L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


BOULANGER Fernand, Edouard, Théophile





Fernand Boulanger est né le 22 février 1905 à Amiens (Somme), où il habite au moment de son arrestation. Il est marié (le prénom de son épouse est Fernande). Le couple a un garçon, Daniel.
Fernand Boulanger est cheminot au dépôt d’Amiens, il est chauffeur de manœuvre. Il est membre du Parti communiste,
Pendant l’Occupation, dans la nuit du 30 avril au 1er mai 1942, une grue de relevage de 32 tonnes est sabotée au dépôt d’Amiens. La plaque tournante du dépôt d'Amiens saute le 11 mai 1942 (ce qui paralyse pour longtemps le trafic). A titre de représailles, les Allemands arrêteront au total 37 cheminots du dépôt d’Amiens pour ces deux sabotages.
Des policiers allemands (Gestapo) arrêtent Fernand Boulanger le 8 mai 1942 : motif inscrit sur sa fiche au BAVCC : "Participation présumée aux actes de sabotage du 30 avril 1942 ". Huit autres cheminots du dépôt d’Amiens-Longueau sont arrêtés entre le 3 et le 20 mai et seront également déportés à Auschwitz avec lui : Roger Allou, Fernand Charlot, Clovis Dehorter, Paul Baheu, Albert Morin, Emile Poyen, Francois Viaud.
Fernand Boulanger est transféré sans jugement fin mai 1942 de la maison d'arrêt d'Amiens au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122). Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à sa déportation, lire dans le blog «une déportation d’otages».


Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Il est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les «judéo-bolcheviks» responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.
On ignore son numéro d’immatriculation à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942. Le numéro "45582 ?" figurant dans mes deux premiers ouvrages sur le convoi du 6 juillet 1942 (éditions de 1997 et 2000) correspondait à une tentative de reconstitution de la liste du convoi par matricules. Cette reconstitution n’a pu aboutir en raison de l’existence de quatre listes alphabétiques successives, de la persistance de lacunes pour plus d’une dizaine de noms et d’incertitudes sur plusieurs centaines de numéros matricules. Il était donc hasardeux de maintenir ce numéro en l’absence de preuves et il ne figure plus dans mon ouvrage « Triangles rouges à Auschwitz».


La photo du déporté avec son matricule «45582 » provenant des archives du camp d’Auschwitz qui est reprise sur plusieurs sites («Rail et Mémoire», «Genweb»), n’a pas - à ma connaissance - encore été identifiée par des membres de sa famille, amis ou une autre source. C’est pourquoi je fais seulement figurer son visage en tête de la présente biographie, dans l’espoir qu’il puisse être identifié.
Fernand Boulanger meurt à Auschwitz le 6 janvier 1943 d’après son certificat de décès établi au camp pour le registre d’état civil de la municipalité d’Auschwitz (in Death Books from Auschwitz Tome 2 page 123).
Sa fiche d'état civil établie en France après la Libération porte toujours la mention «décédé le 15 décembre 1942 à Birkenau (Pologne)». Il serait souhaitable que le ministère corrige ces dates fictives qui furent apposées dans les années d'après guerre sur les état civils, afin de donner accès aux titres et pensions aux familles des déportés. Cette démarche est rendue possible depuis la parution de l'ouvrage "Death Books from Auschwitz" publié par les historiens polonais du Musée d'Auschwitz en 1995. Lire dans le blog Les dates de décès à Auschwitz.
La mention "mort en déportation" a été apposée sur son acte de décès (Journal officiel du 28 octobre 1987). Fernand Boulanger a été homologué «Déporté politique».
Son nom est inscrit sur la stèle commémorative située dans l'enceinte de l'E.M.T de Haute-Picardie, sur le Monument aux Morts SNCF de la Gare du Nord d'Amiens.

Sources
  • Lettres de la fille de Claudius Dehorter (2/12 octobre 1990) et de celle de Georges Poiret (10 octobre 1990).
  • Courriers d’André Lalou, grand résistant amiénois, déporté à Dachau, ADIRP d'Amiens. Décédé en décembre 2006.
  • Courrier de M. Griffoin, adjoint au maire d'Amiens (22 août 1990).
  • Mme Jacqueline Jovelin, la fille de Clovis Dehorter m’a envoyé en octobre 1990 la photocopie d’une carte postale (manifestation du souvenir, après la guerre : sur la pancarte «Camarades livrés par les traîtres, 1er mai 1942, disparus au camp d’Auschwitz, Poyen, Poiret, Baheu, Dehorter, Charlot, Boulanger, Morin, Allou»).
  • «Death Books from Auschwitz», Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, Paris 1995 (basés essentiellement sur les certificats de décès, datés du 27 juillet 1941 au 31 décembre 1943, relatifs aux détenus immatriculés au camp d'Auschwitz. Ces registres sont malheureusement fragmentaires.
  • Fichier national du Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BAVCC), Ministère de la Défense, Caen. Fiche individuelle consultée en juillet 1992.
  • © Site Internet Mémorial-GenWeb
  • © Site Internet « Rail et mémoire ».
  • © Site www.mortsdanslescamps.com
  • © The Central Database of Shoah Victims' Names
  • www.lesmortspourlafrance80.fr/amiens/.../citadelle.htm
Biographie rédigée en juillet 2011 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : «Triangles rouges à Auschwitz, le convoi politique du 6 juillet 1942 » Editions Autrement, 2005 Paris et de «Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie. Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie. 

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