWeb».
  • © Site Internet «Légifrance.gouv.fr»
Biographie installée et complétée en mars 2012 (rédigée en 2003), par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : «Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942», Editions Autrement, 2005 Paris et de «Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000», éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie.*Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel deportes.politiques.auschwitz@gmail.com Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie. 

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