L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


BERNARD Charles, Pierre


Matricule "45226"  à Auschwitz

Charles Bernard est né le 30 août 1904 à Paris (VI°). Il habite au 155 avenue de Chevreuse à Clamart (Seine / Hauts-de-Seine) au moment de son arrestation. 
Il est marié avec Emilie : le couple a un fils, Gaston, qui naît le 1er mars 1925. Charles Bernard exerce la profession de maçon. Le recensement de 1936 indique à la «position sociale» qu’il est alors chômeur.
Pendant l’Occupation, il est arrêté par les polices française et allemande (probablement dans la seconde semaine de novembre 1940), «en flagrant délit, en train d’inscrire des slogans antinazis sur le sol» dit Henri Fayolle (1), arrêté en même temps que lui et que son frère, René Fayolle (qui sera déporté à Auschwitz) ainsi que deux autres militants communistes, Gouédard et Gauthier.
Charles Bernard est écroué à la Santé. Il est condamné à une peine de prison de 10 mois, comme René Fayolle. A la fin de sa période d'emprisonnement, il n'est pas libéré. Un arrêté du préfet de Paris ordonne son internement administratif le 10 septembre 1941. 
Le 10 octobre 1941 il est interné au camp de Rouillé (2) au sein d’un groupe de soixante militants communistes (40 provenant du Dépôt de la Préfecture, 20 de la prison des Tourelles). Début mai 1942, les autorités allemandes adressent au directeur du camp de Rouillé une liste d’internés qui doivent être transférés au camp allemand de Compiègne. 
Le nom de Charles Bernard y figure avec le n° 29. C’est avec un groupe d’environ 160 internés (2) qu’il arrive au camp allemand de Compiègne (Frontstalag 122) le 22 mai 1942. La plupart d’entre eux seront déportés à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet.  Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, lire dans le blog «une déportation d’otages».
Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Charles Bernard est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les «Judéo-bolcheviks» responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.
Il est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro «45226» selon la liste par matricules du convoi établie en 1974 par les historiens polonais du Musée d'Etat d'Auschwitz.
Charles Bernard meurt à Auschwitz le 5 septembre 1942 d’après le certificat de décès établi au camp d’Auschwitz (in Death Books from Auschwitz Tome 2 page 79). Cependant l’arrêté ministériel du 2 juin 1987 portant apposition de la mention «Mort en déportation» sur son acte de décès et paru au Journal Officiel du 6 août 1987, porte encore la mention erronée «décédé le 15 janvier 1943, à Auschwitz (Pologne)». Il serait souhaitable que le ministère prenne désormais en compte par un nouvel arrêté la date portée sur son certificat de décès d’Auschwitz, accessible depuis 1995 (Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau).

Sources
  • Liste de Rouillé du 22 mai 1941 pour un transfert vers Compiègne (Centre de Documentation Juive Contemporaine, XLI-42).
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres (incomplets) des certificats de décès destinés à l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • Liste (incomplète) par matricule du convoi du 6 juillet 1942 établie en 1974 par les historiens du Musée d'Etat d'Auschwitz-Birkenau (Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (Ministère de la Défense, Caen) indiquant généralement la date de décès au camp.
  • © Photo des barbelés d'Auschwitz : Claudine Cardon-Hamet
  • Archives municipales, Clamart.
  • © Site Internet «Mémorial-GenWeb».
  • © Site Internet «Légifrance.gouv.fr»
Biographie installée et complétée en 2012 et 2017 (rédigée en 2003), par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : «Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942», Editions Autrement, 2005 Paris et de «Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000», éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie. Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel deportes.politiques.auschwitz@gmail.com Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie. 

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