L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


HOFFMANN Isidore



Isidore Hoffmann est né le 17 octobre 1918 au Havre (Seine-Inférieure / Seine-Maritime). Il habite au 3 rue Jean de la Fontaine au Havre au moment de son arrestation. Célibataire, il est commerçant (ou marchand forain, selon Louis Eudier).
Isidore Hoffmann est arrêté le 26 février 1941 à la suite de l'attentat de la Place de l'Arsenal. Après l’attentat, les Allemands raflent au jugé des hommes dans les cafés place de l’Arsenal. La rafle se poursuit le lendemain au Pont de La Barre en direction des milieux communistes et syndicalistes. Lire dans le blog Le Havre, sabotages et attentats : avril 1941-février 1942
Isidore Hoffmann aurait d’abord été interné à Drancy (parce que Juif) puis transféré le 15 mai 1942 au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122) (BAVCC) en vue de sa déportation comme otage. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, lire dans le blog «une déportation d’otages». 

Isidore Hoffmann est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les «Judéo-bolcheviks» responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.

On ignore son numéro d'immatriculation à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942. 
Isidore Hoffmann meurt à Auschwitz à une date inconnue. L’état civil français l’a déclaré mort le 6 juillet 1942 date de départ du convoi pour Auschwitz. Cependant, son nom est inscrit sur un registre de l’infirmerie de Birkenau à la date du 7 novembre 1942. Lire dans le blog l’article expliquant les différences de dates in Les dates de décès des "45000" à Auschwitz.

La mention «Mort en déportation» est apposée sur son acte de décès paru au Journal Officiel du 15 mars 1993.
Son nom est inscrit sur le monument commémoratif de la Résistance et de la Déportation du Havre «Le 29 avril 1990, l'urne contenant des cendres de nos héros et de nos martyrs morts en déportation a été transférée dans ce monument».


Sources
  • Liste de déportés de Seine-Maritime établies à son retour de déportation par Louis Eudier in «Notre combat de classe et de patriotes, 1934-1945» (annexes).
  • «Liste Boisard» des «Habitants du Havre morts dans les camps de concentration et dont il a été possible de retrouver les noms», établie en 1968 et fournie en 1973 par Louis Eudier à Roger Arnould, documentaliste à la FNDIRP.
  • Marie Paule Hervieu «Communistes au Havre, communistes du Havre». Thèse de doctorat Institut d’Etudes Politiques de Paris..
  • Fichier national du Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BAVCC), Ministère de la Défense, Caen. Fiche incluant une photo et dossier individuel consultés en octobre 1993.
  • Liste des déportés ayant reçu des médicaments à l’Infirmerie de Birkenau entre le 1er novembre 1942 et le 28 mars 1943.
  • © Site Internet «Mémorial-GenWeb».
  • JORF n°63 du 15 mars 1993 page 410.
Biographie rédigée en novembre 2011 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : «Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942», Editions Autrement, 2005 Paris et de «Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000», éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie. *Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie. 

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