L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


BRIET Ludovic, Louis, Marius


Matricule 45302 à Auschwitz

Marius Briet est né le 13 juillet 1902 à Chépy (Somme). Il habite au 62 rue Anatole France à Belloy, hameau fusionné avec Friville-Escarbotin (Somme), au moment de son arrestation. Il est le fils d'Emilie Letoquart et de Julien Briet son époux. Marius Briet fréquente l'école communale de Chépy. Il arrive à Belloy-sur-Somme avant la guerre 1914-1918.
Marius Briet est célibataire. Il est ouvrier-limeur en 1926 aux Etablissements Beaurain à Escarbotin, puis aux Etablissements Auzoux à Belloy en 1931 (ces deux usines avaient disparu en 1991).
En 1936, il est ajusteur et au chômage, mais avant la guerre, il retrouve du travail aux Etablissements Beaurain à Escarbotin.
Il est membre du Parti communiste(1).

Pendant l'Occupation, il est arrêté le 23 octobre 1941, à son domicile, par les polices allemande et française, avec d'autres habitants de Friville-Escarbotin, parmi lesquels Lucien Desenclos et le père de celui-ci. 
Ce même jour sont arrêtés d'autres militants connus, comme Creuset Albert, Leducq Lucien, Desenclos Lucien, et Journel Orphée, tous de la même partie du département, la vallée du Vimeu (2), et qui seront déportés avec lui dans le convoi du 6 juillet 1942.
Il est conduit rapidement, sans jugement, au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122), le 25 octobre. Tous ces militants de la Somme sont internés dans le même bâtiment (témoignage de Mme Jacqueline Leroy, sœur de Lucien Desenclos).
Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Il est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les «judéo-bolcheviks» responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.
Il est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro 45302.
Marius Briet meurt à Auschwitz le 10 août 1942 d’après son certificat de décès établi au camp pour le registre d’état civil de la municipalité d’Auschwitz (in Death Books from Auschwitz Tome 2 page 133). L'avis de décès AA02109 du 31 décembre 1946 porte une date presqu'identique "décédé le 11 août 1942".
Il a reçu la mention "Mort pour la France" le 22 février 1950.
La rue de Friville-Belloy où il habitait porte son nom (l'ancienne rue Anatole France).
Le nom de Marius Briet est inscrit sur la stèle commémorative de la commune de Friville Escarbotin. «Don des habitants de la commune aux Martyrs de la liberté assassinés dans les bagnes nazis - Peuple, souviens-toi, ils sont morts pour que vive la France»
La mention “Mort en déportation” a été apposée sur son acte de décès (J.O. n°248 du 25-10-1987).
  • Note (1) Le 31 mai 1945, le Maire de Friville-Escarbotin lors d'une réunion du conseil municipal lui rend hommage : "L'une de nos collègues, madame Malloigne(3), vient d'avoir la douleur d'apprendre la mort de son fils, Marius Briet, assassiné au camp de concentration d''Auschwitz (…) Quel était donc le crime qu'avaient commis ces hommes ? Il n'y avait pas un homme meilleur que Briet. Il était complètement inoffesif. A Belloy, il était estimé de la majorité de la population. Mais voilà, avant guerre, membre du Parti communiste il a lutté contre Hitler et ses soutiens en France. Il était, quoique simple ouvrier, un ardent patriote. Les traîtres, les vichyssois ne le lui ont pas pardonné. Ils ont livré Marius Briet et camarades à la Gestapo (…)".
  • Note 2 Le Vimeu industriel regroupe encore aujourd’hui les 2/3 des entreprises industrielles de la Picardie Maritime dont les activités sont principalement axées autour de la métallurgie légère. Achille Pruvost qui figure au centre de la carte est arrêté le 21 septembre 1941 à Tuilly, interné à Compiègne, est déporté le 24/01/1943 à Sachsenhausen et meurt le 23/07/1943 à Oranienburg.
  • Note 3 : Sa mère, Emilie Briet, veuve, s'est remariée avec M. Malloigne. Elle est conseillère municipale en 1945.
Sources
  • Mme Jacqueline Leroy (Béthencourt octobre 1991).
  • M. Colinot, secrétaire de mairie de Friville-Escarbotin (acte de décès dressé le 31 décembre 1946 par le ministère des ACVG)
  • Délibération du 31 mai 1945 du Conseil municipal (décision de poursuites "contre les dénonciateurs fascistes mis en place par Vichy". Demande d'enquête auprès du Préfet. Documents transmis le 14 novembre 1991
  • M. Pierre Grandsire, ancien secrétaire de mairie à Friville-Escarbotin (novembre 1991).
  • Liste des décédés à Auschwitz, convoi du 6 juillet 1942, du 18 juillet 1942 au 19 août 1942. Ref ACVG 1/19, liste N°3
  • «Death Books from Auschwitz», Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, Paris 1995 (basés essentiellement sur les certificats de décès, datés du 27 juillet 1941 au 31 décembre 1943, relatifs aux détenus immatriculés au camp d'Auschwitz. Ces registres sont malheureusement fragmentaires.
  • Liste (incomplète) par matricule du convoi du 6 juillet 1942 établie en 1974 par les historiens du Musée d'Etat d'Auschwitz-Birkenau (Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (Ministère de la Défense, Caen) indiquant généralement la date de décès au camp.
  • Portrait tiré d’une carte postale commémorative éditée par la section du PCF du Vimeu, qui m'a été envoyées par M. Gilbert Creuset, ancien maire de Nibas (16 juillet 2011).
  • © Site Internet Mémorial-GenWeb. Relevé François Bronnec.
  • © Site lesmortsdans lescamps
Biographie rédigée en juin 2011 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : «Triangles rouges à Auschwitz, le convoi politique du 6 juillet 1942 » Editions Autrement, 2005 Paris et de «Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie. Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie. 

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