L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


CORNE Henri


Matricule 45210 à Auschwitz

Henri Corne est né le 15 septembre 1897 à Vesoul (Haute-Saône).
Il est le fils de Louise Flousey, sans profession et de Louis Corne, menuisier, domiciliés au 27 rue de la Tuilerie à Vesoul. 
Il habite rue Grosjean prolongée à Vesoul au moment de son arrestation.
Lors du conseil de révision, Henri Corne habite à Vesoul. Il y travaille comme menuisier. Son registre matricule militaire indique qu’il mesure 1m 63, pèse 60 kg, a les cheveux brun clair, les yeux gris-brun, le front couvert, le nez et le visage ovale. Il a des taches de rousseur et une fossette au menton.
Il a un niveau d’instruction « n°3 » pour l’armée (sait lire, écrire et compter, instruction primaire développée).
1915, deuxième groupe d'aviation (wikipédia)
Conscrit de la classe 1917, il s’engage volontairement pour la durée de la guerre le 12 juillet 1915 au 2ème groupe d’aviation. Après avoir combattu sur le front du Nord et du Nord Est, il est affecté au 22ème régiment d’aviation de bombardement. Engagé avec l'armée d'Orient le 27 octobre 1916, il passe au 3ème groupe d’aviation le 1er janvier 1917, et au 1er groupe d’aviation  (1er groupe d’ouvriers d’aviation) le 28 août 1919.
Il est mis en congé illimité de démobilisation le 22 septembre 1919.
En mai 1920, il habite au 184 avenue du Président Wilson à la Plaine Saint-Denis.
Henri Corne se marie le 12 novembre 1921 à Vesoul, avec Germaine Houriez. 
Il habitent à Juniville (Ardennes) en mai 1922 puis au 21 rue d’Isly à Lille en juin.
En avril 1927, le couple déménage à Vesoul, place du Champ de foire.
En février 1938, le couple a déménagé rue Grosjean prolongée à Vesoul.
Henri Corne y est artisan menuisier, associé à Jean Didier (lui aussi militant communiste, qui sera arrêté en même temps qu’Henri Corne). 
Henri Corne anime la cellule de Vesoul du Parti communiste avec Pierre Cordier. « Il fut le candidat du PC à l’élection cantonale d’octobre 1934 dans le canton de Port-sur-Saône » (Le Maîtron).
Henri Corne est mobilisé le 24 août 1939 au 78ème régiment régional (dépôt de cavalerie n°7.
A l’occupation, il est arrêté le 22 juin 1941 par la police allemande assistée par la police française, dans le cadre de la grande rafle commencée le jour de l’attaque hitlérienne contre l’Union soviétique. Plusieurs militants syndicalistes ou communistes Haut-Saônois connus, de Vesoul et des environs sont arrêtés les 22 ou 23 juin 1941. Parmi eux, sont arrêtés en moins de trois heures par la police municipale : Georges Cogniot (universitaire, dirigeant national communiste), Jules Didier (évadé de Compiègne en 1943), Koulikowski et Mlle Weil (institutrice). Six autres Haut-Saônois seront déportés comme Henri Corne à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 : Gustave Baveux, Pierre Cordier, Jean Favret, Albert Morel, Marcel Toillon, Gilbert Vorillon. Sous le nom « d’Aktion Theoderich », les Allemands arrêtent ainsi plus de mille communistes ou présumés tels dans la zone occupée, avec l’aide de la police française. D’abord placés dans des lieux d’incarcération contrôlés par le régime de Vichy, ils sont envoyés, à partir du 27 juin 1941, au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), administré par la Wehrmacht et qui ce jour là devient un camp de détention des “ennemis actifs du Reich”.
Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Henri Corne est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6, 7, 8 juillet 1942.
Dessin de Franz Reisz, 1946
Il est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro "45210".
Aucun document des archives SS préservées de la destruction ne permet de connaître la date de son décès à Auschwitz. Dans les années d’après-guerre, l’état civil français a fixé au 30 novembre 1942.
Le nom d’Henri Corne est inscrit sur le monument aux morts de Vesoul, place des Allées et sur le monument commémoratif départemental «La Résistance à ses 687 martyrs 1940-1945», place du 11e Chasseurs à Vesoul. Son épouse a mentionné Albert Morel (rescapé n° 45896 de Lure) et Jean Tarnus rescapé n°46129 de Baroncourt (55), comme camarades de détention l’ayant connu en camp d’internement ou en déportation.

Sources
  • Correspondance avec Mme Elizabeth Pastwa et Mme Denise Lorach, conservatrices au Musée de la Résistance et de la Déportation de Besançon (septembre 1991).
  • Henri Corne est cité par le général Pierre Bertin dans son ouvrage « Résistance en Haute-Saône ».
  • Correspondance avec Maurice Choquet, FNDIRP Jura, 2 février 1991.
  • Correspondances avec Jean Louis Chognard (octobre 1991), professeur à Rioz, auteur d’un travail sur Résistance et Déportation à Rioz.
  • Correspondance de Jean Louis Chognard et Pierre Grosdemange, responsable des FFI de Rioz après septembre 1943 qui a recueilli les souvenirs de Jules Didier (militant communiste arrêté le 22 juin 1941, évadé de Compiègne en février 1943 et qui rejoignit les maquis du Jura).
  • Correspondance avec Maurice Decousse, Fédération des Résistants et Déportés de la Haute-Saône (28 ocobre 1991).
  • « Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français », Le Maitron, Claude Pennetier (dir), éditions de l’Atelier, CD-Rom et tome 23, page 185.
  • Fichier national du Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BAVCC), Ministère de la Défense, Caen et Val de Fontenay. Fiche individuelle consultée en octobre 1993.
  • Liste (incomplète) par matricule du convoi du 6 juillet 1942 établie en 1974 par les historiens du Musée d'Etat d'Auschwitz-Birkenau (Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (Ministère de la Défense, Caen) indiquant généralement la date de décès au camp.
  • © Site Internet Mémorial-GenWeb.
  • © Dessin de Franz Reisz, in « Témoignages sur Auschwitz », ouvrage édité par l’Amicale des déportés d’Auschwitz (1946).
  • © Archives en ligne : Etat civil et Registres matricules militaires de Haute-Saône.
Biographie rédigée en mai 2011, complétée en décembre 2015 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : "Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942" Editions Autrement, 2005 Paris et de «Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie.
Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com .
Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie. 

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