L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


CARVILLE, Marcel, Fernand.





Matricule "45333" à Auschwitz

Marcel Carville est né le 30 mars 1893 à Elbeuf (Seine-Inférieure/Seine-Maritime). 
Il habite au 7 rue Bourdon à Elbeuf au moment de son arrestation.
Il est le fils de Marie Augustine Redoult et d'Auguste Alphonse Carville. Ses parents habitent au 52 rue de la Nation.
Il est journalier avant son service militaire.
Conscrit de la classe 1913, il est incorporé le 17 décembre 1913. Il passe au 10ème Régiment de hussards le 10 janvier 1914.
Le camp de Quedlinburg (Sachsen-Anhalt)
Il est fait prisonnier le 14 septembre 1914 lors de la première offensive de la bataille de l'Aisne à Prouvais et reste interné en Allemagne au camp de Quedlinburg jusqu'en janvier 1919. 
Il est rapatrié le 15 janvier et est alors versé au 7ème Régiment de chasseurs le 7 avril 1919. Il est renvoyé dans ses foyers en août 1919.
Il revient alors habiter chez ses parents au 52 rue de la Nation devenue rue Guynemer à Elbeuf. En 1921 il emménage au 8 rue Victor Grandin à Elbeuf. Il va alors travailler comme ouvrier dans les entreprises de textile de la ville. Entre cette date et son arrestation, il déménagera 4 fois, toujours à Elbeuf
En 1925, il travaille comme débourreur. Le 2 septembre 1927, on sait par son registre matricule militaire qu'il est condamné à 13 mois de prison avec sursis.
Il travaille comme cardier en 1937Il est un militant de la CGT.
En 1938, il travaille aux Etablissements Gasse frères et Cautelou à Elbeuf (tissage puis apprêt des étoffes de laine).
En 2010 l’usine est réhabilitée 
en 81 logements. D.r.
Marcel Carville est arrêté le 23 janvier 1942 à Elbeuf (LA 12.228 au BAVCC). Son arrestation est probablement ordonnée à la suite de la mort d’un caporal de la Wehrmacht, tué par balles le 21 janvier 1942 à Elbeuf.
9 otages sont exécutés, d’autres sont internés au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122)
Remis aux autorités allemandes à leur demande Marcel Carville est transféré vers le 16 février 1942 à Compiègne où il y reçoit le numéro matricule 3615.
Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Marcel Carville est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les «Judéo-bolcheviks» responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.
Marcel Carville est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro «45333» selon la liste par matricules du convoi établie en 1974 par les historiens polonais du Musée d'Etat d'Auschwitz. Sa photographie d'immatriculation à Auschwitz a été identifiée par des rescapés lors de la réunion organisée par l'Amicale d'Auschwitz le 10 avril 1948 (bulletin "Après Auschwitz", n°20 de mars-avril 1948).
Marcel Carville meurt à Auschwitz le 8 août 1942 d’après le registre d’état civil de la municipalité d’Auschwitz (in Death Books from Auschwitz Tome 2 page 158). La mention «Mort en déportation» est apposée sur son acte de décès (J.O. du 15 novembre 1987).

Sources
  • Liste de déportés de Seine-Maritime établies à son retour de déportation par Louis Eudier in «Notre combat de classe et de patriotes, 1934-1945» (annexes).
  • Séance d’identification de 122 «45.000» le 30 avril 1948 par les rescapés du convoi, à partir des photos d’immatriculation de près de 500 de leurs camarades reçues de Pologne par l'Amicale d'Auschwitz le 10 avril 1948 (bulletin "Après Auschwitz", n°20 de mars-avril 1948).
  • Liste «de noms de camarades du camp de Compiègne», collectés avant le départ du convoi et transmis à sa famille par Georges Prévoteau de Paris XVIIIème, mort à Auschwitz le 19 septembre 1942 (matricules 283 à 3800).
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets - de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • Fichier national du Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BAVCC), Ministère de la Défense, Caen. Fiche individuelle consultée en décembre 1992.
  • Liste (incomplète) par matricule du convoi du 6 juillet 1942 établie en 1974 par les historiens du Musée d'Etat d'Auschwitz-Birkenau (Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (Ministère de la Défense, Caen) indiquant généralement la date de décès au camp.
  • Sa photographie d'immatriculation à Auschwitz a été identifiée par des rescapés lors de la réunion organisée par l'Amicale d'Auschwitz le 10 avril 1948 (bulletin "Après Auschwitz", n° 20 de mars-avril 1948).
  • © Site www.mortsdanslescamps.com
  • © www.camp-de-quedlinburg.fr
  • © Registres matricules militaires de Seine-Maritime.
Biographie rédigée en octobre 2011 (modifiée en août 2015) par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : «Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942», Editions Autrement, 2005 Paris et de «Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000», éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie. *Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie. 

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