L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


COUILLARD Marcel, Hyacinthe



Matricule "45380" à Auschwitz

Marcel Couillard est né le 18 juin 1900 à Sanvic (commune devenue un quartier du Havre en 1955), il est domicilié au 9 rue de la Solitude à Sainte-Adresse, au moment de son arrestation (commune rattachée au Havre en 1955 (Seine-Inférieure - Seine-Maritime) 
Il est le fils de Marie, Charlotte, Hortense Follet et de Stanislas, Hyacinthe Couillard son époux. ses parents habiten,t 7 passage des moulins à Sanvic.
Macel Couillard est veuf et père de 2 enfants, âgés de 6 et 8 ans. 
Il a été ajourné au conseil de révision en 1920 et 1921.
Cableur, puis ajusteur, il est mécanicien de marine et "inscrit maritime" n°9027, le 18 janvier 1922.
Il est membre du Parti communiste et syndicaliste CGT. 
Juin 1936. Les Inscrits maritimes CGT du Havre



Le paquebot Ile de France
Sa fiche d’otage, rédigée le 6 mai 1942 à partir des renseignements fournis par la police française, indique qu’il est un «communiste convaincu, a participé à la direction de la grève du 30 novembre 1938 sur le paquebot «Ile-de-France». 
Il est arrêté le 27 janvier 1941 pour distribution et possession de tracts communistes, (le même jour et pour les mêmes motifs que ses camarades, Bellenger, Granjon et Vernichon). 
Fiche d'otage de Marcel Couillard
Le motif d’arrestation qui figure sur la fiche d’otage de Marcel Couillard est identique à celui de ses trois camarades arrêtés le même jour : «possession et distribution de tracts communistes dans la rue et à ses camarades de travail, en décembre 1940 et en janvier 1941». Ils sont condamnés le 19 mars 1941 à 13 mois de détention par le tribunal français du Havre. Il purge sa peine à la prison du Havre. A l’issue de celle-ci, il est remis à leur demande aux autorités allemandes. Marcel Couillard est transféré avec ses trois camarades le 28 février 1942 au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122). La mention «Geiselliste» (liste d’otage) qui figurait sur sa fiche d’otage a été barrée et remplacée par «Sühneliste» (liste de répression), suivant l’ordre du 6 mars 1942. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, lire dans le blog «une déportation d’otages».
Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Marcel Couillard est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les «Judéo-bolcheviks» responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.
Marcel Couillard est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro «45380» selon la liste par matricules du convoi établie en 1974 par les historiens polonais du Musée d'Etat d'Auschwitz.
Il meurt à Auschwitz le  22 octobre 1942 d’après le certificat de décès établi au camp d’Auschwitz et destiné à l’état civil de la municipalité d’Auschwitz (in Death Books from Auschwitz Tome 2 page 186).
Son nom figure sur le monument aux morts et le monument commémoratif 1939-1945 de Sainte-Adresse, ainsi que sur le monument commémoratif de la Résistance et de la Déportation, dans les jardins de l'Hôtel de ville du Havre : "Le 29 avril 1990, l'urne contenant des cendres de nos héros et de nos martyrs morts en déportation a été transférée dans ce monument".

Sources
  • Fiche d'otage de Rouen FK 517 (CDJC, XLV42).
  • "30 ans de luttes" p. 53 (brochure publiée par la fédération du Parti communiste de Seine Maritime en 1964).
  • Récit de Jean Quellien, ancien professeur d'Histoire contemporaine à l'Université de Caen, ancien directeur de l'UFR d'Histoire à l'Université de Caen, in La résistance normande beaucoudray.free.fr/gestapo.htm. Note : l’inspecteur de police Louis Allie qu’il cite s’est mis au service des Allemands et, par son zèle au sein des Brigades spéciales, a causé la mort de nombreux résistants communistes. Il est fusillé le 27 février 1944.
  • © Site Internet «Mémorial-GenWeb». Relevé Thierry Prunier (Le Havre), Fabrice Cavelier (Ste Adresse).
  • Photo du paquebot Ile de France, de la Compagnie Générale Transatlantique, lancé en 1927. © Site www.antiqmarine.fr/
  • Liste de déportés de Seine-Maritime établies à son retour de déportation par Louis Eudier in «Notre combat de classe et de patriotes, 1934-1945» (annexes).
  • Liste de militants de la CGT fusillés ou déportés pour leur action dans la Résistance établie par la CGT de Seine Maritime.
  • Fiche d’otage : CDJC, XLV - 42.
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets - de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • Fichier national du Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BAVCC), Ministère de la Défense, Caen. Fiche individuelle consultée en octobre 1993.
  • Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, Le Maitron, Claude Pennetier (dir), éditions de l’Atelier, CD-Rom édition 1997.
  • Liste (incomplète) par matricule du convoi du 6 juillet 1942 établie en 1974 par les historiens du Musée d'Etat d'Auschwitz-Birkenau (Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (Ministère de la Défense, Caen) indiquant généralement la date de décès au camp.
  • © Site Internet «Légifrance.gouv.fr»
Biographie rédigée en 2000 pour l’exposition de l’association «Mémoire Vive» au CRDP de Rouen, et complétée en janvier 2012 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : «Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942», Editions Autrement, 2005 Paris et de «Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000», éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie. *Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com . Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie.

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