L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


BILLOQUET Émile Charles



Cliquez sur la fiche d'otage d'Emile Billoquet pour l'agrandir





46218

Emile Billoquet est né le 13 novembre 1908 à Oissel (Seine-Inférieure / Seine-Maritime), il habite au 53 quai d’Elbeuf ou au 5 Grande rue de l'Église à Oissel au moment de son arrestation (la première adresse correspond à la liste de la Feldkommandantur 517, datée du 29 octobre 1941, la seconde à sa fiche d’otage datée du 25 février 1942).
Il est ajusteur, et travaille comme serrurier aux ateliers SNCF de Sotteville-Quatre Mares à Sotteville-lès-Rouen. Il est marié.
Emile Billoquet otage "déportable"
Pendant l’Occupation, «des groupes de résistants s'organisent à Oissel et à Saint-Etienne-du-Rouvray (…). La répression est sévère. Elle touche en premier les militants communistes. Les arrestations sont nombreuses (…) Ainsi Emile Billoquet, Maurice Revert, Gérard Marti, cheminots, Henri Pinot, Charles Drouet, Gustave Lecomte, ouvriers aux établissements Commentry, Maurice Leverger, Gustave Fouache, Victor Malo, M. Vadelorge comme René Serian, comme Mme Lebourg qui faisait partie des "amis de l’URSS" et qui fut internée à Drancy » (in site http://www.ville-oissel.fr/pages/histoire_rues.htm).

Emile Billoquet otage "fusillable"
Emile Billoquet est arrêté à Oissel le 21 octobre 1941 comme « membre du Parti communiste ». Emile Billoquet est «connu depuis longtemps comme communiste actif par la police française et membre des «Amis de l'URSS» mentionne sa fiche d’otage établie le 25 février 1942 par le SD (Sicherheisdienst, Service de Sécurité).Son arrestation a lieu dans le cadre de la rafle qui touche une centaine de militants communistes ou présumés tels de Seine-Inférieure et qui fait suite au sabotage (le 19 octobre), de la voie ferrée entre Rouen et Le Havre (tunnel de Pavilly). Lire dans le blog Le "brûlot" de Rouen.
Le 9 octobre 1941, la Feldkommandantur 517 de Rouen envoie au Commandant militaire de la région A (Saint Germain-en-Laye) une liste de 26 communistes «fusillables». Le nom d’Emile Billoquet y figure. Onze d’entre eux seront déportés à Auschwitz. Ecroués à la caserne Hatry de Rouen, tous les hommes appréhendés sont remis aux autorités allemandes à leur demande, qui les transfèrent au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122) entre le 19 et le 30 octobre 1941.Le 29 octobre 1941, la Feldkommandantur 517 envoie
Le 8 décembre 1941, en réponse aux demandes du Haut commandement militaire dans le but de former un convoi de 500 personnes vers l’Est, la Feldkommandantur 517 de Rouen établit une liste de 28 communistes : «actuellement au camp de Compiègne et pour lesquels est proposé un convoi vers l’Est. Cette liste a été complétée de quelques personnes arrêtées à la suite de l’attentat du Havre du 7 décembre 1941».


Menu de Noël 1941 d'Emile Billoquet à Compiègne
A Compiègne, Emile Billoquet est affecté au bâtiment A2, chambre 8. Plusieurs internés de cette chambrée seront déportés à Auschwitz avec lui. 
Sur le "menu" de Noël 1941 conservé par la famille d’Albert Vallet, menu d'un repas fraternel organisé avec les pauvres colis reçus, on reconnait les noms ou signatures d'Emile Billoquet (à la commision d'organisation), Jean Binard, Emile Bouchacourt, Marcel Le Dret, tous déportés dans le convoi du 6 juillet 1942. Ursin Scheid est fusillé le 10 mai 1942 à Compiègne.


Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Emile Billoquet est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.

Il est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro 46218 selon la liste (incomplète) par matricule du convoi du 6 juillet 1942 établie en 1974 par les historiens du Musée d'Etat d'Auschwitz-Birkenau.
Emile Billoquet meurt à Auschwitz le 15 septembre 1942 d’après le registre d’état civil de la municipalité d’Auschwitz (in Death Books from Auschwitz Tome 2 page 92).
Il est déclaré « Mort pour la France » le 18 juillet 1947. Un rue d’Oissel porte son nom, qui est inscrit sur la plaque commémorative d&ns le hall de la gare de Rouen «A la mémoire des cheminots du centre de Rouen morts par faits de guerre, fusillés ou morts en déportation - 1939-1945».

Sources
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets - de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • Archives municipales d'Oissel, 1er juin 1992.
  • Liste (incomplète) par matricule du convoi du 6 juillet 1942 établie en 1974 par les historiens du Musée d'Etat d'Auschwitz-Birkenau (Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (Ministère de la Défense, Caen) indiquant généralement la date de décès au camp.
  • Liste d'otages, traduction de Mme Lucienne Netter, professeur au lycée Jules Ferry, Paris (1988).
  • Fiche d'otage et listes allemandes : XLV-48, XLIV- 198, CDJC (Centre de Documentation Juive Contemporaine).
  • © Photo site ville d’Oissel.
  • © Site Internet Mémorial-GenWeb. Relevé de la plaque commémorative de la gare de Rouen, Daniel Robbe.
  • © Site Internet «Rail et mémoire».
  • © Menu d’Albert Vallet : courriel de son arrière petit-fils, Didier Rivière (19/12/2012).
Biographie provisoire rédigée en octobre 2011 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : «Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942», Editions Autrement, 2005 Paris et de «Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000», éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie. * Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie. 

Aucun commentaire: