L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


DESSEIN Florimond, Maurice



45469

Florimond, Maurice (son prénom d'uage),Dessein est né le 7 mai 1902 à Albert (Somme) où il habite au 7 rue Marcel Vast au moment de son arrestation. Il est le fils de Gertrude Lucienne Arrachard et de Florimond Ernest Dessein son époux.
Il se marie à Bouzincourt (à 7 km d’Albert) avec Odette Olympe Droulin, sans profession. Le couple a un garçon (Guy, né le 18 avril 1928).
Maurice Dessein est charpentier en fer aux usines «aéroplanes Henri Potez» à Meaulte (à 2,5 km d'Albert). Henri Potez y a créé en 1924, la plus grande usine aéronautique du monde, sur 2,5 hectares (3200 employés en 1930). C'est de là que sortira le Potez 25, avion mythique qui fera les beaux jours de l'Aéropostale. L’usine est nationalisée en 1937 et devient la SNCAN (Société Nationale de Construction Aéronautique du Nord), elle fabriquera le bimoteur Potez 63-11 le plus utilisé par l’armée de l’air en 1939/1940.
Maurice Dessein est membre du Parti communiste et adhérent à la CGT.
Durant l’Occupation, il poursuit son activité militante au sein du Parti communiste clandestin.
Il est arrêté le 25 octobre 1941 à son domicile par les polices française et allemande, comme communiste et pour "distribution de tracts anti-allemands" écrit son fils, à la même date qu'Emile Cavigioli, également métallo chez Potez.
Maurice Dessein est interné au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122) le 28 octobre 1941. «Pendant 9 mois » confirme son fils. Il reçoit à Compiègne le matricule 2054. Fin 1941, plusieurs familles de la Somme (des villes d'Albert, Belloy, Friville, Mers, Oust-Marest) ont sollicité François Brinon, délégué général du gouvernement français pour les territoires occupés, afin de connaître le sort de leurs proches arrêtés entre les 20 et 25 octobre 1941 et internés à Compiègne entre les 23 et 28 octobre, et demander leur libération. Brinon a questionné le préfet de la Somme qui lui répond le 26 décembre 1941 pour ceux d'Albert (Dessin, Villa et Cavigioli) « ces personnes, en raison des renseignements défavorables recueillis au cours de l’enquête (ex-militants communistes), n’ont pas fait l’objet d’une demande de libération à la Feldkommandantur 580 d’Amiens".
Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Maurice Dessein est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les «judéo-bolcheviks» responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.
Il est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le prénom de Maurice. Il reçoit le numéro matricule 45469.
Maurice Dessein est mort à Auschwitz le 17 décembre 1942 d'après la liste par matricule du convoi du 6 juillet 1942 établie en 1974 par les historiens du Musée d'Etat d'Auschwitz-Birkenau. Lire dans le blog Les dates de décès à Auschwitz.
Son acte de décès (transcription du 7 mai 1946 à la mairie d'Albert) indique : "décédé à Auschwitz le 16 novembre 1942".
Il a été déclaré "Mort pour la France" (n° 1683, ACVG 19 février 1947). Le titre de «Déporté politique » lui a été attribué (carte n° 110209244). La mention "Mort en déportation" a été inscrite sur son acte de décès (arrêté du 29 avril 1988, paru au Journal officiel du 10 mars 1988). Pour l'élaboration du dossier, Eugène Garnier a délivré une attestation (1er avril 1954) témoignant de son activité comme résistant.
Le nom de Maurice Dessein figure sur la plaque commémorative dans la Mairie d'Albert.

Sources
  • Questionnaire biographique (contribution à l’histoire de la déportation du convoi du 6 juillet 1942), envoyé aux mairies, associations et familles au début de mes recherches, en 1987, rempli par son fils unique Guy Dessin (5 avril 1991).
  • Documents familiaux Guy Dessin et son cousin Albert Dessein (avril 1991).
  • Fichier national du Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BAVCC), Ministère de la Défense, Caen. Fiche individuelle consultée en décembre 1992.
  • Liste (incomplète) par matricule du convoi du 6 juillet 1942 établie en 1974 par les historiens du Musée d'Etat d'Auschwitz-Birkenau (Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (Ministère de la Défense, Caen) indiquant généralement la date de décès au camp.
  • M. Lalou, ADIRP d'Amiens (26 mars 1991).
  • Fichier national du Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BAVCC), Ministère de la Défense, Caen. Fiche individuelle consultée en décembre 1992, Caen. Dossier de déporté N° 1683.
Biographie rédigée en juillet 2011 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : «Triangles rouges à Auschwitz, le convoi politique du 6 juillet 1942 » Editions Autrement, 2005 Paris et de «Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie.
Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com
Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie. 

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