L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


CASTELLI Hilaire, Pierre, Toussaint


Extrait du film @ Cio Chini firmarà
Matricule "45340" à Auschwitz

Hilaire Castelli est né le 16 janvier 1888 à Carchetto (Corse/Haute-Corse). Il est le fils de Marie, Philomène Casabianca et de François, Antoine Castelli, gendarme à pied, son époux. Il a deux sœurs.
Hilaire Castelli signe un engagement de quatre ans pour l'armée en 1906. Il effectue cette période au 163ème Régiment d'Infanterie. Il est libéré en 1910 avec le grade de sergent. 
Son registre matricule militaire nous le décrit : cheveux et yeux "châtain foncé", teint basané, 1 m 60.
Après la déclaration de guerre, il est mobilisé le 26 avril 1915 au 39ème RI. Il est nommé adjudant en 1916 et adjudant chef le premier mai 1917. Il passe au 172ème RI le 19 janvier 1918. Il est libéré le 28 janvier 1919. 
 Il a reçu la croix de Guerre
avec étoile de bronze.
Il se retire alors à Rouen et devient préposé administratif des douanes.
Hilaire Castelli a été blessé plusieurs fois, en 1915 et en 1917 (blessure au coup par éclat de grenade). Il est cité à l'ordre de la brigade (n° 28 le 26 avril 1917) : "Chef de section brave et plein d'allant, véritable entraîneur d'hommes, a assuré pendant 48 heures la défense du barrage constamment attaqué par l'ennemi"
Il reçoit la croix de Guerre avec étoile de bronze.
Hilaire Castelli est marié à Marie-Françoise Scampucu, institutrice. Le couple a cinq enfants nés entre 1911 et 1923 mais trois d’entre eux meurent entre 1922 et 1940. 
Hilaire Castelli passe brigadier des Douanes, puis, après son départ en retraite obtenu en 1938 il devient cafetier à Rouen (Seine-Maritime). Il est secrétaire de la cellule du Parti communiste des Douanes n°52, en 1935-1936. Il est ensuite secrétaire du sous-rayon du Parti communiste au Petit-Quevilly.
Militant de la CGT, il est inscrit le 30 août 1939 au Carnet B de la police française répertoriant les éléments  qui représentent "réellement" un danger pour l’ordre intérieur (ces archives de la rue des Saussaies sont saisies en 1940 par l’Abwehr (les services secrets de l’armée allemande).
Il est arrêté le 23 juin 1941 et interné par les Allemands en juillet au camp de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122), sous le numéro 1395.
Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Hilaire Castelli est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les «Judéo-bolcheviks» responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.
Hilaire Castelli à Auschwitz, le 8 juillet 1942
Il est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro «45340». (En l’absence de références aux registres du camp, je lui avais attribué ce numéro, de manière hypothétique en tenant compte de l’ordre des listes alphabétiques partiellement reconstituées. Son fils a reconnu en 2006 le visage de son père sur la photographie d'immatriculation à Auschwitz correspondant à ce numéro).
Les barbelés d'Auschwitz
Aucun document des archives SS préservées de la destruction ne permet de connaître la date de son décès à Auschwitz. Le ministère des Anciens combattants a fixé celle-ci « en octobre 1942 à Auschwitz (Pologne) ». Hilaire Castelli serait mort en se jetant sur les barbelés (témoignage recueilli par Roger Arnould), ou se serait pendu dans son block selon le témoignage de Robert Gaillard à sa famille. Il est déclaré «Mort pour la France» le 19 juin 1947. La mention «Mort en déportation» est apposée sur son acte de décès (Journal Officiel N° 200 du 30 novembre 2007).
Une rue du Petit-Quevilly porte son nom, qui a été également donné à une allée de Grand-Couronne. On trouvera sur le site de l’Association «Mémoire vive» plusieurs photos, documents et témoignages de famille, provenant de son fils Albert. Lien : Hilaire Castelli 

Sources
  • Listes de déportés de Seine-Maritime établies à leur retour de déportation par Louis Jouvin  et par Louis Eudier in «Notre combat de classe et de patriotes, 1934-1945» (annexes).
  • Liste de militants de la CGT fusillés ou déportés pour leur action dans la Résistance établie par la CGT de Seine Maritime.
  • Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, Le Maitron, Claude Pennetier (dir), éditions de l’Atelier, CD-Rom édition 1997 et tome 21, p.290.
  • Mairie juin 1992 : Acte de décès n° 37 ; registre 54, dossier n° 34696, 18 mars 1947.
  • © Site Internet «Mémorial-GenWeb». Le Petit Quevilly (relevé Jean Charles Quirion)
  • © Site www.mortsdanslescamps.com
  • © Site Internet «Légifrance.gouv.fr»
  • © Site Internet «Généanet»
  • © Registre matricule militaire, Corse du Sud
  • Photo extraite du film @ Cio Chini firmarà de Paul Filippi, à partir des photos de famille d'Albert Castelli.
Biographie rédigée en 2000 pour l’exposition de l’association «Mémoire Vive» CRDP de Rouen, et modifiée en novembre 2011 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : «Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942», Editions Autrement, 2005 Paris et de «Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000», éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie. Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com  Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie. 

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