L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


FONTAINE Adrien, Henri, Gustave



Matricule "45546" à Auschwitz

Rescapé

Adrien Fontaine est né le 21 novembre 1901 à Cany-Barville (Seine-Inférieure/Seine-Maritime). 
Adrien Fontaine habite 25 rue Boëldieu au Grand-Quevilly (Seine-Inférieure/Seine-Maritime) au moment de son arrestation).
Il est le fils de Victorine, Maria Fontaine, âgée de 28 ans, sans profession.
Conscrit matricule 2812, Adrien Fontaine est appelé au service militaire le 7 avril 1921 et mis en disponibilité le 1er avril 1923 (il est maintenu provisoirement sous les drapeaux : loi du 21 mars 1905... et le certificat de "bonne conduite" lui est refusé).
Il habite Corbeil après sa démobilisation, au 38 rue Spire. Puis en 1929 il démanage au Petit Quevilly au 86 rue de la gare.
Adrien Fontaine est soudeur électrique (peut être dans un garage Citroën, selon Louis Eudier). Il travaille ensuite à la P.E.C à Grand-Couronne.
A partir du 9 mai 1931, il est domicilié au 25 rue Boëldieu au Grand-Quevilly.
Adrien Fontaine épouse Alice, Anaïs, Lucienne Lormier le 3 avril 1926 à Bihorel (dans l'agglomération de Rouen). Le couple a un enfant âgé de cinq ans en 1941.
Il est rappelé sous les drapeaux le 27 août 1939, jusqu'au 6 janvier 1940, date à laquelle il est "affecté spécial", comme soudeur aux établissement Pecquet et Compagnie (Pecquet-Tesson). Il est démobilisé le 5 septembre (? illisible) 1940.
Membre du Parti Communiste et de la CGT, Adrien Fontaine est arrêté le 22 octobre 1941, à son domicile, par la police française par ordre de l’autorité allemande, en raison de son appartenance au Parti communiste (source dossier De Brinon). 
Son arrestation est ordonnée par les autorités allemandes en représailles au sabotage (le 19 octobre) de la voie ferrée entre Rouen et Le Havre (tunnel de Pavilly) Lire dans le blog Le "brûlot" de Rouen. Une centaine de militants communistes ou présumés tels de Seine-Inférieure sont ainsi raflés entre le 21 et 23 octobre. Ecroués pour la plupart à la caserne Hatry de Rouen, tous les hommes appréhendés sont remis aux autorités allemandes à leur demande, qui les transfèrent au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122) entre le 25 et le 30 octobre 1941. La moitié d’entre eux d’entre eux seront déportés à Auschwitz. Adrien Fontaine est incarcéré à la caserne Hatry puis transféré au camp allemand de Royallieu à Compiègne (le Frontstalag 122).
Depuis ce camp, il va être déporté à destination d’Auschwitz. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, voir les deux articles du blog : La politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942)  et «une déportation d’otages».
Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Adrien Fontaine est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les «Judéo-bolcheviks» responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941. Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6, 7, 8 juillet 1942.
les barbelés d'Auschwitz
Adrien Fontaine est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro "45546". 
Ce matricule sera tatoué sur son avant-bras gauche quelques mois plus tard. Après l’enregistrement, il passe la nuit au Block 13 (les 1170 déportés du convoi y sont entassés dans deux pièces). Le 9 juillet tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau (Brzezinka), situé à 4 km du camp principal (lire dans le blog, La journée-type d'un déporté d'Auschwitz). Compte tenu de sa profession, adrien Fontaine revient à Auschwitz I.
En application d’une directive de la Gestapo datée du 21 juin 1943 accordant aux détenus des KL en provenance d’Europe occidentale la possibilité de correspondre avec leur famille et de recevoir des colis renfermant des vivres, Adrien Fontaine, comme les autres détenus politiques français d’Auschwitz, reçoit en juillet 1943 l’autorisation d’échanger des lettres avec sa famille - rédigées en allemand et soumises à la censure - et de recevoir des colis contenant des aliments. Ce droit leur est signifié le 4 juillet 1943. Entre le 14 août 1943 et le 12 décembre 1943, il est en quarantaine au Block 11 avec la quasi-totalité des Français survivants. Lire l'article du blog "les 45000 au block 11. Le 12 décembre, les Français quittent le Block 11 et retournent dans leurs anciens Kommandos. Le 3 août 1944, Adrien Fontaine est parmi les “45000” mis en «quarantaine», au Block 11.
Le 7 septembre 1944, il est transféré avec 29 autres «45000» à Gross Rosen où il reçoit le matricule n° 40996 voir document ci-contre. Après leur quarantaine, les "45 000" sont répartis dans divers kommandos dont une dizaine sont affectés aux usines Siemens. Adrien Fontaine est évacué sur Hersbrück (kommando de Flossenbürg, constructions Dogger), entre le 8 et le 11 février 1945, avec dix-sept autres «45000». 
Le 8 avril 1945, les dix-sept "45 000" survivants partent à pied de Hersbrück pour Dachau où ils arrivent, le 24 avril 1945. Ils y sont libérés le 29 avril 1945 par les troupes américaines. Adrien Fontaine est rapatrié le 7 juin 1945. Il est homologué comme «Déporté Politique» en 1953. Adrien Fontaine meurt le 4 février 1986 à Elbeuf.
Adrien Fontaine , comme tous les rescapés souffre d'affections diverses et bénéficiera de différents taux de pension, validés chaque année par des commissions de réforme de 1960 à 1966. Il lui manque 13 dents, il souffre de l'asthénie des déportés, d'arthrose cervicale, de bourdonnements d'oreilles, de surdité bilatérale partielle (50%), dystonie neuro-végétative avec dyspnée, bronchite chronique BKo (...). 

Sources
  • Témoignage de Louis Eudier.
  • Lucien Ducastel (45491) le mentionne dans son questionnaire du 20 janvier 1988.
  • Liste d’appel de Gross Rosen conservée par Johan Beckman.
  • Fichier national du Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BAVCC), Ministère de la Défense, Caen. Fiche individuelle consultée en novembre 1993.
  • © Photo des barbelés d'Auschwitz : Claudine Cardon-Hamet.
  • ©Registre matricule militaire des Sein-Maritime.
Biographie rédigée en novembre 2011 (complètée en août 2015) par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : «Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942», Editions Autrement, 2005 Paris et de «Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000», éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie. *Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie. 

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