L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


HOFFMANN Isidore

Isidore Hoffmann ©  DAVCC


Isidore Hoffmann est né le 17 octobre 1918 au Havre (Seine-Inférieure / Seine-Maritime). 
Il est le fils de Miriam Vinitzky, 38 ans née à Odessa (Russie) le 11 avril 1880 et de Jacob Hoffmann, 44 ans, son époux. Ce dernier est né en 1874, à Braila (Ibraila ou Ibraël) en Roumanie. Il est naturalisé français en 1909, son épouse et lui sont marchands ambulants : ils vendent de la bonneterie-mercerie et parfums à bord des bateaux faisant escale au Havre.  
Jacob Hoffmann est vice président du comité de bienfaisance israélite du Havre. Il ont été mariés à Londres (GB) en 1899 par le grand rabbin de Londres. 
Isidore Hoffmann a 3 sœurs : 2 jumelles, Frida et Adéla, sténo-dactylo, nées le 31 mars 1901 et Anna née le 24 octobre 1902, et 3 frères aînés : Salomon (Samy), né le 28 novembre 1903, qui est employé de commerce en 1939, Henri, né le 22 mars 1907, également employé de commerce en 1939 et Roger, né le 6 juin 1909, tapissier en 1939 (sources état civil du Havre).
Isidore Hoffmann habite au 3 rue Jean de la Fontaine au Havre au moment de son arrestation. 
Célibataire, il est employé de commerce ou commerçant selon les services de l'état civil ou marchand forain, selon Louis Eudier .
Isidore Hoffmann est arrêté comme otage le 26 février 1941 au Havre à la suite de l'attentat de la Place de l'Arsenal. Lire dans le blog Le Havre, sabotages et attentats : avril 1941-février 1942
Après l’attentat, les Allemands raflent au jugé des hommes dans les cafés place de l’Arsenal. La rafle se poursuit le lendemain au Pont de La Barre en direction des milieux communistes et syndicalistes. 
Isidore Hoffmann aurait d’abord été interné à Drancy (parce que Juif), puis transféré le 15 mai 1942 au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122) (source DAVCC) en vue de sa déportation comme otage. 
Depuis ce camp, il va être déporté à destination d’Auschwitz. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à sa déportation, voir les deux articles du blog : La politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942) et «une déportation d’otages».
Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Isidore Hoffmann est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les «Judéo-bolcheviks» responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941. Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6, 7, 8 juillet 1942.
On ignore son numéro d'immatriculation à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942.
Lire dans le blog le récit du premier jour à Auschwitz : L'arrivée au camp principal, 8 juillet 1942. et 8 juillet 1942 : Tonte, désinfection, paquetage, "visite médicale". 
Après l’enregistrement, il passe la nuit au Block 13 (les 1170 déportés du convoi y sont entassés dans deux pièces). Le 9 juillet tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau, situé à 4 km du camp principal. Le 13 juillet  ils sont interrogés sur leurs professions. Les spécialistes dont les SS ont besoin pour leurs ateliers sont sélectionnés et vont retourner à Auschwitz I (approximativement la moitié du convoi). Les autres, dont tous les Juifs, restent à Birkenau, employés au terrassement et à la construction des Blocks.
Isidore Hoffmann meurt à Auschwitz à une date inconnue. L’état civil français l’a déclaré mort le 6 juillet 1942 date de départ du convoi pour Auschwitz. Cependant, son nom est inscrit sur un registre de l’infirmerie de Birkenau à la date du 7 novembre 1942. Lire dans le blog l’article expliquant les différences de dates in Les dates de décès des "45000" à Auschwitz.
La mention «Mort en déportation» est apposée sur son acte de décès paru au Journal Officiel du 15 mars 1993.
Son nom est inscrit sur le monument commémoratif de la Résistance et de la Déportation du Havre «Le 29 avril 1990, l'urne contenant des cendres de nos héros et de nos martyrs morts en déportation a été transférée dans ce monument». Une adresse de la famille est indiquée sur sa fiche au DAVCC : 10 rue Saint Antoine, Paris 4ème.
La famille Hoffmann a été durement touchée par les mesures antisémites de Vichy et la politique d'extermination nazie. 
Une des sœurs aînées d'Isidore, Anna Hoffmann est déportée à Auschwitz depuis Drancy le 18 juillet 1943, où elle meurt le 23 juillet 1943 (son mari, Charles Kajler est déporté le 22 juin et meurt le 27 juillet 1942 à Auschwitz). Un autre de ses frères, Samy Hoffmann, est déporté le 2 septembre 1943 depuis Drancy et meurt à Varsovie en septembre 1943. Une autre de ses sœurs, Adela, s'est occupée de Régine Vinitzky, fille de Joseph et Enta Vinitzky au 10 rue saint Antoine, après la déportation de ces derniers.

Sources
  • Liste de déportés de Seine-Maritime établies à son retour de déportation par Louis Eudier in «Notre combat de classe et de patriotes, 1934-1945» (annexes).
  • «Liste Boisard» des «Habitants du Havre morts dans les camps de concentration et dont il a été possible de retrouver les noms», établie en 1968 et fournie en 1973 par Louis Eudier à Roger Arnould, documentaliste à la FNDIRP.
  • Marie Paule Hervieu «Communistes au Havre, communistes du Havre». Thèse de doctorat Institut d’Etudes Politiques de Paris..
  • Fichier national de la Division des Archives des Victimes des Conflits Contemporains (DAVCC), Ministère de la Défense, Caen. Fiche incluant une photo et dossier individuel consultés en octobre 1993.
  • Liste des déportés ayant reçu des médicaments à l’Infirmerie de Birkenau entre le 1er novembre 1942 et le 28 mars 1943.
  • © Site Internet «Mémorial-GenWeb».
  • JORF n°63 du 15 mars 1993 page 410.
  • Etat civil en ligne du Havre.
  • Courriels de madame Evelyne Lemberski, parente du côté Vinitzky. Juillet 2017. Je la remercie vivement pour ses recherches familiales.
  • Mémorial de la Shoah
  • JORF.
Biographie rédigée en novembre 2011 (complétée en 2017) par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : «Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942», Editions Autrement, 2005 Paris et de «Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000», éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie. *Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie. 

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