L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


BREANCON André, Louis, Albert




45298

André Bréançon est né le 1er janvier 1910 à Rouen (Seine-Inférieure / Seine-Maritime) et habite au 3 rue Galilée au Petit-Quevilly (Seine-Inférieure / Seine-Maritime) depuis janvier 1938. 
Il est le fils de Lucie Norbert-Nord et de Julien, Louis Bréançon. 
Ouvrier décolleteur de formation, il travaille ensuite dans une raffinerie de pétrole. Il a les yeux noirs, les cheveux noirs et mesure 1 m 63 (registre matricule militaire).
Il habite 34 rue des Chartreux à Grand-Couronne.
Il effectue son service militaire du 15 avril 1931 au 15 avril 1932 dans un régiment d’artillerie.
Il s’est marié avec Isabelle, Hélène Coisy : le couple a deux filles. En janvier 1935, ils habitent au 12 rue du Petit-Quevilly à Rouen, puis rue Lenotre en janvier 1936.
Versé dans la réserve, il est rappelé à l’activité le 28 septembre 1938 (loi du 29 septembre 1938 mettant en alerte les armées au moment de la conférence de Munich les 29 et 30 septembre) et renvoyé dans ses foyers le 7 octobre 1938.
A la déclaration de guerre il est mobilisé au dépôt d’artillerie 402. Il rejoint ensuite le 406ème régiment de DCA, créé en 1938 affecté sur "zone des armées sur le pied de guerre". Il est démobilisé par la brigade de gendarmerie de Seyches (Lot-et-Garonne) le 7 août 1940.
Adhérent du Parti communiste et de la CGT, connu des services de police, il est arrêté le 21 octobre 1941, à son domicile, par les polices française et allemande. Son arrestation est ordonnée par les autorités allemandes en représailles au sabotage (le 19 octobre) de la voie ferrée entre Rouen et Le Havre (tunnel de Pavilly) Lire dans le blog Le "brûlot" de Rouen
Une centaine de militants communistes ou présumés tels de Seine-Inférieure sont ainsi raflés entre le 21 et 23 octobre (1). Ecroués pour la plupart à la caserne Hatry de Rouen, tous les hommes appréhendés sont remis aux autorités allemandes à leur demande, qui les transfèrent au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122) entre le 25 et le 30 octobre 1941. La moitié d’entre eux d’entre eux seront déportés à Auschwitz. 
André Bréançon est interné à Compiègne le 25 octobre 1941. Il y reçoit le n° matricule 2110. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, lire dans le blog «une déportation d’otages».

Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
André Bréançon est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les «Judéo-bolcheviks» responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.

Il est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro «45298» selon la liste par matricules du convoi établie en 1974 par les historiens polonais du Musée d'Etat d'Auschwitz (BAVCC - Ausch. 1/19, liste N°3).
André Bréançon meurt à Auschwitz le 7 août 1942 d’après le certificat de décès établi au camp d’Auschwitz et destiné à l’état civil de la municipalité d’Auschwitz (Death Books from Auschwitz, tome 2 page 130).
Il est déclaré «Mort pour la France» le 7 mars 1948. La mention «Mort en déportation» est apposée sur son acte de décès paru au Journal Officiel du 25 octobre 1987 (son acte de décès du 14 janvier 1947 porte la date du 8 août 1942).
Son nom est inscrit sur le monument aux morts, dans le cimetière municipal du Petit-Quevilly
  • Note 1 : Lucien Ducastel et Robert Gallard rapportent qu’ont été arrêtés ce même jour André Bréançon (45298), Michel Bouchard (45278), Jean Delattre (agent des PTT, fusillé le 10 mai 1942), Adrien Fontaine (45546), Adrien Gentil (45588), Louis Jouvin (45697), Charles Legac (45770), Ursin Sheid (fusillé le 10 mai 1942, lire le blog de sa famille U.SCHEID son destin), Maurice Voranget (un «45000» au n° inconnu).
Sources
  • Mairie de Petit-Quevilly juin 1992 (acte de décès daté du 14 janvier 1947).
  • Listes de déportés de Seine-Maritime établies à leur retour de déportation par Louis Jouvin et par Louis Eudier in «Notre combat de classe et de patriotes, 1934-1945» (annexes).
  • Liste de militants de la CGT fusillés ou déportés pour leur action dans la Résistance établie par la CGT de Seine Maritime.
  • Liste «de noms de camarades du camp de Compiègne», collectés avant le départ du convoi et transmis à sa famille par Georges Prévoteau de Paris XVIIIème, mort à Auschwitz le 19 septembre 1942 (matricules 283 à 3800).
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les actes de décès (registres incomplets) destinés à l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • Liste (incomplète) par matricule du convoi du 6 juillet 1942 établie en 1974 par les historiens du Musée d'Etat d'Auschwitz-Birkenau (Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (Ministère de la Défense, Caen) indiquant généralement la date de décès au camp.
  • Décédés du convoi de Compiègne en date du 6//7/1942. Classeur Ausch. 1/19, liste N°3 (Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (Ministère de la Défense, Caen).
  • © Site Internet «Mémorial-GenWeb». Le Petit Quevilly (relevé Jean Charles Quirion)
  • © Site Internet «Légifrance.gouv.fr»
  • Recherches et courriels de Jean Paul Nicolas, syndicaliste, collaborateur du Maitron (Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français) : registre matricule militaire d’André Bréançon.
Biographie rédigée en 2000 pour l’exposition de l’association «Mémoire Vive» au CRDP de Rouen, et modifiée en novembre 2012 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : «Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942», Editions Autrement, 2005 Paris et de «Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000», éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie. Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie. 

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