L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


BERTRAND Georges, Valentin, Elie


Georges Bertrand est né le 24 avril 1907 à Saint Nazaire (Loire-Inférieure/Loire-Atlantique). Il habite au Havre (Seine-Inférieure/Seine-Maritime) au moment de son arrestation.
Georges Bertrand est docker. Il est marié : le couple a un garçon, Georges(1). Selon son fils, sa mère savait que son père avait des d’activités de Résistance.
Il est arrêté le 23 ou le24 février 1942, à la suite de l’attentat place de l'Arsenal au Havre. Lire dans le blog Le Havre, sabotages et attentats : avril 1941/février 1942.
Extrait du livre de Marie Paule Dhaille-Hervieu. "Communistes au Havre"
Les autorités allemandes l’internent au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122). Depuis ce camp, il va être déporté à destination d’Auschwitz. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à sa déportation, voir les deux articles du blog : La politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942) et «une déportation d’otages».
Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Georges Bertrand est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les «Judéo-bolcheviks» responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6, 7, 8 juillet 1942.
Son numéro d’immatriculation à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 n’est pas connu. Le numéro "45232 ?" figurant dans mes deux premiers ouvrages sur le convoi du 6 juillet 1942 correspondait à une tentative de reconstitution de la liste du convoi par matricules. Ce numéro, quoique plausible, ne saurait être considéré comme sûr en raison de l’existence de quatre listes alphabétiques successives, de la persistance de lacunes pour plus d’une dizaine de noms et d’incertitudes sur plusieurs centaines de numéros matricules. Il ne figure plus dans mon ouvrage «Triangles rouges à Auschwitz».

Après l’enregistrement, il passe la nuit au Block 13 (les 1170 déportés du convoi y sont entassés dans deux pièces). Le 9 juillet tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau, situé à 4 km du camp principal. Le 13 juillet il est interrogé sur sa profession. Les spécialistes dont les SS ont besoin pour leurs ateliers sont sélectionnés et vont retourner à Auschwitz I (approximativement la moitié du convoi. Les autres, restent à Birkenau, employés au terrassement et à la construction des Blocks.
Georges Bertrand meurt à Auschwitz le 3 octobre 1942 d’après le certificat de décès établi au camp d’Auschwitz et destiné à l’état civil de la municipalité d’Auschwitz (in Death Books from Auschwitz Tome 2 page 82). Il est déclaré «Mort pour la France» en 1945. Son épouse a reçu un acte de disparition en date du 12 février 1952. L'état civil français a fixé son décès au 6 juillet 1942.
  • Note 1 : Roger Arnould a retrouvé le fils de Georges Bertrand en 1960 lors d’une réunion organisée par le cercle de la Jeunesse communiste du XXème arrondissement, au cours de laquelle il parlait des camps de concentration et de la Résistance à Buchenwald. Ce qui lui a permis d’aider la famille qui n’avait pas engagé de démarches à la Libération (lettre du 7 avril 1960 à l’Amicale d’Auschwitz et de la FNDIRP du XXème). De ce fait son nom n’a pas été inscrit sur le monument honorant les déportés du Havre.
Sources
  • Fichier national du Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BAVCC), Ministère de la Défense, Caen. Fiche individuelle consultée en octobre 1993.
  • Mme Sylvie Barot, Conservateur des Archives municipales (18 juin 1992).
  • "Communistes au Havre" Histoire sociale, culturelle et politique, 1922-1983, par Marie Paule Dhaille-Hervieu. Publications de l'Université de Rouen et du Havre (11 janvier 2010). Thèse de doctorat.
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets - de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • © Photo des barbelés d'Auschwitz : Claudine Cardon-Hamet
Biographie rédigée en novembre 2011 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : «Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942», Editions Autrement, 2005 Paris et de «Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000», éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie. *Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com  Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie. 

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