L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


BILLARD Maurice, Charles


Maurice Billard est né le 29 juillet 1900 au 226 rue des Pyrénées à Paris XXème. Il est le fils de Pauline Comte, 30 ans, ménagère, et de Jean Marc Billard, 30 ans, graveur, son époux. Maurice Billard habite au Trait (Seine-Inférieure/Seine-Maritime) au moment de son arrestation.
Conscrit de 1920, il est recensé dans la Seine.
Il se marie avec Marie Eugénie Bass le 13 mars 1920, à Paris XIIIème. Il se remarie le 14 juin 1934 avec Madeleine Jeanne Hallier à Marly-le-Roy (Oise).
Le 15 juillet 1937 Maurice Billard est condamné à 2 mois de prison pour avoir été à l’initiative d’une manifestation, un soir de mars : il est à la tête d'une centaine d’habitants du Trait qui envahissent le jardin du couple Harel qui avec des amis chantaient des chants adventistes (journal du Trait). 
Il travaille comme ouvrier métallurgiste au Trait au moment de son arrestation (selon Louis Eudier). 
Maurice Billard est arrêté le 25 novembre 1940, 6 jours après René Demerseman (selon lui, "un copain arrêté le 21 novembre a parlé". Maurice Billard est interné à Rouen et jugé.
A la demande des autorités allemandes, Maurice Binard est transféré par la suite au camp allemand de Royallieu à Compiègne. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, lire dans le blog «une déportation d’otages».
Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Maurice Billard est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les «Judéo-bolcheviks» responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941. Sa photo d’immatriculation à Auschwitz n’a été pas retrouvée parmi les 522 photos que des membres de la Résistance intérieure du camp avaient camouflées pour les sauver de la destruction, ordonnée par les SS peu de temps avant l’évacuation d’Auschwitz. 
Après l’enregistrement, il passe la nuit au Block 13 (les 1170 déportés du convoi y sont entassés dans deux pièces). Le 9 juillet tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau, situé à 4 km du camp principal. Le 13 juillet il est interrogé sur sa profession. Les spécialistes dont les SS ont besoin pour leurs ateliers sont sélectionnés et vont retourner à Auschwitz I (approximativement la moitié du convoi. Les autres, restent à Birkenau, employés au terrassement et à la construction des Blocks.
Les barbelés de Birkenau
On ignore son numéro d’immatriculation à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942. Le numéro «45249 ?» inscrit dans mes deux premiers ouvrages sur le convoi du 6 juillet 1942 (éditions de 1997 et 2000) correspondait à une tentative de reconstitution de la liste du convoi par matricules. Ce numéro, quoique plausible, ne saurait être considéré comme sûr en raison de l’existence de quatre listes alphabétiques successives, de la persistance de lacunes pour plus d’une dizaine de noms et d’incertitudes sur plusieurs centaines de numéros matricules. Seule la reconnaissance, par un membre de sa famille ou ami de la photo  d’immatriculation publiée ci-dessus pourrait désormais en fournir la preuve.

Après l’enregistrement, il passe la nuit au Block 13 (les 1170 déportés du convoi y sont entassés dans deux pièces). Le 9 juillet tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau, situé à 4 km du camp principal. Le 13 juillet il est interrogé sur sa profession. Les spécialistes dont les SS ont besoin pour leurs ateliers sont sélectionnés et vont retourner à Auschwitz I (approximativement la moitié du convoi. Les autres, restent à Birkenau, employés au terrassement et à la construction des Blocks.
Maurice Billard meurt à Auschwitz le 15 septembre d’après le certificat de décès établi au camp d’Auschwitz et destiné à l’état civil de la municipalité d’Auschwitz (in Death Books from Auschwitz Tome 2 page 91). Selon le témoignage d’un rescapé il serait est décédé accidentellement à Auschwitz, en tombant, «en fin d’année» (acte de décès du 14 avril 1947). L’acte du 5 octobre 1993 a modifié celle-ci en «15 septembre 1942». Son nom est inscrit sur le monument aux morts de la commune, près de l’Eglise, avec son deuxième prénom, Charles.
  • Note : La biographie de Maurice Billard publiée sur le site de «Mémoire Vive» attribuait en 2012 à Maurice Billard des données biographiques qui concernent celles de Jean Binard d’Amfreville-la-Mivoie.
Sources
  • © Archives départementales en ligne de Paris
  • Liste de déportés de Seine-Maritime établies à son retour de déportation par Louis Eudier in «Notre combat de classe et de patriotes, 1934-1945» (annexes).
  • Liste de militants de la CGT fusillés ou déportés pour leur action dans la Résistance établie par la CGT de Seine Maritime.
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets - de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • Fichier national du Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BAVCC), Ministère de la Défense, Caen. Fiche individuelle consultée en octobre 1993.
  • © Site Internet «Mémorial-GenWeb».
  • Mel de M. Paul Bomartel (Le Trait). Décembre 2012
Biographie rédigée en 2000 pour l’exposition de l’association «Mémoire Vive» CRDP de Rouen, et modifiée en décembre 2011 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : «Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942», Editions Autrement, 2005 Paris et de «Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000», éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie. Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com  Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie. 

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