L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


DUTHUIN, Léon, Charles



Léon Duthuin est né le 21 juillet 1895 à Paris 20ème. Sa mère Marie Louise Rossin est journalière. Son père est Charles Joseph Duthuin. Léon Duthuin habite au 114 boulevard des Dahlias à Athis-Mons (Seine-et-Oise / Essonne) au moment de son arrestation. Il est marié. Le couple a une fille née le 22 juin 1926.
Léon Duthuin est arrêté le 14 octobre 1940 (arrêté du Préfet de Seine et Oise du 13 octobre 1940 décidant sa résidence forcée au camp d'Aincourt (Lire dans le blog Le camp d’Aincourt). "Militant communiste influent de la section locale du Parti communiste d'Athis. Propagandiste acharné et dangereux". Le commissaire de police d'Athis-Mons précise qu'il "appartient au comité local des chômeurs". Cette arrestation a lieu dans le cadre des rafles organisées à partir du 5 octobre 1940 (avec l’accord de l’occupant) par le gouvernement de Pétain à l’encontre des principaux responsables communistes d’avant-guerre de la Seine et de la Seine-et-Oise (élus, cadres du parti et de la CGT) avec la remise en vigueur du décret du 18 novembre 1939 sur «l’éloignement des suspects et indésirables».
Le 22 octobre 40, il est interné à Aincourt. Le 27 juin 1941, il est remis aux autorités allemandes à leur demande. Celles-ci le transfèrent avec 87 autres internés d'Aincourt au camp de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122). Il est affecté au bâtiment A1 et reçoit le matricule 858. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, lire dans le blog «une déportation d’otages

Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Léon Duthuin est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les «Judéo-bolcheviks» responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.

On ignore son numéro d’immatriculation à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942. Le numéro « 45518 ? » inscrit dans mes deux premiers ouvrages sur le convoi du 6 juillet 1942 correspondait à ma tentative de reconstitution de la liste du convoi par matricules. Ce numéro est plausible au plan alphabétique et l'âge du déporté semble correspondre, mais seule la reconnaissance, par un membre de sa famille ou un ami, du portrait d’immatriculation publié ci-dessus pourrait en fournir la preuve.
Léon Duthuin meurt à Auschwitz le 18 octobre 1942 d’après son certificat de décès établi au camp pour le registre d’état civil de la municipalité d’Auschwitz (in Death Books from Auschwitz Tome 2 page 247).

Sources
  • «Death Books from Auschwitz», Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, Paris 1995 (basés essentiellement sur les certificats de décès, datés du 27 juillet 1941 au 31 décembre 1943, relatifs aux détenus immatriculés au camp d'Auschwitz. Ces registres sont malheureusement fragmentaires.
  • Fichier national du Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BAVCC), Ministère de la Défense, Caen. Fiche individuelle consultée en octobre 1993.
  • Mémoire de maîtrise d’Histoire sur Aincourt d’Emilie Bouin - Juin 2003 - Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines / UFR des Sciences sociales et des Humanités.
  • © Site Internet Mémorial-GenWeb
  • © The Central Database of Shoah Victims' Names
  • © Archives en ligne, Paris
Biographie rédigée en août 2011 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : « Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 », Editions Autrement, 2005 Paris et de «Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie. Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie.

Aucun commentaire: