L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


WOLFF Marcel, Raphaël


Matricule "46314" à Auschwitz

Marcel Wolff est né le 9 octobre 1897 à Epinal (Vosges). Il habite cette ville au moment de son arrestation.
Il est le fils de Pauline Moch, 32 ans, sans profession et d'Abraham  Wolff, 30 ans, négociant à Epinal, domiciliés au 4 rue des Halles. 
Selon sa fiche matricule militaire Marcel Wolff mesure 1m 60, a les cheveux châtains et les yeux brun clair, le front étroit et le nez fort. Il a le visage ovale. Au moment du conseil de révision, il est élève à l’Ecole industrielle d’Epinal. Il a un niveau d’instruction « n° 3 » pour l’armée (sait lire, écrire et compter, instruction primaire développée).

Conscrit de la classe 1917 Marcel Wolff aurait dû être mobilisé par anticipation en 1916, comme tous les jeunes hommes de sa classe après la déclaration de guerre. Mais les conseils de révision de 1915, 1916, 1917 et 1918 l’ajournent à chaque fois pour « faiblesse ». Il ne sera pris « bon pour service armé » que par le conseil de révision de 1920 et affecté comme réserviste au 149ème Régiment d’infanterie.
Pendant l’Occupation, il est arrêté en avril 1942 et incarcéré à la prison de Besançon.
Marcel Wolff est interné au camp d'Écrouves, puis est remis aux autorités allemandes à leur demande en avril 1942. Celles-ci l’internent au camp de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122). Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, lire dans le blog «une déportation d’otages. et et «une déportation d’otages».
lire aussi « Les otages Juifs du convoi » et « la solidarité à Compiègne envers les Juifs du camp C »). 
Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Marcel Wolff est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». 
Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941. Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6, 7, 8 juillet 1942.
Il est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro "46314" selon la liste par matricules du convoi établie en 1974 par les historiens polonais du Musée d'Etat d'Auschwitz. Lire dans le blog le récit de leur premier jour à Auschwitz : L'arrivée au camp principal, 8 juillet 1942.
Sa photo d’immatriculation à Auschwitz n’a été pas retrouvée parmi les 522 photos que des membres de la Résistance intérieure du camp avaient camouflées pour les sauver de la destruction, ordonnée par les SS peu de temps avant l’évacuation d’Auschwitz. 
Après l’enregistrement, il passe la nuit au Block 13 (les 1170 déportés du convoi y sont entassés dans deux pièces). Le 9 juillet tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau, situé à 4 km du camp principal. Le 13 juillet il est interrogé sur sa profession. Les spécialistes dont les SS ont besoin pour leurs ateliers sont sélectionnés et vont retourner à Auschwitz I (approximativement la moitié du convoi. Les autres, restent à Birkenau, employés au terrassement et à la construction des Blocks.
Marcel Wolff meurt à Auschwitz le 10 août 1942 d’après le registre d’état civil du camp  d’Auschwitz. (Death Books from Auschwitz, tome 3 page 1361) ou le 11 août 1942 (liste officielle n°3 des ACVG. 
Il est déclaré "Mort pour la France". Il ne figure pas au Journal officiel comme "Mort en déportation". La mention marginale de son acte de naissance indique : "Mort à Compiègne en avril 1942, (mois de son transfert à Compiègne) jugement du Tribunal civil du 18 juin 1947.
Le nom de Marcel Wolff est sur le monument aux morts d'Epinal, face à la Préfecture.

Sources
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets - de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • Fichier national du Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BAVCC), Ministère de la Défense, Caen. Fiche individuelle consultée en avril 1992 par Fernand Devaux, rescapé du convoi.
  • Liste (incomplète) par matricule du convoi du 6 juillet 1942 établie en 1974 par les historiens du Musée d'Etat d'Auschwitz-Birkenau (Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (Ministère de la Défense, Caen) indiquant généralement la date de décès au camp.
  • Les Juifs dans les Vosges, par Gilles Grivel, Professeur d'histoire au lycée Jean-Lurçat de Bruyères, in revue Relations, Épinal, mai-juin 1994.
  • © Site Mémorial an Museum Auschwitz-Birkenau.
  • © Site Internet Mémorial-GenWeb
  • © Site www.mortsdanslescamps.com
  • Registres matricules militaires.
Biographie rédigée en avril 2011, complétée en 2016, par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : « Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 », Editions Autrement, 2005 Paris et de «Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie. Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com . Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie. 

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