L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


FAVRET, Georges, Jean



«Jean» Favret est né à Montigny-lès-Cherlieu (Haute-Saône) le 1er août 1913. Il habite à Passavant-la-Rochère (Haute-Saône) au moment de son arrestation. Il est tuilier. Célibataire.
Jean Favret est arrêté le 22 juin 1941 par la police allemande assistée par la police française, dans le cadre de la grande rafle commencée le jour de l’attaque hitlérienne contre l’Union soviétique. Des militants syndicalistes ou communistes Haut-Saônois, de Vesoul et des environs sont arrêtés les 22 ou 23 juin 1941. Parmi eux, sont arrêtés en moins de trois heures par la police municipale : Georges Cogniot (universitaire, dirigeant national communiste), Jules Didier (évadé de Compiègne en 1943), Koulikowski et Mlle Weil (institutrice). Six autres Haut-Saônois seront déportés comme Jean Favret à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 : Gustave Baveux, Pierre Cordier, Henri Corne, Albert Morel, Zéphyrin Toillon, Gilbert Vorillon. Sous le nom « d’Aktion Theoderich », les Allemands arrêtent ainsi plus de mille communistes ou présumés tels dans la zone occupée, avec l’aide de la police française. D’abord placés dans des lieux d’incarcération contrôlés par le régime de Vichy, ils sont envoyés, à partir du 27 juin 1941, au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), administré par la Wehrmacht et qui ce jour là devient un camp de détention des “ennemis actifs du Reich”.
A Compiègne, il reçoit le n° matricule 648. Il figure sur la liste de recensement des jeunes communistes du camp de Compiègne aptes à être déportés "à l’Est", en application de l’avis du 14 décembre 1941 du commandant militaire en France, Otto von Stülpnagel (archives du CDJC).

Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Jean Favret est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.

On ignore son numéro d’immatriculation à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942. Le numéro « 45529 ? » figurant dans mes deux premiers ouvrages sur le convoi du 6 juillet 1942 (éditions de 1997 et 2000) correspondait à une tentative de reconstitution de la liste du convoi par matricules. Toutefois il pourrait être confirmé par la reconnaissance de la photo du jeune déporté portant ce numéro.
Jean Favret meurt à Auschwitz le 2 décembre 1942 d’après le registre d’état civil de la municipalité d’Auschwitz (in Death Books from Auschwitz, Tome 2 page 276). L’arrêté ministériel du 17 octobre 1969 relatif à l'apposition de la mention «Mort en déportation» sur les actes de décès (J.O. du 10 décembre 1989), porte la mention «décédé en décembre 1942 à Auschwitz (Pologne)».
La maman de Jean Favret a fait les démarches pour qu’il soit homologué « Déporté politique ». Son nom figure sur le monument aux morts de Montigny-lès-Cherlieu et de Passavant-la-Rochère (place Jeanne d'Arc), et sur le monument commémoratif départemental «La Résistance à ses 687 martyrs 1940-1945», place du 11e Chasseurs à Vesoul.

Sources
  • Correspondance avec Mme Elizabeth Pastwa, conservateur au Musée de la Résistance et de la Déportation de Besançon (septembre 1991).
  • Correspondances avec Jean Louis Chognard (octobre 1991), professeur à Rioz, auteur d’un travail sur Résistance et Déportation à Rioz.
  • Correspondance de Jean Louis Chognard et Pierre Grosdemange, responsable des FFI de Rioz après septembre 1943 qui a recueilli les souvenirs de Jules Didier (militant communiste arrêté le 22 juin 1941, évadé de Compiègne en février 1943 et qui rejoignit les maquis du Jura).
  • Correspondance avec Maurice Decousse, Fédération des Résistants et Déportés de la Haute-Saône (28 octobre 1991).
  • Jean Favret est cité par le général Bertin dans son ouvrage « Résistance en Haute-Saône ».
  • «Death Books from Auschwitz», Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets – de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • © Site Mémorial an Museum Auschwitz-Birkenau.
  • © Site Internet Mémorial-GenWeb
  • © Site www.mortsdanslescamps.com
Biographie rédigée en mai 2011 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : "Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942" Editions Autrement, 2005 Paris et de «Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie.
Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com . Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie.

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