L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


GOHE Marcel Victorien



Matricule 45615 à Auschwitz

Marcel Gohé est né le 11 février 1892 à Condé-sur-Noireau (Calvados). Il est le fils de Céline Poix, 35 ans, femme de ménage, et de Ferdinand Gohé, 35 ans teinturier, son époux.
Marcel Gohé est domicilié à Darnétal (Seine-Inférieure / Seine-Maritime) au moment de son arrestation. 
Conscrit de la classe 1912, Marcel Gohé est exempté de service militaire en 1913 pour «défaut de taille» (il mesure 1 m 49). Il ne sera pas mobilisé lors de la mobilisation générale de 1914, et le 3 avril 1917, la commission de réforme de la Seine-Inférieure le maintien exempté pour « faiblesse générale ». 
Il est manutentionnaire d'entretien à la Réglisserie Risser, Gundill et Lévy.
Marcel et Henriette Gohé
Il s’est marié le 8 mars 1913 avec Henriette Plaisant à la mairie de Saint Léger du Bourg Denis. Le couple a deux filles et deux fils.
Selon un de ses fils, Rémy né en 1924, il n’est pas communiste, mais est un résistant.
Marcel Gohé est arrêté le 20 octobre (Paul Le Goupil) ou le 22 octobre 1941 (fiche au BAVCC), « comme communiste». Marcel Genvrin, également de Darnétal et qui sera déporté avec lui, est arrêté le 21 octobre. Ces arrestations sont ordonnées par les autorités allemandes en représailles au sabotage (le 19 octobre) de la voie ferrée entre Rouen et Le Havre (tunnel de Pavilly) Lire dans le blog Le "brûlot" de Rouen. Une centaine de militants communistes ou présumés tels de Seine-Inférieure sont ainsi raflés entre le 21 et le 23 octobre. Ecroués pour la plupart à la caserne Hatry de Rouen, tous les hommes appréhendés sont remis aux autorités allemandes à leur demande, qui les transfèrent au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122) entre le 25 et le 30 octobre 1941. Trente neuf d’entre eux d’entre eux seront déportés à Auschwitz.
Marcel Gohé est interné à Compiègne le 25 octobre 1941. A Compiègne, il reçoit le numéro matricule 2008. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, lire dans le blog «une déportation d’otages
Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Marcel Marcel Gohé est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les «Judéo-bolcheviks» responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941. Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6, 7, 8 juillet 1942.
Il est immatriculé à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro matricule «45615 ». Son petit fils a reconnu son visage dans la photo d'immatriculation du déporté "45615". 
Lire dans le blog le récit de leur premier jour à Auschwitz : L'arrivée au camp principal, 8 juillet 1942. et 8 juillet 1942 : Tonte, désinfection, paquetage, "visite médicale"
Marcel Gohé meurt à Birkenau, le 22 octobre 1942 d’après le registre d’état civil du camp d’Auschwitz (in Death Books from Auschwitz Tome 2 page 358).
Il a été déclaré «Mort pour la France» et le titre de «Déporté politique» lui a été attribué. La mention «Mort en déportation» est apposée sur son acte de décès paru au Journal Officiel du 8 décembre 1993.
Son nom figure sur la plaque commémorative inaugurée pour le 40ème anniversaire de la Libération des Camps, qui a été apposée sur le mur de la mairie de Darnétal
Son nom est également inscrit sur la stèle commémorative dans le cimetière communal de la ville.
Son beau frère, Charles Plaisant, déporté à Sachsenhausen dans le convoi du 24 janvier 1943, est mort pendant les évacuations en 1945.

Sources
  • Courrier du maire de Darnétal, JC. Pezler, le 5 mai 1992.
  • Entretien téléphonique avec Rémy Gohé, ancien résistant, ancien combattant 1939-1945, ancien du 7ème bataillon de marche de Normandie (le 12 juin 1992). Il est décédé le 22 décembre 2009.
  • Remerciements à son petit fils, Jacky Gohé, fils de Rémy Gohé, qui a reconnu le visage de son grand père dans la photo d'immatriculation à Auschwitz (juillet 2012) et qui m'a envoyé la photo de ses grands parents.
  • Courrier de Paul Le Goupil, instituteur à Valcanville (Manche). Résistant, il est arrêté le 13 avril 1943. Il sera déporté à Auschwitz. Auteur de "La route des crématoires" aux éditions "L'Amitié par le Livre". Il continue à faire des recherches sur la résistance et la déportation.
  • Témoignages de Lucien Penner, Henri Peiffer, Eugène Garnier.
  • © Archives en ligne du Calvados, Condé-sur-Noireau.
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets - de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • Fichier national du Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BAVCC), Ministère de la Défense, Caen. Fiche individuelle consultée en janvier 1992.
  • © Site Internet Mémorial-GenWeb (relevé Jean Mamez).
Biographie rédigée en octobre 2011 (complétée en 2015) par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : «Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942», Editions Autrement, 2005 Paris et de «Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000», éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie. * Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie. 

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