L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


TERRIER Georges, Pierre


Georges Terrier est né le 13 août 1906 à Bois-Guillaume (Seine-Inférieure / Seine-Maritime). Il habite au 47 rue Saint-Vivien à Rouen (Seine Inférieure / Seine-Maritime) au moment de son arrestation. Il est docker au port de Rouen. Membre du Parti communiste, il est l’un des dirigeants du syndicat CGT des dockers de Rouen
Georges Terrier est arrêté le 18 juillet 1940 (LA 3340. BAVCC). On ignore le parcours qu'il a suivi ensuite. On sait seulement qu’il a été remis aux autorités allemandes et que celles-ci l’ont interné au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122) avant le 29 octobre 1941. En effet à cette date il figure avec le n° 10 comme interné à Compiègne sur une liste de 26 otages pouvant être fusillés.  Onze de ces otages seront déportés à Auschwitz

 (montage à partir du document du CDJC. Cliquez pour agrandir). Entre son arrestation et son internement à Compiègne on ne peut émettre que des hypothèses : il a pu soit être libéré en 1940, puis arrêté de nouveau pour activité communiste et condamné à une peine de prison, soit pris dans l’une des deux vagues d’arrestation de la région rouennaise celle des 21 et 22 juin 1941 («Aktion Theoderich») ou des 21 et 22 octobre 1941(après l’attentat du tunnel de Pavilly).
A Compiègne, Georges Terrier fait partie du nouveau petit groupe des cuisiniers, (avec Louis Eudier, Legal, Gaston Mallard, Louis Morel, Louis Richard, Jean Tarnus, Louis Richard), groupe désigné par Georges Cogniot (le «doyen» du camp pour les Allemands, mais qui est également responsable de l’organisation communiste clandestine). Georges Terrier est surnommé «la Tache» à cause d’un angiome cutané au visage.
Louis Eudier raconte leur départ de Compiègne le 6 juillet 1942 : «Je me souviens de la réflexion du Camarade docker de Rouen Georges Terrier - dit «la Tache» - qui faisait partie du deuxième groupe qui est venu nous rejoindre sur la place d’appel avec son baluchon : "Je suis content d'avoir été désigné pour faire partie de votre convoi, car vous auriez pu douter de moi si j'étais resté". Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, lire dans le blog «une déportation d’otages».

Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Georges Terrier est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les «Judéo-bolcheviks» responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.

Son numéro d’immatriculation à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 est inconnu. Le numéro "46262 ?" figurant dans mes deux premiers ouvrages sur le convoi du 6 juillet 1942 correspondait à une tentative de reconstitution de la liste du convoi par matricules. Ce numéro, quoique plausible, ne saurait être considéré comme sûr en raison de l’existence de quatre listes alphabétiques successives, de la persistance de lacunes pour plus d’une dizaine de noms et d’incertitudes sur plusieurs centaines de numéros matricules. Il ne figure plus dans mon ouvrage «Triangles rouges à Auschwitz».
Georges Terrier meurt à Auschwitz le 6 janvier 1943 d’après le certificat de décès établi au camp d’Auschwitz (in Death Books from Auschwitz Tome 3 page 1244). «Assassiné par un SS alors qu'il ne pouvait plus travailler» selon le témoignage de Louis Jouvin.
Il est homologué comme Déporté. La mention «Mort en déportation» est apposée sur son acte de décès (arrêté du 3 mars 2000 paru au Journal Officiel n° 144 du 23 juin 2000). Cet arrêté porte toujours la date approximative, quoique proche, du «mois de février 1943» : il serait souhaitable que le ministère prenne désormais en compte par un nouvel arrêté la date portée sur son certificat de décès de l’état civil d’Auschwitz, accessible depuis 1995 (Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau). Lire dans le blog l’article expliquant les différences de dates entre celle inscrite dans le «Death books» (qui correspond au registre d’état civil d’Auschwitz) et celle portée sur l’acte décès de l’état civil français) Les dates de décès des "45000" à Auschwitz.
Gorges Terrier a été déclaré «Mort pour la France». Le titre de «Déporté politique» lui a été attribué.

Sources
  • Liste d’otages du 29 octobre 1941 adressée par la Feldkommandantur 517 au commandement militaire de la région (St Germain-en-Laye). (Centre de Documentation Juive Contemporaine. XLIII-66 page 233).
  • Louis Eudier : Départ de Compiègne
  • Listes de déportés de Seine-Maritime établies à leur retour de déportation par Louis Jouvin et par Louis Eudier in «Notre combat de classe et de patriotes, 1934-1945» (annexes).
  • Liste de militants de la CGT fusillés ou déportés pour leur action dans la Résistance établie par la CGT de Seine Maritime.
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres (incomplets) des certificats de décès d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • Fichier national du Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BAVCC), Ministère de la Défense, Caen. Fiche individuelle consultée en octobre 1993.
  • Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, Le Maitron, Claude Pennetier (dir), éditions de l’Atelier, CD-Rom édition 1997. Tome 42, page 87 (notes : M. Boivin).
  • © Photo des barbelés d'Auschwitz : Claudine Cardon-Hamet
  • © Site Internet «Légifrance.gouv.fr»
Biographie rédigée en 2000 pour l’exposition de l’association «Mémoire Vive» au CRDP de Rouen, et modifiée en janvier 2012 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : «Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942», Editions Autrement, 2005 Paris et de «Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000», éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie. *Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel deportes.politiques.auschwitz@gmail.com Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie.

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