L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


Marcel Vaisse tente de préserver une jeune Juive du viol des SS

Arrivée à Auschwitz des convois de Juifs de Hongrie (©Yad Vashem)

Henri Gorgue (45617) a témoigné des sévices dont fut victime Marcel Vaisse, qui est au Kommando des Installateurs, Block 15, pour avoir tenté d'aider une jeune fille Juive. Les faits se situent entre mai, juin ou juillet 1944, date d’arrivée des convois de Juifs de Hongrie :

«Vaisse vécut un véritable calvaire pour un acte de solidarité qu’il tentait pour secourir une jeune Juive hongroise. Un convoi de femmes juives venant de Hongrie était réceptionné à Birkenau. Comme d’habitude, elles eurent à se dévêtir en plein air, puis rester ainsi, nues, à la merci des brimades et des ignominies des S.S. Ceux-ci choisissaient certaines d’entre elles, les violaient à tour de rôle.

Notre camarade Vaisse qui travaillait à son kommando («installateurs») dans ce secteur du camp vit une jeune fille aux abois qui tentait de se dissimuler à l’arrière du groupe de femmes ayant déjà subi les outrages de ces messieurs de la «race supérieure». Il voulut lui venir en aide. Comment Vaisse put-il se procurer une robe rayée, on ne sait, mais il parvint à la faire passer à la jeune hongroise. Pas assez vite sans doute : un S.S. a surpris le geste. Le bourreau tomba à bras raccourcis sur le déporté, lui administra une première raclée. Il fut ensuite puni de 20 coups sur les fesses données sur la place d’appel. Enfin lui furent infligés 15 jours de cachot au Bunker. Il en sortit vivant cette fois».

Marcel Vaisse est mort dans le centre de rapatriement de Rheine, le 27 avril 1945, après son transfert d’Auschwitz à Flossenbürg, le 31 août 1944, puis à Dora-Mittelbau.

Source

  • Témoignage d’Henri Gorgue recueilli le 11 janvier 1973 par Roger Arnould, alors documentaliste à la FNDIRP.

Aucun commentaire: