L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


BACH Jean, Emile, René


46217

Jean Bach Jest né le 21 juillet 1916 à Savigny-sur-Orge (Essonne). Il est le fils d’Agnès Guyard, ménagère, âgée de 43 ans et de Charles Bach, journalier puis chaudronnier, âgé de 47 ans, son époux. Jean Bach habite au 40 rue Gounod au domicile de ses parents, au moment de son arrestation.
Il est célibataire et travaille comme dessinateur industriel.
Il est adhérent du Parti communiste. Il est arrêté une première fois le 25 septembre 1940, par les autorités allemandes, selon la mention portée sur sa fiche au BAVCC.
Jean Bach est à nouveau arrêté par la police française le 4 mai 1941, pour distribution de tracts, en même temps qu’Albert Bach, sans doute un parent (il y a deux familles Bach habitant Savigny à cette date et les parents ont à peu près le même âge), employé à la SNCF, né le 10 février 1900 à Paris Xème, qui habite également à Savigny au 30 rue Victor-Hugo, une rue voisine.
Ils sont internés au camp de «séjour surveillé» d’Aincourt, dans le département de la Seine-et-Oise (aujourd’hui dans le Val d’Oise), près de Mantes, ouvert spécialement, le 5 octobre 1940, pour y enfermer les communistes arrêtés dans la région parisienne par le gouvernement de Vichy. (Lire dans le blog Le camp d’Aincourt).
Depuis Aincourt il est transféré au camp de Rouillé qui ouvre le 6 septembre 1941. Jean Bach est remis aux autorités allemandes à leur demande le 18 mars 1942, avec 13 autres jeunes communistes (Marcel Algret, Maurice Alexis, Henri André, Jean Bach, Roger Desjameau, Louis Faure, René Faure, Georges Guinchan, Faustin Jouy, Henri Migdal, Marcel Nouvian,  tous déportés à Auschwitz. André Giraudon, de Bourges, est fusillé à Compiègne le 10 mai 1942). Les Allemands l’internent au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122). Il y reçoit le matricule 3808.

Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Jean Bach est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les Judéo-bolcheviks responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.
Il est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro 46217. Ce matricule sera tatoué sur son avant-bras gauche quelques mois plus tard. Après l’enregistrement, il passe la nuit au Block 13 (les 1170 déportés du convoi y sont entassés dans deux pièces). Le 9 juillet tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau (Brzezinka), situé à 4 km du camp principal.

Entre le 14 août 1943 et le 12 décembre 1943, il est en quarantaine au Block 11 avec la quasi totalité des Français survivants. Lire l'article du blog "les 45000 au block 11. Le 12 décembre, les Français quittent le Block 11 et retournent dans leurs anciens Kommandos.
Il est affecté au Block 5 A.
Le 28 août 1944, Jean Bach et trente autres "45 000" quittent Auschwitz pour Flossenbürg, où ils sont enregistrés le 31 août 1944 : il y reçoit le matricule «19 882». Certains d'entre eux, sont transférés dans d'autres camps : Jean Bach est dirigé sur Legenfeld (Usine Leng, kommando de Flossenbürg) le 11 octobre 1944, avec 6 autres Français du convoi dit des «tatoués» (convoi du 7 avril 1944). On ignore les circonstances et la date réelle de sa mort.
Il est déclaré décédé "le 1er juin 1944 à Auschwitz", par un jugement du tribunal de grande instance d’Evry-Corbeil du 2 juin 1975.

Sources
  • Fichier national du Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BAVCC), Ministère de la Défense, Caen. Fiche individuelle consultée en décembre 1991 et octobre 1993.
  • Archives municipales de Savigny/Orge (novembre 1991).
  • Liste (incomplète) par matricule du convoi du 6 juillet 1942 établie en 1974 par les historiens du Musée d'Etat d'Auschwitz-Birkenau (Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (Ministère de la Défense, Caen) indiquant généralement la date de décès au camp.
  • Mémoire de maîtrise d’Histoire sur Aincourt d’Emilie Bouin, juin 2003. «Premier camp d'internement des communistes en zone occupée», Dir. C. Delporte. Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines / UFR des Sciences sociales et des Humanités
  • Archives de la Vienne.
  • © The Central Database of Shoah Victims' Names.
  • © Archives en ligne, état civil de Paris.
Biographie provisoire rédigée en août 2011 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : « Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 », Editions Autrement, 2005 Paris et de «Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie.
*Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie. 

Aucun commentaire: