L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


BOUCHARD Michel, Roger




Michel Bouchard le 8 juillet 1942
Matricule "45278" à Auschwitz

Michel Bouchard est né le 30 décembre 1913 à Avesnes-en-Val (Seine-Inférieure/Seine-Maritime). Il est domicilié Chemin des Sables au Grand-Quevilly (Seine-Inférieure/Seine-Maritime), au moment de son arrestation.
Il est marié et le couple a 3 enfants.
Michel Bouchard est cheminot à l'atelier 4 du dépôt des "Quatre Mares" de Sotteville-Lès-Rouen (matricule SNCF n°42945).
Membre du Parti Communiste et de la CGT avant-guerre, il participe à des distributions de tract pendant l'Occupation (lire sur le site "Histoire des ateliers des Quatre Mares", la "petite Résistance" "1941/1942, la Résistance s'organise" (http://www.gaqm.fr/theme5.htm).

Dans la nuit du 21 au 22 octobre 1941, Michel Bouchard est arrêté à son domicile par les polices allemande et française au motif de son ancienne appartenance au mouvement communiste. Son arrestation est ordonnée par les autorités allemandes en représailles au sabotage (le 19 octobre) de la voie ferrée entre Rouen et Le Havre (tunnel de Pavilly) Lire dans le blog Le "brûlot" de Rouen. Une centaine de militants communistes ou présumés tels de Seine-Inférieure sont ainsi raflés entre le 21 et 23 octobre. Ecroués pour la plupart, comme Michel Bouchard, à la caserne Hatry de Rouen, tous les hommes appréhendés sont remis aux autorités allemandes à leur demande, qui les transfèrent au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122) entre le 25 et le 30 octobre 1941. Trente-neuf d'entre eux d'entre eux seront déportés à Auschwitz. Michel Bouchard est interné à Compiègne le 25 octobre 1941. Il y reçoit le matricule n° 1897.
Le 23 décembre 1941, Michel Bouchard figure sur la liste de recensement des 131 jeunes communistes du camp de Compiègne nés entre 1912 et 1922, aptes à être déportés "à l'Est", en application de l'avis du 14 décembre 1941 du commandant militaire en France, Otto von Stülpnagel (archives du CDJC). Pour comprendre la politique de l'Occupant qui mène à leur déportation, lire dans le blog «une déportation d’otages.

Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Michel Bouchard est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des "45000". Ce convoi d'otages composé, pour l'essentiel, d'un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d'une cinquantaine d'otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les "Judéo-bolcheviks" responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d'août 1941.


Michel Bouchard, immatriculation
Michel Bouchard est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro matricule "45278".
Michel Bouchard meurt à Auschwitz le 24 octobre 1942 d’après le certificat de décès établi au camp d’Auschwitz et destiné à l’état civil de la municipalité d’Auschwitz (in Death Books from Auschwitz Tome 2 page 123). 
Il est mort d'épuisement à cette date dans les bras de Louis Jouvin, dans la niche du Block 9 qu'il partage avec lui, selon le témoignage de son camarade rescapé. 
Michel Bouchard est homologué comme "Déporté Politique".
Son nom est inscrit sur le monument aux morts des établissements S.N.C.F. de Sotteville-les-Rouen, ateliers des Quatre Mares. Il figure également sur la plaque commémorative située dans le hall de la gare de Rouen «A la mémoire des cheminots du centre de Rouen morts par faits de guerre, fusillés ou morts en déportation - 1939-1945». La mention "Mort en déportation" est apposée sur son acte de décès paru au Journal Officiel du 2 octobre 1987.

Sources
  • Listes de déportés de Seine-Maritime établies à leur retour de déportation par Louis Jouvin (3 février 1990) et par Louis Eudier in "Notre combat de classe et de patriotes, 1934-1945" (annexes).
  • Site des Quatre Mares http://www.gaqm.fr/theme5.htm
  • Liste des jeunes communistes nés entre 1912 et 1922, "aptes à être déportés à l'Est" 23/12/1941 (archives du CDJC. XLIV-198).
  • Death Books from Auschwitz, Musée d'État d'Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets - de l'état civil de la ville d'Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • Fichier national du Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BAVCC), Ministère de la Défense, Caen. Fiche individuelle et dossier consultés en décembre 1992 et octobre 1993.
  • Acte de décès ministériel du 4 juillet 1946.
  • Liste (incomplète) par matricule du convoi du 6 juillet 1942 établie en 1974 par les historiens du Musée d'Etat d'Auschwitz-Birkenau (Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (Ministère de la Défense, Caen) indiquant généralement la date de décès au camp.
  • © Site Internet Mémorial-GenWeb
  • © Site Internet "Rail et mémoire".
  • © Site www.mortsdanslescamps.com
Biographie rédigée en novembre 2011 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : "Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942", Editions Autrement, 2005 Paris et de "Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des "45000", éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d'utilisation totale ou partielle de cette biographie. *Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com. Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie. 

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